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Full text of "Le contrôle des naissances"

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les Presses de la santé 



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le contrôle des naissances 

Un manuel des Presses de la santé 
Deuxième édition, été 1984 



Titre original: a book about birth control 
Texte et recherche: Donna Cherniak 
Travail d'édition: Shirley Pettifer 
Traduction: Sylvie Dupont 
Illustrations: Michel Hébert 

Publié par les Presses de la santé de Montréal, Inc. (1973), corporation indépendante à but non-lu- 
cratif régie par la loi québécoise. 

Produit par les travailleurs et travailleuses de Journal Offset, Inc., Montréal, Québec, Confédération 
des syndicats nationaux (CSN). 
Photo de la couverture: Pierre Brault 

Administration et distribution: Rosemary Byrne-Hunter, Diane Shatz 

Membres des Presses de la santé de Montréal: Donna Cherniak, Shirley Pettifer, Marilyn Bicher, Ja- 
net Torge, Judith Crawley, Rosemary Byrne-Hunter, Diane Shatz 

© Copyright 1 984 par Les Presses de la santé de Montréal, Inc. 

Toute reproduction sur le contrôle des naissances, qu'elle soit entière ou partielle, ainsi que toute 
amputation ou addition au texte, avant la distribution, constituent une violation des droits de repro- 
duction, à moins que le consentement formel de l'éditeur n'ait été accordé. 

Les photographies de ce manuel ont été prises dans des lieux publics, ou avec le concours de diver- 
ses personnes, et n'ont aucun lien avec leur vie privée. 

Les Presses de la Santé sont toujours intéressées par les commentaires, critiques et suggestions 
concernant nos publications. Ne vous gênez pas. Faites-nous-en part. 

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Adresse postale: 

Les Presses de la Santé de Montréal, Inc. 
Case postale 1000, Station La Cité 
Montréal, Québec H2W 2N1 
Téléphone: (514) 272-5441 

Autres publications: 

l'assaut sexuel 

les maladies transmissibles sexuellement 

a book about birth control 

VD Handbook 

a book about sexual assault 

Séries d'affiches no 1 : Anatomie mâle et femelle 

Séries d'affiches no 2: Méthodes contraceptives 



Ce manuel a été distribué par: 



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introduction 



Le contrôle des naissances est un guide d'utilisation 
des méthodes de contraception; il vous fournira aussi des 
informations de base sur la sexualité et la reproduction 
humaines. Notre manuel traite également des facteurs qui 
peuvent influer sur le choix et le succès d'une méthode de 
contrôle des naissances. 



Le contrôle des naissances a été complété dans sa 
nouvelle édition de façon à inclure les méthodes de bloca- 
ge comme la cape cervicale, ces méthodes connaissant 
un regain de popularité depuis que l'on se préoccupe da- 
vantage de sécurité en matière de contraception. Vous y 
trouverez également une mise à jour de l'information sur le 
statut légal et l'accessibilité de l'avortement en Amérique 
du Nord. De même, nous avons revu et corrigé l'informa- 
tion technique concernant chacune des méthodes pour y 
intégrer des données plus récentes. 



Les Presses de la santé diffusent de l'information sur le 
contrôle des naissances depuis maintenant 15 ans; au 
cours de cette période, une génération a grandi en sa- 
chant qu'une contraception efficace était possible. Nos 
connaissances dans ce domaine continuent à évoluer et 
nous, à tenter de saisir les conséquences de ces progrès; 
le fait d'avoir de nouveaux choix entraîne aussi de nouvel- 
les responsabilités. De plus en plus, les gens apprennent 
à évaluer l'impact de la contraception sur leur vie sexuelle, 
leur santé et leur intention de procréer. 



Nous croyons qu'il est possible de contrôler la fertilité 
sans mettre en danger la santé des gens. La femme n'est 
fertile que quelques jours par cycle; il est certain que la 
technologie moderne est en mesure de faire davantage 
que ce qu'elle fait en ce moment pour permettre à la fem- 
me de détecter l'ovulation et, par conséquent, d'éviter ou 
d'encourager la conception. 



Le contrôle des naissances s'adresse aux gens sexuel- 
lement actifs ou sur le point de le devenir. Il est peu proba- 
ble .que vous lisiez ce manuel d'une traite; l'utilisation que 
vous en ferez variera selon vos besoins ponctuels. Vous 
trouverez dans la première partie de l'information générale 
sur la sexualité, la reproduction et les soins de santé et, 
dans la deuxième partie, une description détaillée de 
chaque méthode: son mode d'action, son efficacité, ses 
effets secondaires et la façon de l'utiliser. Lisez ces infor- 
mations avant d'aller consulter un-e médecin à propos de 
contraception et gardez ce petit manuel à portée de la 
main pour vous y référer au besoin. 




Judith Crawley 



S'il est vrai que la sexualité sans reproduction a eu d'im- 
portantes répercussions sur les relations humaines, la re- 
production sans sexualité en aura encore bien davantage. 
La technologie de la reproduction se développe extrême- 
ment rapidement. Des embryons sont conçus en laboratoi- 
re et replacés dans l'utérus pour la période de grossesse. 
Les chercheurs parlent maintenant de trois types de 
mères: la mère génétique (qui fournit l'ovule), la mère de 
gestation (qui porte le foetus) et la mère sociale (qui élève 
l'enfant). 



L'essor de ce type de recherche a été catalysé par l'ac- 
croissement spectaculaire de l'infertilité, tant chez les 
hommes que chez les femmes. Ironiquement, cette aug- 
mentation de l'infertilité est due en partie à des contracep- 
tifs comme le dispositif intra-utérin (ainsi qu'à l'incidence 
accrue de certaines maladies transmissibles sexuelle- 
ment). Nous ne sommes pas réfractaires à la technologie 
de la reproduction mais nous affirmons que ce n'est pas 
une priorité à l'heure actuelle. Selon nous, il faudrait met- 
tre au point des méthodes de contrôle des naissances effi- 
caces et sûres, assurer des soins prénatals de qualité et 
faire en sorte que tous les enfants jouissent de bonnes 
conditions de vie avant de consacrer autant de temps et 
d'argent à créer des bébés-éprouvettes. 



table des matières 

Introduction 3 

l'anatomie 4 

le cycle menstruel 7 

la sexualité 10 

la santé et la sexualité féminines 12 

la reproduction 16 

choisir une méthode 20 

les méthodes biologiques 22 

le coït interrompu 24 

le condom 24 

les spermicides vaginaux 26 

le diaphragme et la gelée 27 

la cape cervicale 29 

l'éponge vaginale 30 

le dispositif intra-utérin 31 

la contraception orale 34 

les pilules et les injections de progestérone 39 

les méthodes post-coïtales 40 

l'extraction menstruelle 41 

l'avortement 42 

la stérilisation 47 

mise à jour 51 

autres productions 51 



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l'anatomie 



Les hommes et les femmes s'inquiètent souvent de sa- 
voir si leurs organes génitaux sont normaux. On sait que 
les nez se ressemblent assez pour remplir une même 
fonction respiratoire tout en étant suffisamment différents 
pour caractériser le visage d'une personne. Il en va de 
même pour les organes génitaux. Les vraies anomalies gé- 
nitales sont généralement détectées au cours de la petite 
enfance; les anomalies des organes de reproduction peu- 
vent passer inaperçues jusqu'à la puberté. 

Chez les hommes comme chez les femmes, les structu- 
res sexuelles et reproductrices sont symétriques. Les 
structures uniques comme le clitoris ou le pénis sont si- 
tuées au centre. La plupart des structures sont doubles, 
une à gauche et une à droite. 

L'anatomie de l'homme 

Le scrotum: ce sac de fine peau est recouvert par les 
poils du pubis et pend librement entre les cuisses, légère- 
ment à l'avant, derrière le pénis. Le scrotum contient les 
testicules et il est sensible à la stimulation sexuelle et aux 
changements de température. 

Les testicules: dans le scrotum, un testicule pend de 
chaque côté. Généralement, l'un des testicules est plus 
bas que l'autre. Chaque testicule est composé de cellules 
qui produisent soit du sperme, soit des hormones. A la pu- 
berté, les testicules commencent à sécréter des hormo- 
nes mâles appelées androgènes qui causent des modifi- 
cations du corps comme la pousse des poils pubiens et de 
la barbe. Les androgènes stimulent également la produc- 
tion de sperme dans des cellules qui tapissent des petits 
canaux appelés conduits séminifères. Ces canaux se re- 
joignent pour en former d'autres, moins nombreux mais 
plus gros, qui se rejoignent à leur tour pour constituer les 
épididymes. 




Les épididymes: ces longs canaux repliés sur eux- 
mêmes sont situés derrière chaque testicule et permettent 
aux spermatozoïdes de sortir des testicules et de pénétrer 
dans les canaux déférents. Les cellules qui tapissent 
l'épididyme sécrètent une substance importante dans le 
développement des spermatozoïdes. 

Les canaux déférents: chaque canal déférent mesure 
environ 45 cm; il part de l'épididyme, pénètre dans le bas- 
sin et monte jusqu'au haut de la vessie qu'il contourne par 
le côté. Derrière la vessie, chaque canal s'élargit pour for- 
mer une ampoule où les spermatozoïdes sont emmagasi- 
nés. 



Les organes génitaux et 
reproducteurs de l'homme 



uretère 



vésicule sèmi 



rectum 



canal défèrent 




canal éjaculatoire — j 
prostate 

glande de Cowpe 



I 



m 






corps spongieux 









èpipidyme 
testicule 
scrotum 



Page 5 



Les vésicules séminales: ces glandes sont situées près 
des ampoules, du côté externe. Chacune d'elles produit 
des sécrétions importantes pour la survie des spermato- 
zoïdes. Le conduit de la vésicule séminale rejoint le con- 
duit de l'ampoule pour former le canal éjaculateur; les sé- 
crétions glandulaires et les spermatozoïdes s'y mêlent 
juste avant l'éjaculation. 

La prostate: cette glande en forme de noisette est si- 
tuée sous la vessie. L'urètre, qui part de la vessie, la tra- 
verse. La prostate produit des substances importantes 
pour la survie des spermatozoïdes. Ces substances pénè- 
trent dans l'urètre par plusieurs petits canaux et se mêlent 
au sperme quelques secondes avant l'éjaculation. 

L'urètre: ce canal part de la vessie, traverse la prostate, 
les muscles du bassin et la longueur du pénis jusqu'à son 
ouverture au bout du gland. Chez l'homme, l'urètre remplit 
deux fonctions: il élimine l'urine en provenance de la ves- 
sie et expulse le sperme, (mélange de spermatozoïdes et 
de sécrétions glandulaires), lorsque l'homme éjacule. 

Le pénis: le pénis est constitué de trois corps de tissus 
spongieux et érectiles. Deux de ces corps, situés côte à 
côte, forment la partie supérieure du pénis. Ils se cour- 
bent, se séparent et rattachent le pénis au bassin. Le 
corps spongieux du milieu constitue la partie inférieure du 
membre: au bout du pénis, il forme le gland et près du 
corps, à l'autre extrémité, sous la jointure du pubis, il 
s'élargit pour former le bulbe du pénis. Il est donc traversé 
par l'urètre qui s'ouvre au bout du gland. Le pénis est re- 
couvert d'une peau mobile, rattachée à la circonférence 
du gland. Un repli complètement mobile de cette peau, le 
prépuce, recouvre le gland. Lors d'une excitation sexuelle, 
les corps spongieux du pénis s'engorgent de sang; le 
pénis devient dur et en érection. Le gland est particulière- 
ment sensible à l'excitation sexuelle. 

Dans de nombreuses sociétés, on enlève le prépuce par 
une opération appelé circoncision. Les Juifs pratiquent la 
circoncision des garçons dès leur naissance; dans d'au- 
tres sociétés, la circoncision se fait à la puberté. Les 
avantages et désavantages de cette intervention, du point 
de vue sanitaire, font l'objet de nombreux débats. Les 
hommes non circoncis doivent tirer leur prépuce vers l'ar- 
rière pour nettoyer adéquatement le gland. 

Examen de l'homme 

Pour les hommes, il n'existe pas d'équivalent à l'examen 
gynécologique annuel. La contraception masculine n'exi- 
ge pas de contrôle médical et il n'existe pas de test de dé- 
pistage du cancer pour les hommes. 

Les organes génitaux externes masculins sont exposés 
à la vue; l'homme peut donc s'examiner de temps en 
temps pour déceler des plaies, des masses ou des écoule- 
ments. Les hommes devraient examiner leurs testicules 
tous les mois pour s'assurer qu'elles ne présentent aucun 
signe de cancer: en soutenant d'une main le testicule, on 
palpe sa surface avec les doigts de l'autre main. Toute 
bosse, douloureuse ou non, doit être signalée au médecin. 

Plusieurs maladies tranmissibles sexuellement n'entra- 
îne que peu ou pas de symptômes. Les hommes qui ont 
plusieurs partenaires devraient passer des tests de dépis- 
tage à intervalles réguliers, qu'ils présentent ou non des 
symptômes. 

L'anatomie de la femme 

Les organes reproducteurs de la femme sont situés 
dans le bassin et soutenus par les muscles pelviens. Les 
organes sexuels se trouvent à l'extérieur de ces muscles. 
Ainsi, les structures reproductrices sont à l'abri dans le 
corps, et les structures sexuelles sont accessibles à la 
stimulation, à la surface du corps. 

La femme pourra plus facilement voir ses organes géni- 
taux en tenant un miroir entre ses jambes. L'ensemble de 
ces structures externes s'appelle la vulve. 



Le Mont de Vénus: ce coussin de graisse sur le bas- 
ventre recouvre l'os du pubis. À la puberté, le Mont de 
Vénus se couvre de poils pubiens. 

Les grandes lèvres: ces lèvres extérieures commen- 
cent au Mont de Vénus et se rejoignent devant l'anus. 
Elles sont constituées de tissu graisseux et recouvertes 
de poils pubiens. 

Les petites lèvres: ces lèvres internes sont formées de 
délicats replis de peau rose, entre les lèvres externes. 
Elles se joignent à l'avant pour former un capuchon sur le 
clitoris, se séparent de chaque côté de l'ouverture vagina- 
le puis se rejoignent. Les lèvres internes sont humides, 
exemples de poil, et sensibles à l'excitation sexuelle: si la 
femme est excitée, elles s'engorgent de sang et devien- 
nent légèrement en érection. La taille et la forme des peti- 
tes lèvres varient d'une femme à l'autre. 
• Le clitoris: on ne peut voir que le gland de ce petit orga- 
ne sensible, situé entre les petites lèvres, mais on peut 
sentir sa tige sous le capuchon. La tige se courbe et se di- 
vise en deux parties rattachées aux os du pubis. Le clitoris 
grossit et se rétracte sous le capuchon lorsqu'il est stimu- 
lé. 

Le méat urinaire: l'urètre part de la vessie et passe en- 
tre le pubis et le vagin. Son ouverture, le méat, se situe en- 
tre le clitoris et l'ouverture vaginale. 

L'ouverture du vagin: le tiers externe du vagin est sen- 
sible à l'excitation sexuelle. Ches les jeunes filles, l'ouver- 
ture est partiellement recouverte d'une membrane élas- 
tique appelée hymen. L'hymen est suffisamment ouvert 
pour laisser passer les menstruations et permettre l'utili- 
sation d'un tampon. Lorsque l'ouverture vaginale est pé- 
nétrée pour la première fois, l'hymen est encore plus étiré, 
et peut saigner. Cette pénétration risque d'être légèrement 
douloureuse et devrait donc être faite très doucement. 



La vulve: les organes génitaux de la femme 



Mont de Vénus 




/ 



•■ 



clitoris 
ouverture de l'urètre 



grandes lèvres 




petites lèvres 
ouverture du vagin 



anus 




Page 6 



De chaque côté des parois vaginales, on trouve deux 
bulbes de tissus érectiles. Lors d'une excitation sexuelle, 
ils s'engorgent de sang. Les muscles minces qui les en- 
tourent se contractent régulièrement durant l'orgasme. 

Les muscles pelviens entourent l'ouverture du vagin, 
ainsi que le méat urinaire. On peut les contracter volontai- 
rement, pour retenir l'urine, par exemple. Ils se contrac- 
tent et se détendent de façon rythmique pendant l'orgas- 
me. Ce sont ces muscles qui retiennent le tampon hygié- 
nique. 

Le vagin: les deux-tiers internes du vagin comportent 
peu de terminaisons nerveuses et ne sont pas très sensi- 
bles. Normalement, les parois vaginales se touchent, mais 
elles peuvent s'étirer pour permettre une pénétration, ou 
encore quand la femme est excitée sexuellement. Les pa- 
rois sont tapissées d'une membrane muqueuse humide, 
semblable à celle de l'intérieur de la bouche. Lors de 
l'excitation sexuelle, la membrane sécrète un mucus lubri- 
fiant. Cette lubrification n'est pas nécessaire à la concep- 
tion. 

Le vagin est situé dans un angle de 45 degrés avec le 
corps, formant une espèce de poche qui entoure le col de 
l'utérus. Celui-ci est légèrement penché vers l'avant par 
rapport au vagin. L'urètre et le rectum sont placés respec- 
tivement devant et derrière le vagin. 

L'utérus: chez la femme qui n'a jamais été enceinte, 
l'utérus mesure environ 8 cm de long et 5 cm de large. 
Après chaque grossesse, il reste un peu plus gros. L'uté- 
rus est constitué de plusieurs couches de fibres muscu- 



laires très fortes. Les parois intérieures de l'utérus for- 
ment une petite cavité tapissée d'un tissu spongieux ap- 
pelé endométre. 

L'utérus a la forme d'une poire. Normalement, la partie 
triangulaire du haut est penchée vers l'avant en "anté- 
flexion", et le col entre dans le vagin dans un angle d'envi- 
ron 90 degrés (en antéversion). Chez environ 15% des 
femmes, l'utérus est placé différemment; il peut être bas- 
culé vers l'arrière (en rétroflexion) ou entrer dans le vagin 
en formant un angle vers l'arrière (en rétroversion). La po- 
sition de l'utérus n'affecte généralement pas l'expérience 
sexuelle ou reproductrice de la femme, mais peut interve- 
nir dans l'utilisation de certaines méthodes contracep- 
tives. 

Le col est la partie allongée de l'utérus qui se prolonge 
dans le haut du vagin. C'est un tube musculaire épais con- 
tenant un étroit canal, seule communication entre le vagin 
et l'utérus. 

Les trompes de Fallope: une trompe de Fallope est atta- 
chée de chaque côté de l'utérus. Chacune de ces fines 
trompes mesure environ 10 cm de long. Leur extrémité 
flottante s'élargit près de l'ovaire. La trompe est tapissée 
de petits poils et une couche musculaire en forme les pa- 
rois. 

Les ovaires: un ovaire repose de chaque côté de l'uté- 
rus, auquel il est rattaché par un ligament. L'ovaire a la for- 
me d'une amande. A la naissance, l'ovaire contient des 
ovules immatures qui se développent après la puberté. 
D'autres cellules produisent des hormones femelles. 








Les organes génitaux et reproducteurs de la femme 



endométre 



canal cervical 



gland du clitoris 
méat urétral 



^.; 




trompe de fallope 



ovaire 



rectum 



anus 



Page 7 



le cycle menstruel 



Pendant la moitié de sa vie, la femme subit des modifica- 
tions cycliques dont la fonction est de préparer son corps 
à la grossesse. L'événement le plus visible du cycle est le 
saignement menstruel, décomposition de l'endomètre. 

En général, les filles commencent à être menstruées en- 
tre 10 et 16 ans. A peu près à la même époque, les poils 
pubiens et les seins apparaissent. Les femmes cessent 
d'être menstruées entre 45 et 50 ans, après quoi la gros- 
sesse devient impossible. 

Ce chapitre décrit un cycle menstruel moyen. Le saigne- 
ment menstruel est toujours considéré comme le début du 
cycle. Le tableau (page 8) montre les événements qui mar- 
quent un cycle de 30 jours. Le texte suivant explique 
d'abord le rôle de chaque organe, puis le déroulement 
chronologique de chaque événement. 



Les organes reproducteurs 

L'hypophyse (ou glande pituitaire): cette petite glande 
située dans le cerveau libère plusieurs hormones, chacu- 
ne d'elles agissant sur une fonction spécifique du corps. 
L'hypophyse libère deux hormones qui agissent sur le cy- 
cle menstruel: l'hormone folliculo- stimulante (FSH) et 
l'hormone lutéinisante (LH). L'hormone FSH stimule la 
croissance sur l'ovaire de plusieurs follicules (petits sacs 
contenant chacun un ovule) ainsi que la production par 
l'ovaire d'une hormone appelée oestrogène. L'hormone LH 
est nécessaire pour faire éclater le follicule et libérer 
l'ovule. C'est grâce à elle que le follicule rompu se trans- 
forme en une glande appelée le corps jaune qui produit 
l'hormone progestérone. 

L'hypophyse agit comme un thermostat. Lorsqu'il y a 
suffisamment d'oestrogène dans le sang, elle cesse de li- 
bérer l'hormone FSH. Après l'ovulation, et lorsque le corps 
jaune produit de la progestérone, l'hypophyse cesse de li- 
bérer l'hormone LH. 

D'autres parties du cerveau peuvent agir sur l'hypophy- 
se. Cela explique pourquoi le cycle menstruel d'une fem- 
me peut être modifié par un stress physique ou émotif, par 
exemple. 

Les ovaires: les ovaires sont sensibles aux hormones 
de l'hypophyse. Ils produisent l'hormone femelle, l'oestro- 
gène, qui affecte le corps de plusieurs façons. L'oestrogè- 
ne joue un rôle important dans le développement des folli- 
cules contenant les ovules. L'oestrogène est indispensa- 
ble à l'ovulation, c'est-à-dire à la libération de l'ovule hors 
du follicule. Elle provoque également le développement et 
l'épaississement de l'endomètre. 

Les follicules (petits sacs en forme d'ampoule) situés 
sur les ovaires réagissent à l'oestrogène. Plusieurs folli- 
cules se développent et l'un d'eux commence à gonfler. Ce 
dernier éclate et libère son ovule: c'est l'ovulation. Certai- 
nes femmes sentent leur ovulation qui se traduit chez elles 
par une douleur abdominale légère ou aïgue. 

Après l'ovulation, le follicule rompu se transforme en 
corps jaune. Ce tissu produit l'hormone progestérone qui 
joue un rôle important dans le développement ultérieur de 
l'endomètre. La progestérone provoque également une 
hausse légère mais sensible de la température du corps. 

L'utérus: l'endomètre, revêtement interne de l'utérus, 
réagit aux hormones ovariennes. L'oestrogène le fait 
épaissir et y permet la croissance de fines artères. La pro- 
gestérone provoque le développement de glandes dans 
l'endomètre et donne aux petites artères des formes si- 
nueuses. Lorsque la quantité d'hormones diminue, l'endo- 
mètre se désintègre et les petites artères saignent. Des 




produits chimiques contenus dans l'endomètre évitent la 
coagulation du sang dans l'utérus. Ce sang et des parcel- 
les d'endomètre s'écoulent par le col puis le vagin: Ce sont 
les menstruations. La paroi ne se désintègre pas complè- 
tement; il en reste une fine couche qui recommence à se 
développer lorsqu'elle est stimulée par l'oestrogène. 

Lorsqu'il y a beaucoup d'oestrogène, les glandes du col 
de l'utérus produisent des mucus clairs qui facilitent la 
pénétration des spermatozoïdes. Certaines femmes re- 
marquent que leur vulve est particulièrement humide au- 
tour de la période d'ovulation. Lorsqu'il y a moins d'oestro- 
gène, les glandes produisent un mucus plus épais qui 
rend plus difficile aux spermatozoïdes l'accès à l'utérus. 

D'autres parties du corps réagissent également aux 
hormones femelles. Certaines femmes trouvent que leurs 
seins grossissent et sont plus sensibles juste avant ou 
pendant leurs menstruations. 

La température du corps s'élève légèrement sous l'ac- 
tion de la progestérone. La température monte au moment 
de l'ovulation et reste élevée jusqu'aux menstruations. 
Puis elle redescend. 

L'oestrogène et la progestérone ont sur l'organisme de 
nombreux autres effets, qui passent généralement inaper- 
çus. Pendant la grossesse ou lorsqu'on absorbe des hor- 
mones pour la contraception ou pour un autre traitement, 
ces effets peuvent devenir importants. 

Un cycle menstruel caractéristique 

On dit souvent aux femmes que le cycle menstruel "nor- 
mal" est toujours d'une régularité d'horloge et dure 28 
jours. C'est un mythe. Même si certaines femmes ont ef- 
fectivement des cycles de 28 jours, la longueur normale 
des cycles peut varier entre 20 et 40 jours. Une femme 
peut avoir des saignements menstruels tous les 22 jours 
et sa soeur tous les 38 jours: toutes deux n'en ont pas 
moins des cycles réguliers. 

Peu de femmes sont parfaitement régulières; les cycles 
n'ont pas toujours la même longueur. Une femme dont le 
cycle est d'environ 28 jours peut avoir des cycles de 26, 
29 et 28 jours; son cycle est régulier. Un cycle irrégulier 
durerait une fois 28 jours, puis l'autre 20 jours et ensuite 
36 jours; il serait alors impossible de prédire le moment de 
ses menstruations. 

La longueur du cycle menstruel est déterminée par le 
temps écoulé entre le début des menstruations et l'ovula- 
tion. Cette période précédant l'ovulation peut varier de 6 à 
20 jours. La période entre l'ovulation et le début des pro- 
chaines menstruations est beaucoup plus stable: environ 
1 4 jours. 

Les noms attribués à chaque phase du cycle correspon- 
dent aux transformations de l'endomètre. Le cycle mens- 
truel est continu; en réalité, il n'a ni début, ni fin. Toutefois, 
comme la femme peut constater le saignement, le premier 
jour des menstruations est appelé jour 1 . 



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D 


L 


M 


J¥U 


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1 


2 


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4 


S 

12 


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Ï 23 


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27 


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30 










hypophyse 




ovaire 



utérus 




mucus cervical 



m 



température basale 



D 


L 


M 


M 


J |\ 


S 






1 


2 


J^ 


4 


5 


6 


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9 


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11 


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14 


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— 



Le cycle menstruel 

7 17 




menstruations 



sec 



mouillé 
clair 

transparent 
abondant 



sec 

épais 

opaque 




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Jours 1 à 5; les menstruations: au début du cycle, le 
taux d'hormones est bas. L'hypophyse commence à pro- 
duire l'hormone folliculo-stimulante (FSH). Les ovaires 
produisent peu d'oestrogène et les follicules ne sont pas 
encore gonflés. L'endomètre se désintègre et saigne. De 
légères contractions des muscles de l'utérus poussent ce 
tissu hors du col. Les saignements peuvent être abon- 
dants pendant plusieurs jours, puis ils diminuent. Les 
glandes du col produisent très peu de mucus. La tempéra- 
ture du corps est basse. 

Jours 6-16; phase prolifératoire: l'hypophyse produit 
plus d'hormone FSH et commence à libérer de l'hormone 
lutéinisante (LH). Les ovaires réagissent en sécrétant de 
l'oestrogène. Plusieurs follicules grossissent sur l'ovaire. 
L'un d'entre eux devient très gros et fait une bosse à la 
surface de l'ovaire. L'endomètre, dont il ne restait qu'une 
fine couche, redevient épais; ses cellules prolifèrent. Les 
glandes cervicales commencent à produire plus de 
mucus. La température du corps reste basse. 

Jour 1 7; ovulation: la quantité des deux hormones pitui- 
taires a monté en flèche, surtout celle de l'hormone LH. 
Les ovaires ont également libéré une grande quantité 
d'oestrogène. Le gros follicule éclate et l'ovule est libéré à 
proximité de l'ouverture de la trompe de Fallope. Les glan- 
des du col produisent beaucoup de mucus visqueux très 
clair que les spermatozoïdes peuvent pénétrer facilement. 

Jours 18 à 26; phase sécrétoire: les hormones FSH et 
LH diminuent rapidement. Les ovaires libèrent moins 
d'oestrogène. Le follicule rompu se transforme en corps 
jaune qui produit de la progestérone. L'ovule descend par 
les trompes de Fallope jusque dans l'utérus. Les glandes 
de l'endomètre se développent et sécrètent des substan- 
ces qui nourriront un éventuel embryon. Les glandes cer- 
vicales produisent moins de mucus. La progestérone pro- 
voque une légère hausse de la température du corps. 

Jours 27 à 30; phase pré-menstruelle: le niveau d'hor- 
mones de l'hypophyse est bas. S'il n'y a pas eu concep- 
tion, le corps jaune commence à se détériorer et à libérer 
moins de progestérone. Les artères de l'endomètre com- 
mencent à se contracter. 

Au 31 ième jour, lorsque l'endomètre commence à se dé- 
composer, les menstruations commencent. Ce jour de- 
vient le jour 1 du prochain cycle. 



Les saignements menstruels 

Les menstruations contiennent des cellules de l'endo- 
mètre dégénéré, de nombreux globules blancs et du sang. 
Des produits chimiques empêchent le sang de coaguler ou 
désintègrent les caillots. Des caillots ne se forment que 
lorsque les saignements sont trop abondants et que les 
produits chimiques ne suffisent plus à la tâche. Les con- 
tractions des muscles utérins contribuent à éliminer le flot 
menstruel. 

Les femmes perdent environ de 20 à 80 ce (de 1 à 3 
onces) de sang à chaque menstruation. Les saignements 
durent entre 2 et 8 jours. 

Une femme peut avoir n'importe quel type d'activité 
sexuelle durant ses menstruations. Les orgasmes font 
contracter et détendre les muscles de l'utérus; certaines 
femmes trouvent que cela soulage leurs crampes mens- 
truelles. La plupart des femmes constatent que le flot est 
plus abondant pendant quelques heures après l'orgasme. 

Dans toutes les sociétés, les femmes ont trouvé divers 
moyens d'absorber le flot menstruel, moyens naturels 
comme la mousse, produits réutilisables comme le tissu et 



produits jetables après usage comme les serviettes sani- 
taires et les tampons. 

Les serviettes sanitaires sont retenues près de la vulve 
par une ceinture ou ajustées aux sous-vêtements par des 
épingles ou du ruban adhésif. Le flot est absorbé extérieu- 
rement. Les serviettes sont disponibles en formats variés 
selon l'abondance des saignements. 

Les tampons sont à usage interne. On les vend souvent 
avec un applicateur qui aide à placer le tampon derrière 
les muscles de l'ouverture vaginale. Un tampon bien ins- 
tallé ne devrait pas se sentir et ne peut pas tomber. L'ou- 
verture de l'hymen est suffisamment grande pour permet- 
tre à une femme qui n'a jamais eu de relation coïtale d'utili- 
ser des tampons. Les tampons sont eux aussi disponibles 
en plusieurs formats. On peut utiliser deux tampons à la 
fois si les saignements sont très forts. Un tampon oublié 
peut provoquer des écoulements nauséabonds. 

Le syndrome du choc toxique, causé par la prolifération 
dans le vagin d'une bactérie productrice de toxines, est 
associé à l'utilisation des tampons, et en particulier des 
tampons super-absorbants. Si une femme ressent un ma- 
laise généralisé et souffre de fièvre, de nausées, de vomis- 
sements et d'une éruption pendant qu'elle porte un tam- 
pon, elle doit le retirer et se rendre immédiatement à l'ur- 
gence d'un hôpital en l'apportant avec elle. Pour réduire le 
risque de syndrome de choc toxique, les manufacturiers 
recommandent de changer fréquemment de tampon et de 
ne pas garder le même toute une nuit. 



Problèmes causés par le cycle menstruel 

Les femmes consultent souvent les médecins au sujet 
de problèmes causés par leur cycle menstruel. Souvent 
elles ne sont pas prises au sérieux. 

Ces problèmes peuvent être l'indice d'une maladie gra- 
ve mais le plus souvent, ils sont simplement désagréables, 
causant divers inconvénients et inquiétudes. Les femmes 
ont droit à un examen adéquat et à des explications com- 
plètes au sujet de toute problème menstruel. 

Cycles irréguliers: lorsque la durée des cycles mens- 
truels varie de plus de 8 jours, la femme a des cycles irré- 
guliers. Elle n'ovule probablement pas, ou encore elle ovu- 
le à certains cycles et non à d'autres. L'absence d'ovula- 
tion est fréquente chez les adolescentes, chez les femmes 
pré-ménopausées et chez certaines femmes qui viennent 
d'arrêter de prendre la pilule. Les femmes aux cycles irré- 
guliers ne peuvent utiliser les méthodes contraceptives 
qui reposent sur la prédiction de l'ovulation. Elles sont 
parfois obligées de passer régulièrement des tests de 
grossesse pour s'assurer qu'elles ne sont pas enceintes à 
leur insu. Une femme qui a des saignements entre ses 
menstruations ou après un coït devrait passer un examen 
médical. 

Menstruations abondantes: on dit qu'une femme a des 
menstruations abondantes si elle tache constamment ses 
sous-vêtements ou ses draps malgré de fréquents chan- 
gements de tampons. Si ces saignements ont toujours été 
abondants, la femme n'a probablement aucun problème; 
elle s'adaptera à la situation en portant deux tampons, en 
gardant des tampons près du lit, etc.. Elle devrait manger 
suffisamment d'aliments contenant du fer et subir des 
examens périodiques pour s'assurer qu'elle ne fait pas 
d'anémie. Une femme dont les menstruations deviennent 
soudainement très abondantes devrait consulter un méde- 
cin, pour limiter la perte de sang et pour s'assurer qu'elle 
ne souffre d'aucune maladie. 



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Douleurs menstruelles: de nombreuses femmes ont des 
douleurs menstruelles supportables. Il existe des moyens 
pour diminuer ces douleurs: se garder en forme physique- 
ment, faire du yoga, utiliser un coussin chauffant, deman- 
der à quelqu'un de leur masser le ventre, avoir un orgas- 
me, boire du scotch. Il n'existe aucun remède qui convien- 
ne à toutes les femmes. Celles qui ne peuvent aller travail- 
ler ou participer à des événements sociaux à cause de la 
gravité de leurs douleurs menstruelles devraient consulter 
un médecin. Toutefois, il faut ajouter que la médecine ne 
sait que bien peu de choses sur les menstruations et les 
douleurs menstruelles. 

Certaines femmes ressentent des douleurs ou des ma- 
laises et ont l'impression d'être gonflées plusieurs jours 
avant leurs menstruations, et sont soudainement soula- 
gées lorsque les saignements commencent. 

Sautes d'humeur: on a dit bien des choses sur la vulné- 
rabilité des femmes juste avant et/ou pendant les mens- 
truations. Il est difficile de distinguer les mythes et les pré- 
jugés des faits. Certaines femmes se sentent déprimées 
ou agressives pendant cette période. D'autres ont alors un 
plus grand appétit sexuel, et d'autres encore ne remar- 
quent aucun changement particulier. Bien des femmes 
trouvent des moyens pour affronter ces sentiments: rire 
d'elles-mêmes, prévenir leurs proches, etc.. Certaines 
sentent le besoin de recourir à un traitement hormonal ou 
psychologique pour surmonter les problèmes liés à leurs 
menstruations. 

Aspects sociaux du cycle menstruel 

Même si les menstruations sont un phénomène normal, 
on les considère souvent comme anormales, sales et hon- 
teuses. Au cours de l'histoire, et même de nos jours dans 
certains milieux, on isole les femmes menstruées et on 
restreint leurs activités. Certains de ces rites peuvent 
avoir été bénéfiques aux femmes en les dégageant de cer- 
taines tâches ménagères. Mais, de nos jours, elles sem- 
blent avoir perdu ces privilèges: il n'en reste qu'une pro- 
pension à considérer la femme menstruée comme vulné- 
rable (tu vas être malade si tu te laves les cheveux pen- 
dant tes menstruations), sale et contagieuse (ne fais pas 
l'amour, ne te baigne pas!...) ou irresponsable (n'engagez 
pas de femmes, elles sont toujours malades). 

Sauf avec des intimes, une femme menstruée est cen- 
sée faire comme si de rien n'était. Si elle réduit ses activi- 
tés, elle trouve un prétexte pour justifier son absence. Si 
elle a mal, elle souffre en silence ou déclare qu'elle est 
malade. Certaines femmes sont gênées d'acheter des 
tampons; certains hommes refusent de le faire. Découvrir 
en public une tache de sang sur des vêtements devient 
une catastrophe sociale. Si les menstruations étaient per- 
çues comme normales, de tels comportements semble- 
raient complètement ridicules. 

Plusieurs facteurs perpétuent ces préjugés: nos attitu- 
des face à la sexualité, au rôle des femmes et aux fonc- 
tions du corps. On ne considère pas les organes repro- 
ducteurs d'une femme comme partie intégrante de son 
corps. Les médecins les tripotent avec indifférence; l'hys- 
térectomie (ablation de l'utérus) est pratiquée pour des 
raisons souvent douteuses. Lorsque la méthode contra- 
ceptive d'une femme élimine ses menstruations, on lui dit 
qu'elle est bien débarrassée. 

On utilise souvent le cycle menstruel pour discréditer 
les capacités intellectuelles et émotives des femmes. Les 
études qui déclarent que les actes les plus violents com- 
mis par des femmes le sont juste avant ou pendant leurs 
menstruations ne disent pas que les femmes commettent 
moins d'actes criminels juste avant ou pendant leur ovula- 
tion. Par ailleurs, les hommes qui n'ont ni menstruations, 
ni ovulation commettent énormément plus d'actes violents 
que les femmes. 



Cependant, il est vrai que les femmes sont affectées 
par leur cycle menstruel. Le cycle lui-même est contrôlé 
par l'hypophyse et l'hypothalamus qui font tous deux par- 
tie du cerveau. Mais ce n'est pas une raison pour en con- 
clure que les femmes sont des êtres inférieurs; ce genre 
de raisonnement prendrait pour acquis que le corps et le 
cerveau de l'homme sont la norme pour tous les êtres hu- 
mains et que les femmes sont inférieures parce qu'elles 
s'écartent de cette norme. La norme devrait inclure tout 
autant les modèles féminins que les modèles masculins. 

Nous ne sommes pas, par contre, opposés à toute inter- 
férence dans le cycle menstruel. La pilule est un bienfait 
pour de nombreuses femmes. L'hystérectomie peut sau- 
ver une vie. Mais les femmes doivent bien s'assurer que 
ceux qui interfèrent dans leur cycle ont vraiment un res- 
pect fondamental de l'intégrité du corps féminin. 



la sexualité 



Le contrôle des naissances est plus effcace et plus sa- 
tisfaisant lorsque l'usager-e est à l'aise face à sa sexuali- 
té. 

Sexualité et reproduction 

Certaines activités sexuelles comportent plus de ris- 
ques de grossesse que d'autres. Le coït (pénétration du 
pénis en érection dans le vagin) est la façon par laquelle 
une femme tombe enceinte. L'homme éjacule, libérant du 
sperme dans le vagin de la femme. 

D'autres comportements sexuels ne comportent aucun 
risque de grossesse. Rien de ce qu'une personne fait seu- 
le ou avec un-e partenaire de son sexe ne peut mener à la 
grossesse. Les baisers, les étreintes, les caresses et les 
attouchements ne peuvent pas provoquer une grossesse. 
Le cunnilingus, où l'on lèche et suce les organes génitaux 
d'une femme, ne peut pas la faire tomber enceinte. La fel- 
lation, stimulation orale du pénis, ne peut provoquer une 
grossesse, même si l'homme éjacule dans la bouche de la 
femme. 

Tous ces* comportements sexuels sont sains et peuvent 
être satisfaisants tant pour l'homme que pour la femme. 
De nombreux couples en tirent du plaisir pour se préparer 
au coït ou comme activité sexuelle principale. Lorsque la 
pénétration est impossible à cause du risque de grosses- 
se, d'une infection ou d'une douleur vaginale, la stimula- 
tion non coïtale peut être tout aussi agréable. 



Sexualité et contrôle des naissances 

Le contrôle des naissances a été salué comme un grand 
libérateur de la sexualité féminine ou dénoncé comme 
cause de promiscuité féminine. Dans les deux cas, on a 
présumé qu'en diminuant le risque de grossesse, il aug- 
mentait considérablement le potentiel sexuel des femmes. 

Le seul acte sexuel qu'affecte le contrôle des naissan- 
ces est le coït. Dire que le contrôle des naissances a con- 
sidérablement accru le potentiel sexuel des femmes, c'est 
présumer qu'elles réalisent ce potentiel par la pénétration 
du pénis dans le vagin. Les autres comportements sexuels 
sont relégués au rôle de "jeux préparatoires" au "vérita- 
ble" acte sexuel. La virginité est encore définie comme le 
fait de "ne pas aller jusqu'au bout", c'est-à-dire, de ne pas 
permettre la pénétration. 



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Il est faux de croire que le potentiel sexuel d'une femme 
vient uniquement de son vagin. Les femmes le savent de- 
puis des générations. Maintenant, les chercheurs en 
sexualité confirment leurs dires à l'aide d'informations 
scientifiques sur les réactions sexuelles humaines. 

Une autre croyance veut que le contrôle des naissances 
rende la sexualité plus spontanée. La contraception épi- 
sodique, et particulièrement le condom, est souvent reje- 
tée parce qu'elle nuit à la spontanéité. La spontanéité 
n'est pas toujours essentielle pour que la relation sexuelle 
soit agréable; c'est une idée romantique qui néglige bien 
des aspects pratiques de la vie (les enfants, le téléphone, 
la fatigue, etc.). La soi-disant spontanéité signifie sou- 
vent des relations sexuelles non préparées ou même que 
l'on nie avoir l'intention de faire l'amour. 

Les méthodes contraceptives continues comme la pilule 
ou les stérilets permettent une spontanéité plus grande 
dans l'immédiat. Mais elles permettent également à un 
couple d'éviter toute discussion sur la contraception dans 
la sexualité. En silence, la femme prévoit ses besoins con- 
traceptifs: elle va chez le médecin, elle remplit son ordon- 
nance, elle pense à prendre sa pilule. 

Le contrôle des naissances a joué un rôle important 
dans le changement des attitudes face à la sexualité fémi- 
nine. Le fait que l'on reconnaisse que la femme éprouve du 
plaisir pendant le coït a été une étape importante dans la 
reconnaissance de son plaisir au cours d'activités non 
coïtales. 

La physiologie sexuelle 

Les hommes et les femmes réagissent à l'excitation 
sexuelle de façon similaire, mais non identique. Les zones 
érogènes comprennent des régions dont la fonction pre- 
mière n'est pas sexuelle, comme la langue et les lobes de 
l'oreille. Chez l'homme comme chez la femme, les zones 
situées à proximité des organes génitaux, comme le bas 
ventre et l'intérieur des cuisses peuvent être très sensi- 
bles. 

Les organes sexuels les plus sensibles, chez les hom- 
mes comme chez les femmes, sont constitués de tissus 
érectiles. En réponse à une excitation sexuelle, les petits 
vaisseaux sanguins des tissus érectiles se dilatent, provo- 
quant un engorgement qui bloque l'écoulement de sang 
des veines; les tissus érectiles continuent donc de s'en- 
gorger. Ils foncent, grossissent et durcissent. Chez l'hom- 
me, le pénis, et particulièrement le gland, est l'organe le 
plus sensible. Chez la femme, le clitoris, les petites lèvres 
et l'ouverture du vagin sont les organes les plus sensibles. 
La tension des muscles pelviens augmente également la 
sensation d'excitation sexuelle. 

Dans les années 60, William Masters et Virginia John- 
son furent les pionniers des recherches cliniques visant à 
expliquer les réactions sexuelles humaines. Ils ont divisé 
la réaction sexuelle en quatre phases principales: l'excita- 
tion, le plateau, l'orgasme et la résolution. En fait, il n'y a 
aucune interruption lorsqu'une personne passe d'une 
phase à une autre. Qu'une personne se masturbe ou 
qu'elle fasse l'amour avec quelqu'un, la réaction est simi- 
laire. 

Phase d'excitation: les sources d'excitation sexuelle 
sont aussi variées que l'imagination humaine. Des images, 
des sons, des couleurs, des musiques, des odeurs et des 
pensées peuvent provoquer une stimulation sexuelle. Les 
deux sexes peuvent prendre plaisir à avoir des fantasmes. 
La stimulation directe des seins, des mamelons, des cuis- 
ses et des organes génitaux peut être excitante à la fois 
pour la personne qui touche et pour celle qui est touchée. 

Si la personne est réceptive, le corps réagit de plusieurs 
façons. Les rythmes cardiaque et respiratoire augmen- 
tent. La peau peut rougir. Les seins grossissent et les ma- 
melons durcissent. Chez les femmes, le clitoris devient en 
érection, les petites lèvres se gonflent et leur couleur fon- 



ce. Les parois du vagin sécrètent un liquide lubrifiant. Les 
parois de la partie la plus profonde du vagin se séparent et 
l'utérus s'enfonce dans le bassin, augmentant le diamètre 
vaginal. Chez les hommes, le pénis grossit, durcit et de- 
vient en érection. 

Phase de plateau: si l'excitation sexuelle persiste, le 
corps continue à réagir. Les rythmes cardiaque et respira- 
toire s'accélèrent de plus en plus, ainsi que la contraction 
et la congestion des muscles de la région pelvienne. Le 
clitoris devient d'une sensibilité exquise et se retire sous 
le capuchon. La stimulation des petites lèvres stimule à 
son tour le clitoris en faisant glisser le capuchon d'avant 
en arriére sur lui. Le gonflement du premier tiers du vagin 
diminue le diamètre de l'ouverture elle-même; au cours du 
coït, le vagin étreint le pénis. 

Chez le mâle, le gland s'engorge un peu plus et sa cou- 
leur fonce. 

Si la stimulation sexuelle cesse pendant la phase 
d'excitation, le corps revient rapidement et confortable- 
ment à un état de non-excitation. Si elle cesse au cours de 
la phase du plateau, les changements physiques prennent 
plus de temps à disparaître. 

L'orgasme: le relâchement soudain de la congestion et 
de la tension musculaire est appelé l'orgasme. On le com- 
pare souvent à un éternuement. Chez les femmes, les 
muscles de l'entrée du vagin se contractent et se déten- 
dent de façon rythmique. Chez les hommes, les contrac- 
tions rythmiques des muscles du bassin provoquent l'éja- 
culation, décharge du sperme. 

L'orgasme masculin est généralement soudain et bref. Il 
semble y avoir plus de variations dans l'expérience orgas- 
mique des femmes qui éprouvent aussi des orgasmes 
soudains et brefs, mais parfois des orgasmes prolongés et 
lents ou des orgasmes par vagues. Hommes et femmes 
peuvent vivre l'orgasme comme un plaisir intense, un mo- 
ment de joyeux abandon. 

Tom Levitt 




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Résolution: chez l'homme et chez la femme, l'afflux san- 
guin disparaît et les tissus en érection perdent leur rigidi- 
té. S'il n'y a pas d'autres stimulations, la congestion dispa- 
raît et le corps revient à son état normal. C'est souvent un 
moment de rapprochement et de câlineries, de glousse- 
ments et de larmes, un moment où la sensation de bien- 
être et de détente est si grande que souvent le ou la parte- 
naire s'endort. 

Si la stimulation sexuelle continue, la femme peut réagir 
immédiatement et avoir un autre orgasme. Elle peut revivre 
à répétition les phases de réactions sexuelles jusqu'à ce 
qu'elle se sente rassasiée. L'homme ne peut pas avoir un 
autre orgasme immédiatement. Une période de temps va- 
riable doit s'écouler: c'est la période réfractaire qui sera 
de plus en plus longue avec l'âge. 

Politiques sexuelles 

La sexualité humaine est bien plus qu'une série de réac- 
tions physiologiques. Le comportement sexuel vient d'un 
apprentissage. Comme individu-e-s, et comme membres 
d'une société, nous apprenons à nous conformer à des 
modèles de ce qui est considéré comme un comportement 
sexuel acceptable. Cet apprentissage n'est peut-être pas 
aussi évident que celui qui consiste à apprendre à se ser- 
vir d'un couteau et d'une fourchette, mais il n'est pas 
moins direct et puissant. 

La sexualité entre deux personnes de sexe opposé est 
fortement influencée par les rôles culturels de chacun des 
sexes. Dans de nombreuses cultures, la masculinité est 
associée à la confiance en soi, à la domination et au pou- 
voir et la féminité, au contraire, est perçue comme faible et 
passive. On s'attend à ce que les hommes prennent l'ini- 
tiative sexuelle et le fait d'avoir de nombreux contacts 
sexuels rehausse leur image. D'une femme, on s'attend 
plutôt à ce qu'elle soit dépourvue de sexualité et fidèle à 
un homme. Le fait d'avoir de nombreux partenaires en fait 
une dévergondée. Ce double standard permet que des 
hommes soient valorisés pour un comportement que l'on 
condamnerait chez une femme. 

Nous n'avons pas vraiment de bons modèles de rela- 
tions et de comportements sexuels. Lorsque nous es- 
sayons d'avoir un comportement sexuel responsable, 
nous sommes en terrain neuf et nous devons nous atten- 
dre à des déceptions occasionnelles. Nous pouvons faire 
en sorte qu'elles soient moins nombreuses et un peu 
moins douloureuses si nous partageons notre expérience 
avec d'autres. Nos attentes mutuelles doivent être raison- 
nables; les patterns sexuels ne se changent pas du jour 
au lendemain. Nous devons faire preuve de patience et 
comprendre l'impatience, avoir confiance et comprendre 
le manque de confiance. Mais quelle récompense que cel- 
le d'une sexualité agréable, honnête, ouverte et responsa- 
ble! 



la santé et la sexualité 
féminines 



Plusieurs méthodes de contrôle des naissances exigent 
une ordonnance médicale. Cela veut dire que des femmes 
jeunes et en santé consultent les médecins plus souvent 
qu'elles le feraient autrement, et certainement plus que les 
hommes du même âge. 

La qualité des soins varie selon les endroits et chaque 
type de service présente des avantages et des inconvé- 
nients. 



Un médecin de famille qui connaît l'histoire physique et 
sociale de la femme pourra tenir compte de ses besoins 
plus larges en matière de santé, au lieu de mettre de l'ac- 
cent sur une seule partie de son corps. Par contre, les mé- 
decins de famille ne sont pas tous bien informés en ma- 
tière de contraception et certains ont tendance à porter 
des jugements moraux. 

Il n'est pas nécessaire de consulter un gynécologue 
(spécialiste) pour des questions de contrôle des naissan- 
ces. Les spécialistes traitent les gens qui ont des problè- 
mes particuliers et ils sont généralement trop occupés 
pour donner des soins préventifs à une femme en santé. 

Les Centres locaux de services communautaires 
(CLSC) et les cliniques populaires mettent l'accent sur 
l'éducation; infirmières et para-médicales y jouent un rôle 
important. Il se peut que la femme ne voie pas le même 
médecin ou le ou la même conseiller-e en contraception à 
chaque visite; toutefois, la continuité des soins est assu- 
rée par des dossiers adéquats et, ce qui est peut-être le 
plus important, par une attitude commune face au contrôle 
des naissances. 

A quelques exceptions près, les cliniques des hôpitaux 
sont impersonnelles et ont un fonctionnement de type "li- 
gne de montage". Des étudiants en médecine accompa- 
gnent le médecin ou voient les femmes seules, souvent 
sans contrôle adéquat. La femme n'est pas toujours pré- 
venue lorsqu'elle fait l'objet d'une recherche médicale. 

Tous les ans, la femme devrait passer un examen médi- 
cal de dépistage dont elle pourrait profiter pour discuter 
de contrôle des naissances. 

Ces examens devraient être plus fréquents s'il se pré- 
sente une anomalie ou une complication quelconque, si 
elle décide de changer de méthode et/ou si le risque de 
maladie transmise sexuellement est élevé. 

Le premier examen dure de 30 à 45 minutes ou se divise 
en deux visites. Les examens de relance devraient être 
assez longs pour tenir compte de tout changement surve- 
nu depuis la dernière visite et pour répondre à des ques- 
tions plus élaborées. Au Québec, les médecins reçoivent 
$28.00 (en 1 980) de la Régie de l'Assurance maladie pour 
'un examen majeur complet" (45 min), $14.50 pour un 
examen complet (30 min) et $8.00 pour un examen ordi- 
naire (15 min). 

Notre description d'un examen de contrôle des naissan- 
ces vise non seulement à préparer la femme à une premiè- 
re expérience du genre, mais aussi à établir des critères 
qui lui permettront d'évaluer la qualité du service offert. 
Nous espérons ainsi encourager leur sens de la responsa- 
bilité et de l'auto-détermination lorsqu'il est question de 
leur propre santé et particulièrement du contrôle de leur 
fertilité. Pour la femme, le contrôle des naissances peut 
être une façon d'affirmer son mode de vie sexuel. C'est un 
acte conscient par lequel elle retarde ou refuse la materni- 
té et privilégie ainsi un autre rôle social que celui de mère 
ou encore refuse de s'y limiter. La "routine" qui entoure le 
contrôle des naissances — la façon de l'enseigner, la fa- 
çon de l'obtenir et de l'utiliser, devraient refléter et renfor- 
cer une image positive des femmes comme êtres sociaux 
à part entière. 



Une consultation 

Le dépistage est une méthode par laquelle on distingue 
de la majorité des gens en santé, les quelques personnes 
qui ont des problèmes nécessitant un examen, et éven- 
tuellement un traitement. Les examens de dépistage peu- 
vent prendre la forme d'une série de questions sur les 
conditions de vie et de travail, ou encore celle d'un exa- 
men physique ou d'un test de laboratoire comme le test de 
Pap pour déceler le cancer du col. En matière de contrôle 
des naissances, le dépistage vise à déceler des problè- 
mes pouvant être liés à une méthode contraceptive en par- 



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ticulier. Par exemple, l'anémie, une tension artérielle éle- 
vée, des problèmes de foie ou l'insatisfaction sexuelle 
sont des facteurs qui influencent le choix d'une méthode 
contraceptive. Le dépistage comprend également des 
tests visant à déceler des maladies qui ne causent aucun 
symptôme, comme certaines maladies transmises sexuel- 
lement. Enfin, le dépistage sert à identifier d'éventuels 
dangers pour la santé d'une personne, que ce soit dans 
son environnement ou dans son comportement — le taba- 
gisme, les dangers liés au travail, etc.. 

L'éducation est un transfert d'informations qui permet à 
une personne de prendre ses propres responsabilités en 
pleine connaissance de cause. L'éducation peut être plu- 
tôt informelle: lorsqu'on prend la tension artérielle, il est 
possible d'expliquer simplement ce dont il s'agit. Tous les 
tests de dépistage devraient être expliqués; il est absurde 
de s'attendre à ce que les gens, et surtout ceux qui sont en 
bonne santé, acceptent de passer des tests uniquement 
parce qu'ils ont confiance en la médecine avec un grand 
M. 

Une femme devrait avoir la possibilité de bien connaître 
toutes les méthodes contraceptives disponibles et de re- 
cevoir des informations encore plus détaillées sur la mé- 
thode qu'elle a choisie. En quittant la clinique, elle devrait 
savoir quelle méthode utiliser, comment se la procurer, 
comment s'en servir, combien elle coûte, quand et pour- 
quoi'arrêter, à quels problèmes elle doit s'attendre et com- 
ment y faire face, et ce qu'elle peut faire si la méthode 
échoue. Une éducation sexuelle de base est également 
très importante non seulement pour permettre une sexua- 
lité satisfaisante, mais aussi pour assurer le succès de la 
méthode. 

L'évaluation est l'aspect le plus personnalisé du coun- 
selling en matière de contraception. La femme et son/sa 
conseiller-e peuvent envisager la possibilité d'un change- 
ment. La femme prendra sa décision en fonction de son 
histoire personnelle, tant médicale que sexuelle, de ses 
besoins actuels et d'un examen physique adéquat. La 
conseillère se sert à la fois de la technologie médicale et 
contraceptive et de son expérience sur les attitudes et les 
comportements des gens en matière de santé, de contrôle 
des naissances et de sexualité. 

C'est à la conseillère que revient la responsabilité d'éta- 
blir un climat de confiance, de respect et de confidentiali- 
té. Bien des femmes reçoivent des services de contracep- 
tion inadéquats parce qu'elles hésitent à décrire leurs 
expériences et leurs sentiments, de peur qu'on les juge. 
Jusqu'ici, le corps médical était, de façon prédominante, 
mâle, riche et conservateur. Pendant les générations, les 
médecins ont fourni des services de contraception aux 
femmes de leur propre classe; mais jusqu'à ce que la con- 
traception devienne une affaire rentable, le corps médical 
a gardé le silence sur la question, et a même essayé d'em- 
pêcher que des services de contraception adéquats et 
sûrs soient offerts aux femmes qui ne pouvaient les payer. 
Un-e bon-ne conseiller-e se doit de comprendre que la 
méfiance des femmes est une réaction réaliste et non un 
affront personnel. 

L'histoire de cas 

La femme raconte son histoire médicale: maladies gra- 
ves, hospitalisations et opérations. Si elle n'est pas certai- 
ne du diagnostic ou du traitement d'une maladie quelcon- 
que, elle peut demander à l'hôpital de faire parvenir à la 
clinique un résumé de son dossier. 

Elle décrit son état de santé actuel, y compris ses mala- 
dies chroniques, et énumère les médicaments qu'elle ab- 
sorbe pour les traiter. Elle mentionne tout nouveau symp- 
tôme comme la fatigue ou la diarrhée. Toute habitude ré- 
gulière, comme l'absorbtion de tabac ou d'alcool, ou les 
habitudes alimentaires particulières, doivent être prises 
en note. Un bref résumé de ses responsabilités sociales — 



travail, famille, école, loisirs — et de sa façon de les envi- 
sager, pourra également s'avérer utile. 

On devrait également s'informer de l'état de santé des 
autres membres de la famille. 

La femme décrit son histoire gynécologique. À quel âge 
a-t-elle été menstruée? Quelle est la durée de ses cy- 
cles? Leur longueur varie-t-elle? Quelle est la durée des 
saignements? Sont-ils légers ou abondants? A-t-elle des 
douleurs ou se sent-elle gonflée pendant ses menstrua- 
tions? A-t-elle des saignements entre ses menstruations 
ou immédiatement après? A-t-elle des bouffées de cha- 
leur ou d'autres symptômes dé ménopause? La date de 
ses dernières menstruations sera notée dans son dossier. 

La femme décrit ses grossesses et leur issue — fausse- 
couche, avortement provoqué ou accouchement — en 
mentionnant toute complication et toute intervention. Elle 
pourra également parler de ses prévisions en fonction 
d'une éventuelle grossesse. 

La femme pourra également discuter de son expérience 
sexuelle et en particulier de ce qu'elle vit actuellement. 
Est-elle satisfaite de sa vie sexuelle? Sinon, qu'identifie- 
t-elle comme problème? De façon générale, vit-elle sa 
sexualité chez elle ou ailleurs? À quelle fréquence fait-elle 
l'amour? A-t-elle un-e ou plusieurs partenaires? A-t-elle 
vécu des expériences sexuelles particulièrement trauma- 
tisantes: agressions sexuelles ou inceste? 

Elle mentionne ses méthodes contraceptives antérieu- 
res si possible dans l'ordre chronologique, depuis le début 
jusqu'à maintenant. Quelles méthodes a-t-elle utilisées et 
pendant combien de temps? Pourquoi a-t-elle cessé? 
Quelle méthode utilise-t-elle maintenant? Depuis combien 
de temps? Cette méthode lui cause-t-elle des problèmes? 
En sait-elle aussi long qu'elle le souhaite sur les autres 
méthodes? 




Page 1 4 



L'examen physique 

La majorité des gens redoutent la perspective d'un exa- 
men physique; or, la plupart des femmes qui consultent un 
médecin pour leur contraception ne sont pas malades, 
lorsqu'elles passent l'examen. Mais elles doivent quand 
même exposer leur corps à la vue et au toucher d'un 
étranger, souvent mâle, ce qu'elles ne font généralement 
que dans une atmosphère de très grande intimité et avec 
quelqu'un qui est également en position de vulnérabilité. 
L'examen gynécologique, en particulier, risque d'être an- 
goissant pour la femme, surtout si elle n'y a pas été prépa- 
rée ou si elle a été examinée brutalement dans le passé. 
Plus elle est détendue, plus l'examen sera utile et moins il 
sera pénible. C'est à la personne qui examine la femme de 
l'aider à se détendre si elle est nerveuse. 

Un bain, une douche, ou encore un simple lavage des or- 
ganes génitaux suffisent pour se préparer à l'examen. Les 
douches, crèmes ou poudres vaginales camouflent les si- 
gnes d'infection et devraient être évitées au moins 24 heu- 
res avant l'examen gynécologique. La femme se sentira 
plus à l'aise pendant l'examen si elle vient d'uriner. 

Pour être bien examinée, la femme doit exposer complè- 
tement certaines parties de son corps à divers moments 
mais rien ne justifie qu'elle soit entièrement nue pendant 



de longs moments. Elle peut se servir d'une jaquette, d'une 
chemise ou de ses propres vêtements pour se couvrir 
comme elle le désire sans nuire à l'examen. 

La femme se pèse et on enregistre sa taille et sa pres- 
sion artérielle. On examine rapidement sa peau, son cou, 
son coeur, ses poumons, son abdomen, son dos, ses aines 
et ses jambes. L'examinateur essaie de déceler bosses, 
enflures, zones douloureuses ou autres signes de mala- 
die. Tout indice problématique sera examiné plus attenti- 
vement. On palpera ses seins. Si elle ne sait pas comment 
pratiquer un auto-examen des seins, on devrait le lui ap- 
prendre. 

Pour l'examen gynécologique, la femme se couchera sur 
le dos, les fesses sur le bord de la table, les pieds dans les 
étriers et les jambes écartées. On examine ses organes 
génitaux pour déceler les plaies ou autres signes d'irrita- 
tion. Pour regarder le col de l'utérus et l'intérieur du vagin, 
on se sert d'un instrument de plastique ou de métal appelé 
spéculum vaginal. Il faudrait d'abord le réchauffer et le lu- 
brifier avec de l'eau ou une gelée . Le spéculum est inséré 
dans le vagin, bec fermé; on ne l'ouvre qu'une fois installé 
dans le vagin. On le déplace jusqu'à ce que le col soit bien 
exposé et on examine alors les parois du vagin et du col 
pour déceler tout signe d'inflammation. 




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V 











L'examen gynécologique — On insère dans le vagin un spéculum de plastique ou de métal. On examine les 
parois du vagin et du col. L'encart: vue directe du col. 



Page 15 



Le/la médecin pratique plusieurs tests, parfois légère- 
ment désagréables, mais rarement douloureux. Le test de 
Pap ou cytologie sert à détecter le cancer du col et devrait 
être fait une fois par année. On se sert d'un bâtonnet plat 
pour gratter la surface du col; les cellules prélevées sont 
examinées en laboratoire, pour déceler d'éventuelles cel- 
lules cancéreuses. Les femmes qui ont plus d'un parte- 
naire sexuel ou dont le partenaire régulier a d'autres par- 
tenaires devraient passer un test pour la gonorrhée. Si la 
femme a des pertes abondantes ou nauséabondes ou des 
démangeaisons de la vulve, on pourra examiner immédia- 
tement au microscope ses sécrétions vaginales pour dé- 
terminer la cause de l'infection. Lorsque les tests sont ter- 
minés, le/la médecin ferme le spéculum et le retire. 

Pour examiner les organes internes de la femme (l'uté- 
rus, les ovaires et les trompes de Fallope), il insère deux 
doigts d'une main gantée dans le vagin et place l'autre 
main sur le bas de l'abdomen. On peut ainsi palper les or- 
ganes internes entre les deux mains, et évaluer leur taille, 
leur forme et leur position. Si la femme est détendue, cet 
examen ne devrait pas être douloureux; la douleur est pro- 
voquée par la tension, par une manipulation brutale ou par 
une maladie. Parfois, on sent mieux l'utérus avec un doigt 
dans le rectum plutôt que dans le vagin. On devrait faire un 
examen rectal à toute femme âgée de plus de 30 ans pour 
détecter des signes précoces de cancer du rectum. 

Tests de laboratoire 

Sauf si on découvre un problème, peu de tests sont né- 
cessaires et la femme devrait savoir à quoi ils servent 
exactement. 



On procédera à un test d'urine simple pour évaluer le 
fonctionnement des reins et diagnostiquer un éventuel 
diabète. Si l'urine est trouble ou si la femme a du mal à uri- 
ner, on analysera en laboratoire un échantillon d'urine 
spécialement prélevé à cet effet. 

L'échantillon de sang peut servir à plusieurs tests. Les 
femmes aux menstruations très abondantes devraient 
passer un test pour l'anémie (basse numération globulai- 
re) et celle qui ont de nombreux partenaires sexuels, un 
test pour la syphilis. Et enfin, un test d'anticorps contre la 
rubéole devrait être pratiqué pour évaluer la nécessité 
d'un vaccin pour les femmes qui désirent enfanter. 

La décision 

La femme choisit la méthode contraceptive qui, selon 
elle, convient à ses besoins; son choix est motivé et elle 
sait que certains changements dans sa vie peuvent l'ame- 
ner à changer de méthode. S'il y a lieu, elle fait le néces- 
saire pour obtenir des rendez-vous de vérification. 

Si on a découvert un problème quelconque, la conseillè- 
re explique à la femme de quoi il s'agit. Les tests nécessai- 
res seront prescrits et les rendez-vous fixés, et, s'il y a 
lieu, la femme sera référée à un spécialiste. 

La conseillère pourra profiter de cette occasion pour 
discuter avec elle d'hygiène et de prévention. Elle souli- 
gnera les avantages des sous-vêtements de coton compa- 
rativement aux sous-vêtements de tissus synthétiques, et 
expliquera la nocivité des produits "d'hygiène féminine". 

Finalement, la femme devrait avoir le temps de s'assurer 
qu'on a répondu de façon adéquate à toutes ses ques- 
tions. 



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L'examen bi-manuel — En plaçant une main sur l'abdomen et deux doigts dans le vagin, l'examinateur palpe 
l'utérus, prend note de sa taille, de sa forme et de sa position. L'encart: l'examinateur palpe chaque ovaire et 
chaque trompe. 



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la reproduction 



Décider d'avoir un enfant 

Il fut un temps où la grossesse était la conséquence 
quasi inévitable d'une vie sexuelle active. Avec l'émergen- 
ce d'une contraception très efficace et d'une plus grande 
facilité d'accès à l'avortement, les femmes peuvent con- 
trôler avec beaucoup plus de précision le moment de leurs 
grossesses. 

Il n'y a pas de moment idéal pour avoir un enfant. 
Chaque situation est unique avec ses avantages et ses in- 
convénients. Aucune n'est éternelle ou tout-à-fait prévisi- 
ble. Les conditions politiques et économiques modifient 
les conditions de vie des familles. Au niveau personnel, 
des changements dans notre santé ou notre vie affective 
peuvent bouleverser complètement nos projets. La flexibi- 
lité et la souplesse, qualités importantes pour de futurs 
parents, sont également utiles pour prendre la décision 
d'enfanter. 

Des facteurs pratiques peuvent aussi influencer la déci- 
sion d'avoir un enfant et le choix du moment de la grosses- 
se. Ces questions doivent être prises en considération, et 
d'une façon encore plus urgente pour la femme dont la 
grossesse est inattendue et qui hésite entre l'avortement 
et l'enfantement. Une étude approfondie des facteurs in- 
fluençant cette décision déborderait les cadres de ce 
texte, mais plusieurs d'entre eux valent la peine d'être 
mentionnés: 

La question économique: élever un enfant peut être dis- 
pendieux: l'enfant n'est pas seulement une bouche à nour- 
rir et un corps à habiller et à abriter. Au cours de ses pre- 
mières années de vie, il a besoin de surveillance. Il est 
donc possible qu'un des parents ne puisse travailler à 
l'extérieur pendant un certain temps. Les garderies sont 
encore rares et coûteuses, les congés de maternité loin 
d'être universels et les congés de paternité quasi inexis- 
tants. 

La santé: la grossesse est un stress pour le corps. La 
femme atteinte d'une maladie chronique devrait consulter 
un médecin pour savoir en quoi la maladie pourrait affec- 
ter sa grossesse et vice-versa. La femme qui a son pre- 
mier enfant dans la trentaine risque plus de complications. 
Plus elle est âgée, plus la possibilité d'avoir un enfant 
anormal est forte. Élever un enfant exige également santé 
et énergie. 

Les relations entre les parents: la famille n'est plus 
l'unité stable qu'elle a déjà été. Des femmes choisissent 
d'avoir des enfants seules ou dans une relation non mari- 
tale. Les couples devraient réfléchir d'avance à ce qu'ils 
feraient en cas de séparation ou de divorce. Le fait de par- 
tager l'expérience d'élever des enfants peut sans aucun 



doute enrichir une relation; toutefois, la présence d'un en- 
fant peut également transformer la vie quotidienne d'un 
couple. 

Le mode de vie: la présence d'un enfant entrave la liber- 
té des parents; il leur devient plus difficile de s'occuper 
d'autres aspects de leur vie, qu'il s'agisse de travail, de 
sports ou de loisirs. 

Les enfants déjà nés: la décision d'avoir d'autres en- 
fants se prend souvent dans le contexte d'une cellule fa- 
miliale. Il faut tenir compte de l'impact d'une nouvelle nais- 
sance sur les autres enfants de la famille. 

Le droit des individu-e-s de décider s'ils auront ou non 
des enfants et le moment des grossesses n'est pas un 
droit universellement reconnu. L'importance du rôle de 
l'Église en matière de reproduction a peut-être diminué, 
mais l'État a pris la relève avec enthousiasme. Toute com- 
munauté devrait développer une approche collective de la 
reproduction et des politiques démographiques. Ces poli- 
tiques devraient être élaborées à la base, et par des gens 
qui ont à coeur le bien-être de l'individu et de la collectivi- 
té. 

Toute communauté devrait offrir des services en matière 
de reproduction: contraception et avortement, soins pré- 
nataux, sages-femmes, garderies, congés de maternité et 
de paternité, travail à temps partiel, etc. 



Préparation à la grossesse 

Cesser la contraception 

La plupart des méthodes de contrôle des naissances 
sont immédiatement réversibles; la femme peut devenir 
enceinte presque aussitôt qu'elle cesse d'utiliser sa mé- 
thode. La femme qui utilise une méthode intermittente 
comme le condom ou le diaphragme cesse tout simple- 
ment de s'en servir. La femme qui calcule ses jours de fer- 
tilité pour éviter la grossesse peut continuer à le faire pour 
augmenter ses chances de concevoir. Le dispositif intra- 
utérin doit être retiré pendant les menstruations; sinon, la 
femme devra utiliser une autre méthode, comme le con- 
dom, jusqu'à ses prochaines menstruations. Lorsqu'une 
femme cesse de prendre la pilule pour tomber enceinte, 
elle doit se servir d'une autre méthode pendant au moins 
trois cycles avant d'essayer de concevoir. 

Dangers pour la santé 

Le foetus est vulnérable aux influences extérieures, sur- 
tout au début de la grossesse. La femme qui se prépare à 
une grossesse ne peut s'isoler de son environnement, 
mais elle devrait connaître les facteurs de risques les plus 
communs: 



Robert Marquis 






Page 1 7 



Les rayons-X (ou toute autre forme de radiation) de- 
vraient être évités surtout dans les premiers mois de la 
grossesse, parce qu'ils peuvent causer des malformations 
du foetus. Si le rayon-X est indispensable, on revêtira la 
femme d'un habit conçu pour bloquer les radiations sur 
l'abdomen. 

Les médicaments devraient être évités autant que pos- 
sible, qu'il s'agisse de médicaments prescrits, de médica- 
ments en vente libre ou de drogues illégales. Certains mé- 
dicaments sont réputés dangereux; la plupart sont consi- 
dérés comme potentiellement dangereux. Une femme 
sous médication constante devrait consulter son médecin 
à ce sujet. 

Le tabagisme diminue le poids du bébé à la naissance et 
augmente le risque de naissance prématurée. L'effet dé- 
pend de la quantité de cigarettes fumées. Toutefois, il ne 
sert à rien de donner aux femmes incapables d'arrêter de 
fumer l'impression qu'elles sont déjà de mauvaises mères. 
Il y aura bien d'autres moments où un parent ne sera pas 
en mesure de faire ce qui serait le mieux pour l'enfant. 

Certaines infections virales peuvent endommager le 
foetus, causant des malformations et des déficiences 
mentales. Les deux plus connues sont la rubéole et la 
toxoplasmose. La femme qui a déjà eu la rubéole est im- 
munisée: des anticorps dans son sang la protègent contre 
la maladie. Après la puberté, toute jeune femme qui n'a 
pas eu la maladie devrait recevoir le vaccin ou passer un 
test de sang pour vérifier si elle a développé des anticorps 
contre la rubéole. Sinon, elle devrait être vaccinée et at- 
tendre ensuite 3 mois avant d'essayer de concevoir pour 
éviter que le vaccin lui-même endommage le foetus. Si la 
femme est déjà enceinte et qu'elle n'a pas d'anticorps, elle 
ne devrait pas recevoir le vaccin. Il lui faudra se montrer 
prudente pour ne pas s'exposer à l'infection, surtout pen- 
dant les premiers mois de sa grossesse. Il faudra égale- 
ment pratiquer un test d'anticorps contre la toxoplasmose, 
mais il n'existe aucun vaccin contre cette maladie. La 
toxoplasmose se transmet d'abord par les excréments de 
chat. La femme enceinte qui n'a pas d'anticorps ne devrait 
donc pas avoir de chat. La toxoplasmose peut endomma- 
ger le foetus à n'importe quel moment de la grossesse. 

Les maladies transmises sexuellement peuvent égale- 
ment endommager le foetus. La syphilis cause des malfor- 
mations et la gonorrhée infecte les yeux du bébé pendant 
l'accouchement. La femme devrait passer des tests pour 
chacune de ces maladies avant et pendant la grossesse. 
Si elle a plus d'un amant, elle devrait envisager la possibi- 
lité de modifier ses habitudes sexuelles et demander à son 
partenaire d'en faire autant. 

L'empoisonnement au mercure par des poissons conta- 
minés peut causer des malformations et les foetus atteints 
risquent d'être morts-nés. Les poissons commerciaux 
sont inspectés régulièrement, mais il ne faudrait pas con- 
sommer de poissons péchés dans de petits lacs avant 
d'avoir fait faire des tests de mercure. L'empoisonnement 
au mercure est un problème grave pour les peuples indi- 
gènes d'Amérique du Nord pour qui le poisson est non 
seulement l'aliment de base mais aussi source de reve- 
nus. 

Le lieu de travail peut également être source de dangers 
pour la mère et le foetus. 

L'alimentation 

Le développement du foetus dépend de l'alimentation de 
la mère. Une femme enceinte doit consommer suffisam- 
ment de protéines, de vitamines (surtout celles que l'on 
trouve dans les légumes verts) et de fer. Les végétarien- 
nes ou celles qui ont un régime alimentaire spécial de- 
vraient penser à adapter leur diète à leur grossesse. 



Le dépistage génétique 

Les parents qui connaissent la présence d'une maladie 
génétique dans leur famille devraient consulter un-e con- 
seiller-e en génétique. Certains groupes raciaux sont por- 
teurs de problèmes génétiques qui peuvent être détectés: 
par exemple, l'anémie à cellules falciformes chez les Noirs 
nord-américains, et la maladie de Tay-Sachs chez les 
Juifs d'origine européenne. De même, les femmes de plus 
de 35 ans et celles qui ont déjà eu un enfant atteint du 
syndrome de Down (mongolisme) devraient subir un test 
de dépistage pendant leur grossesse. 



Physiologie de la conception 

La conception ou fertilisation est l'union de l'ovule d'une 
femelle avec le spermatozoïde d'un mâle: l'ovule et le 
spermatozoïde s'unissent pour former un zygote. 

La contribution de l'homme 

A partir de la puberté, l'homme produit continuellement 
des spermatozoïdes. Les spermatozoïdes ressemblent à 
de petits têtards microscopiques avec une grosse tête et 
une longue queue. La tête contient 23 chromosomes 
constitués de plusieurs gènes. En agitant sa queue, le 
spermatozoïde se propulse vers l'ovule. 

Des millions de spermatozoïdes sont produits dans les 
testicules. Ils sont recueillis dans l'épididyme et descen- 
dent le long du canal déférent jusqu'à l'endroit où le canal 
s'élargit, juste avant la prostate. Quelques secondes avant 
que l'homme éjacule, les spermatozoïdes sont mêlés aux 
substances de la prostate et d'autres glandes pour consti- 
tuer le sperme. Pendant l'éjaculation, ce liquide est expul- 
sé de l'urètre. Une éjaculation contient environ 350 mil- 
lions de spermatozoïdes. 

Lorsque les spermatozoïdes sont déposés dans le va- 
gin, leur queue s'agite et les fait avancer rapidement. Mais 
la plupart n'atteignent jamais l'ovule: certains mourront 
dans le vagin à cause de son acidité, certains seront coin- 
cés dans les replis des parois vaginales, d'autres ne réus- 
siront pas à traverser le mucus du col. Une fois dans l'uté- 
rus, certains spermatozoïdes pénètrent dans chacune des 
trompes de Fallope, dont une seule peut contenir un ovule. 
Ils peuvent y survivre environ 48 heures. 

La contribution de la femme 

La femme libère un seul ovule à chaque cycle. L'ovula- 
tion survient environ 1 4 jours avant le moment prévu pour 
ses prochaines menstruations. L'ovule contient environ 
23 chromosomes, formant l'héritage génétique de la mère. 
Il peut survivre environ 24 heures après l'ovulation. 

L'ovule ne peut se déplacer seul: il est aspiré par l'extré- 
mité d'une trompe de Fallope. Les petits poils qui tapissent 
la trompe déplacent l'ovule jusqu'à l'utérus. 

Comme le corps de la femme abritera le foetus jusqu'à la 
naissance, un genre de "nid" est préparé pour l'ovule ferti- 
lisé. La paroi de l'utérus épaissit et ses glandes produi- 
sent des substances importantes pour la nutrition de l'em- 
bryon. 

La fertilisation 

Un spermatozoïde rencontre un ovule mûr dans la trom- 
pe de Fallope et pénètre la membrane de l'ovule, ce qui dé- 
clenche une réaction visant à empêcher la pénétration 
d'un autre spermatozoïde. L'oeuf fertilisé ou zygote des- 
cend le long de la trompe de Fallope jusque dans l'utérus. 
A mesure qu'il se déplace, les chromosomes se combi- 
nent; le zygote a maintenant 46 chromosomes contenant 
le matériel génétique qui déterminera plusieurs caracté- 
ristiques du foetus. 



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Une paire de chromosomes détermine le sexe du foetus. 
L'ovule contient un chromosome X. Le spermatozoïde con- 
tient un chromosome X ou Y. Si un spermatozoïde avec un 
X fertilise l'ovule, le zygote aura deux X et le foetus sera de 
sexe féminin. Si un spermatozoïde avec un Y fertilise 
l'ovule, le zygote aura un chromosome X et Y et le foetus 
sera de sexe masculin. 

Le phénomène des naissances multiples (jumeaux, tri- 
plets) s'explique de plusieurs façons. L'ovaire peut pro- 
duire deux ovules ou même plus. Si ces ovules sont fertili- 
sés, deux foetus ou plus se développeront et il s'agira de 
jumeaux fraternels; leurs chromosomes ne sont pas iden- 
tiques. Les jumeaux sont identiques lorsque la fertilisation 
se produit normalement mais que le zygote se divise pour 
former deux zygotes ou plus. Les jumeaux sont alors de 
même sexe et leur héritage génétique, presque identique. 

L'implantation 

Le zygote se divise en un agglomérat de cellules qui at- 
teindra l'utérus environ 3 jours après la fertilisation. Il flot- 
te dans l'utérus pendant plusieurs jours avant de se fixer à 
la paroi utérine; c'est ce qu'on appelle implantation ou ni- 
dation. .L'endomètre ne se désintègre pas et la femme 
n'est pas menstruée. 

Des substances dans l'endomètre nourrissent l'agglo- 
mérat de cellules qui continuent à se diviser. Certaines 
cellules forment le petit embryon qui deviendra le foetus. 
D'autres constituent le placenta qui approvisionne le foe- 
tus en éléments nutritifs et produit des hormones qui em- 
pêchent la libération d'un autre ovule pendant la grosses- 
se. 



Confirmation de la grossesse 

La femme commence à soupçonner une grossesse lors- 
qu'elle n'a pas ses menstruations. Elle évalue alors les 
probabilités de grossesse. A-t-elle eu une pénétration 
sans condom? Son stérilet est-il encore en place? Etc.) 
Peu de temps après la date prévue pour ses menstrua- 
tions, la femme peut présenter d'autres signes de gros- 
sesse comme la nausée et le gonflement des seins. 

Plus la femme découvre rapidement qu'elle est enceinte, 
mieux elle s'en trouve. Si elle désire poursuivre sa gros- 
sesse, elle peut dès lors commencer les soins prénatals. 
Si elle désire avorter, l'intervention sera d'autant plus sûre 
qu'elle sera précoce. 

La femme qui a des menstruations irrégulières ou qui 
vient tout juste d'arrêter de prendre la pilule doit se méfier 
même sans retard de ses menstruations. Parfois une fem- 
me a de très légers saignements à peu près au moment où 
elle devrait être normalement menstruée. Dans ce cas, s'il 



y a possibilité de grossesse, il faut confirmer ou infirmer 
cette hypothèse par un test de grossesse et un examen 
gynécologique. 

Toute femme qui soupçonne être enceinte sans le dési- 
rer devrait continuer à utiliser une méthode de contrôle 
des naissances jusqu'à ce que sa grossesse soit confir- 
mée. D'autres raisons peuvent expliquer l'absence des rè- 
gles. De nombreuses femmes deviennent enceintes parce 
qu'elles arrêtent d'utiliser leur méthode contraceptive 
croyant l'être déjà. 

L'âge de la grossesse se calcule à partir de la date des 
dernières menstruations et non à partir du moment de 
l'ovulation. Si une femme a un retard de trois semaines et 
qu'elle a des menstruations régulières toutes les quatre 
semaines, elle est enceinte de 7 semaines. 

Les tests de grossesse 

La majorité des tests de grossesse identifient la présen- 
ce de l'hormone gonadotrope-chorionique (HCG), sécré- 
tée par le placenta, dans l'urine. Il faudra attendre 6 se- 
maines après les dernières menstruations pour que sa 
présence puisse être détectée. Des recherches visant à 
améliorer la sensibilité de ces tests permettront de déce- 
ler la grossesse encore plus rapidement. 

Ces tests ne sont pas sûrs à 1 00%. Ils peuvent être po- 
sitifs alors qu'une femme n'est pas enceinte: ces "faux- 
positifs" sont fréquents chez les femmes qui approchent 
la ménopause. Le test peut être négatif alors que la femme 
est enceinte; c'est un "faux négatif". Toute femme qui ob- 
tient un résultat négatif 6 semaines après ses dernières 
menstruations devrait refaire le test une semaine plus 
tard. La première urine du matin fournit des résultats plus 
précis. La bouteille doit être propre, sans trace de savon. 

Les nouveaux tests de grossesse coûtent environ 50 
cents, mais les pharmaciens profitent de l'angoisse des 
femmes et exigent de $3 à $1 pour les faire. Au Québec, 
les tests de grossesse sont gratuits dans plusieurs hôpi- 
taux et cliniques communautaires. 

Récemment, on a mis au point un nouveau test sanguin 
permettant de détecter les grossesses quelques jours 
après la fertilisation, mais il est encore trop dispendieux 
pour être largement répandu et n'est disponible que dans 
les centres de recherche. 

L'examen médical 

Un test de grossesse positif devrait être suivi d'un exa- 
men médical. Cet examen sera également nécessaire pour 
la femme qui n'a pas été menstruée pendant deux cycles, 
même si le test de grossesse reste négatif. 

Le médecin qui examine la femme devrait lui poser les 
questions suivantes: quelle était la date de ses dernières 
menstruations? Étaient-ce des menstruations normales? 



Mikç Kropveld 




Page 19 



Quel était son moyen contraceptif? Utilisait-elle cette mé- 
thode de façon régulière? A-t-elle eu des relations sexuel- 
les depuis ses dernières menstruations? Comment envi- 
sage-t-elle cette grossesse? A-t-elle eu des symptômes 
de grossesse? Ses seins ont-ils coulé? A-t-elle remarqué 
d'autres changements récents dans son état de santé? 

Le médecin examine la femme (voir page 1 4) pour déce- 
ler des signes de grossesse. Chez la femme enceinte, les 
organes génitaux prennent souvent une coloration bleu- 
tée. L'examen bi-manuel se fait avec deux doigts d'une 
main dans le vagin et l'autre main sur le bas de l'abdomen. 
En cas de grossesse, le col est légèrement plus mou que 
d'habitude et l'utérus est gonflé. Le médecin estime l'âge 
de la grossesse par la grosseur de l'utérus. 

S'il ne découvre aucun signe de grossesse, si le test est 
négatif et s'il n'y a aucune raison pour que la femme ne 
soit pas menstruée, le médecin devrait faire une enquête 
plus approfondie tant par des questions que par un exa- 
men médical pour découvrir la raison de l'absence des 
menstruations. Souvent, la cause est évidente: change- 
ments climatiques, stress, perte ou gain de poids rapide. 
Une absence prolongée de règles peut être le signe d'une 
maladie grave. Si on ne peut l'expliquer, la femme devrait 
être référée à un gynécologue. 

Il était autrefois pratique courante de provoquer les 
menstruations en donnant à la femme des pilules de pro- 
gestérone pendant 3 jours. Si elle n'était pas enceinte, ses 
menstruations se déclenchaient généralement quelques 
jours après l'absorption de la dernière pilule. La progesté- 
rone ne provoque pas d'avortement. Ces pilules ne doivent 
pas servir de tests de grossesse, parce qu'elles compor- 
tent un très léger risque de malformation du foetus. 

L'infertilité (la stérilité) 

L'infertilité (ou stérilité) est l'incapacité de concevoir, de 
mener une grossesse à terme ou de la poursuivre suffi- 
samment longtemps pour que le bébé survive à la naissan- 
ce. 

La majorité des couples n'ont pas de problème d'inferti- 
lité. Ce n'est que lorsqu'ils décident d'avoir un enfant et 
que plusieurs tentatives s'avèrent infructueuses que l'idée 
commence à s'imposer. Pour bien des gens, l'infertilité re- 
présente une remise en question de leur féminité ou de 
leur virilité. Ces préjugés les découragent tellement qu'ils 
n'ont pas même recours à une aide médicale. 

L'infertilité peut avoir de nombreuses causes. Certaines 
sont faciles à traiter, d'autres demeurent incurables, mais 
dans la majorité des cas, il y a une possibilité de traite- 
ment. Si une femme n'a pas conçu après 6 mois de vie 
sexuelle active sans contraception, le couple devrait con- 
sulter un médecin. 

L'enquête sur l'infertilité comprend des tests visant à en 
déterminer la cause et à évaluer les chances de réussite 
d'un traitement. Cela peut prendre du temps, de 6 mois à 
un an. Les premiers tests et examens sont simples; ils 
peuvent se compliquer par la suite. Il est important que les 
partenaires discutent entre eux de leurs sentiments, l'un 
ou l'autre risquant de se décourager ou de développer un 
certain ressentiment face au coût, à la durée et aux incon- 
vénients des examens. L'homme et la femme ont droit à 
des explications claires sur chacun des tests et à une éva- 
luation de leurs chances de succès. 

Si le couple envisage une adoption, il faudra commencer 
immédiatement les procédures d'adoption, surtout si les 
parents désirent un bébé ou un jeune enfant. 

Causes générales 

Le manque d'information: De nombreux couples man- 
quent d'information sur les fonctions sexuelles et repro- 
ductrices. Tous les couples qui consultent un médecin 



pour infertilité devraient recevoir des explications claires 
sur la conception. 

La maladie: De nombreuses maladies affectent la fertili- 
té. Lorsqu'on les évite ou qu'on les traite de façon adéqua- 
te, l'infertilité peut être réversible. La malnutrition, l'obési- 
té et le diabète avancé en sont des exemples. 

L'environnement: Les chercheurs émettent l'hypothèse 
que les polluants peuvent causer l'infertilité. Le stress et 
d'autres facteurs psychologiques peuvent également y 
jouer un rôle important mais encore mal connu. 

Les causes de l'infertilité masculine 

L'infertilité masculine est responsable de 30 à 40% des 
cas d'infertilité. 

La qualité et la quantité des spermatozoïdes: Il est pos- 
sible qu'un homme ne produise pas de spermatozoïdes ou 
n'en produise que très peu. Il se peut que les sperma- 
tozoïdes soient incapables de se mouvoir adéquatement; 
si c'est le cas, la cause peut être réversible. Ainsi, la cha- 
leur a un effet négatif sur la production de spermatozoï- 
des; l'homme porte peut-être trop souvent un support 
athlétique trop serré. L'absence de testicules à la nais- 
sance ou suite à une chirurgie serait une cause irréversi- 
ble de stérilité. Des testicules non descendus, soit qu'ils 
n'aient pas été corrigés ou qu'ils l'aient été trop tard, l'in- 
flammation d'un testicule suite à une maladie, les drogues 
et l'alcool sont d'autres causes d'infertilité masculine. 

Blocage du canal: Il est possible que la canalisation 
complexe reliant les testicules au pénis soit bloquée. Ce 
blocage peut être dû à la cicatrisation du tissu suite à une 
injection comme la gonorrhée ou à une intervention chirur- 
gicale. 

Si un seul côté est bloqué, l'homme est encore fertile. 
Certaines maladies ou interventions chirurgicales peuvent 
causer un problème particulier où le sperme est refoulé 
dans la vessie au lieu d'être éjaculé. 

L'évaluation du sperme est un examen fort simple: 
l'homme éjacule dans une bouteille propre et le liquide sé- 
minal est ensuite examiné au microscope. 

Dans certains cas, on peut remédier à l'infertilité mas- 
culine par l'insémination artificielle, c'est-à-dire l'injection 
de sperme très concentré dans l'utérus de la femme. Si la 
procédure échoue, on pourra utiliser le sperme d'un don- 
neur. Le taux de grossesse à partir du sperme d'un don- 
neur est d'environ 70%. 

Causes de l'infertilité féminine 

60% des cas d'infertilité sont attribuables à divers pro- 
blèmes d'ordre gynécologique. 

Absence d'ovulation: il est possible que la femme ovule 
rarement ou pas du tout. Son système hormonal peut être 
déréglé, ce qui est normal juste après la puberté, avant la 
ménopause et pendant l'allaitement, ou encore après une 
grossesse menée à terme ou suite à l'utilisation de la pilu- 
le. Certaines femmes présentent des anomalies ovarien- 
nes, congénitales ou consécutives à une maladie. Généra- 
lement, la femme qui n'ovule pas a des menstruations irré- 
gulières et sans douleur. Pour savoir si elle ovule, elle en- 
registrera la hausse de température qui survient après 
l'ovulation et se maintient jusqu'à ses menstruations. 

Selon la cause de l'absence d'ovulation, la femme peut 
être traitée avec des médicaments pour stimuler l'ovula- 
tion. Le taux de grossesse après stimulation est d'environ 
50% avec un pourcentage de naissances multiples légère- 
ment supérieur à la moyenne. Les fausses-couches ne 
sont alors que légèrement plus fréquentes qu'à l'ordinaire 
et le risque de malformations congénitales n'est pas plus 
grand. 

Obstruction du passage: le passage du sperme peut 
être bloqué n'importe où dans l'appareil reproducteur de la 
femme, de même que le cheminement de l'ovule. Ce bloca- 



Page 20 



ge peut être physique ou chimique. Il se peut que le mucus 
du col soit trop épais ou trop acide pour permettre au 
sperme de passer, que la femme souffre d'une infection 
cervicale ou qu'un des organes reproducteurs soit absent 
ou malformé. L'un des problèmes les plus communs est le 
blocage d'une ou des deux trompes de Fallope, suite à une 
infection ou à une chirurgie; les infections liées à la go- 
norrhée et aux stérilets sont devenues les principales 
causes du blocage des trompes. 

On peut pratiquer un examen des sécrétions cervicales 
peu de temps après une relation sexuelle pour vérifier si 
les spermatozoïdes sont encore vivants et en mouvement. 
Des tests où l'on injecte de l'air ou une teinture dans l'uté- 
rus révéleront toute malformation ou obstruction. Les 
techniques chirurgicales visant à reconstruire les organes 
de production s'améliorent mais à l'heure actuelle, leur 
taux de succès est encore bas. 

Avortement spontané: Entre 1 5% et 20% des grosses- 
ses avortent spontanément. Dans la plupart des cas, la 
femme mènera une autre grossesse à terme sans difficul- 
té. Certaines femmes font des fausses-couches à répéti- 
tion. Cette forme d'infertilité est particulièrement difficile à 
vivre parce qu'elle crée des espoirs toujours déçus. 

Les fausses-couches qui surviennent au début de la 
grossesse peuvent être causées par des anomalies des 
chromosomes chez le foetus, par une insuffisance hormo- 
nale et peut-être par des facteurs extérieurs comme les 
drogues. Les recherches sur les traitements hormonaux 
n'ont connu qu'un succès relatif, notamment à cause des 
effets de ces médicaments sur le foetus. 

La fausse-couche plus tardive peut être due à une "in- 
compétence du col" qui a alors tendance à se dilater trop 
tôt, provoquant l'expulsion du foetus. Le traitement con- 
sistant à coudre le col jusqu'aux derniers mois de la gros- 
sesse a souvent été utilisé avec succès. 



choisir une méthode 




Robert Marquis 



Un homme qui s'intéresse vraiment à sa partenaire dis- 
pose de plusieurs moyens pour l'aider. Il peut parler de 
ses sentiments face à la sexualité, à la contraception et à 
la procréation, essayer de se mettre à la place de la femme 
pour comprendre son choix d'une méthode en particulier 
et voir comment il pourrait l'aider à persévérer. Cette atti- 
tude est aussi importante lors d'une rencontre sexuelle 
brève que pour une relation à long terme. Le simple fait de 
demander à la femme quelle méthode elle utilise a son im- 
portance. Accepter ou proposer l'utilisation des condoms 
pourra s'avérer utile. L'homme peut faire preuve de sa 
bonne volonté en essayant des formes d'expression 
sexuelle autres que la pénétration si la grossesse n'est 
pas désirée. S'il a des objections à l'utilisation de la mé- 
thode qu'elle a choisie, il acceptera de chercher une solu- 
tion avec elle. 



La méthode contraceptive idéale serait une méthode ef- 
ficace à 100%, n'interférant pas dans la vie sexuelle du 
couple, sans effets nocifs, peu coûteuse, facile à obtenir 
et facile à utiliser. Cette méthode n'existe pas. D'ailleurs, il 
semble improbable qu'une seule méthode puisse satisfai- 
re les besoins contraceptifs de toute la population. 

Le choix d'une méthode devrait se faire en toute liberté. 
Les pressions exercées pour favoriser une méthode plutôt 
qu'une autre peuvent être directes ou subtiles. Ainsi, il se 
peut qu'une femme soit "forcée" d'utiliser la pilule, parce 
que son amant n'aime pas les condoms. La désapproba- 
tion de son entourage ou de ses parents peut "forcer" une 
adolescente à ne pas utiliser de méthode. Lorsqu'un gou- 
vernement refuse de payer les avortements, les femmes 
se tournent forcément vers des méthodes contraceptives 
plus efficaces, et cela en dépit des conséquences sur leur 
santé. 

La liberté de ce choix n'est pas seulement une question 
de droits humains individuels. Une méthode contraceptive 
choisie sous la contrainte sera mal utilisée, oubliée et faci- 
lement rejetée. 

Quel est le rôle de l'homme dans le choix d'une méthode 
contraceptive? Ce sont les femmes, et non les hommes, 
qui deviennent enceintes. La plupart des méthodes sont 
incommodantes ou dangereuses pour les femmes et non 
pour les hommes. De nombreuses femmes ont l'impres- 
sion que les hommes n'apprécient pas l'effort physique, 
émotif et social qu'une méthode contraceptive exige 
d'elles. 



L'efficacité 

On mesure l'efficacité d'une méthode contraceptive à 
son taux d'échec: si 100 femmes sexuellement actives 
utilisent certaines méthodes pendant un an, combien 
d'entre elles deviendront enceintes? Par exemple, si 100 
femmes n'utilisent aucune méthode contraceptive pen- 
dant un an, 80 d'entre elles deviendront enceintes. 

Ces calculs peuvent être des pourcentages d'efficacité 
théorique ou pratique, ou encore d'efficacité pratique à 
long terme. Le taux d'efficacité théorique mesure les gros- 
sesses dues à l'échec de la méthode elle-même en pre- 
nant pour acquis qu'elle a été utilisée correctement et de 
façon continue. Le taux d'échec pratique inclut également 
les grossesses causées par l'erreur humaine; par exem- 
ple, lorsque le médecin a prescrit un diaphragme de la 
mauvaise taille, lorsque l'homme ne s'est pas préoccupé 
d'utiliser un condom ou lorsque la femme a oublié de pren- 
dre sa pilule. Le taux d'efficacité pratique à long terme me- 
sure le degré d'adaptation que permet la méthode. Ainsi 
des études semblent indiquer qu'à long terme, le taux d'ef- 
ficacité pratique du diaphragme augmente avec l'usage. 

La femme devrait réfléchir à ce qu'elle ferait si la métho- 
de échouait et si elle devenait enceinte. Si elle prévoit 
avoir un enfant dans un futur immédiat, elle peut avoir l'im- 
pression qu'une différence de quelques mois est sans 
gravité et se sentir à l'aise même si elle utilise une métho- 
de moins efficace. La femme qui ne veut pas d'enfant, ou 
qui n'en veut pas d'autres, pourra choisir la plus efficace 
des méthodes à sa disposition ou encore utiliser une mé- 
thode moins efficace avec l'avortement comme recours. 



Page 21 



La possibilité d'obtenir un avortement influence l'attitu- 
de d'une femme face à l'efficacité de sa méthode. La pos- 
sibilité d'obtenir un avortement sûr et légal est une mesure 
nécessaire pour n'importe quel programme de contrôle 
des naissances. 

Le genre de vie sexuelle 

Les sentiments et les attitudes d'une personne face à sa 
sexualité, ainsi que ses activités sexuelles passées et 
présentes, affectent son choix d'une méthode contracep- 
tive. La femme devrait examiner ses propres attitudes et 
tenir compte des conditions de sa vie sexuelle. Une femme 
raisonnablement satisfaite de sa vie sexuelle (de son ou 
ses partenaires, de la fréquence et de la qualité de ses re- 
lations) essaie de choisir une méthode qui contribuera se- 
lon elle à l'améliorer. 

Les adolescentes qui ne font que commencer à avoir 
des rapports avec une autre personne cherchent souvent 
une méthode qui, comme la pilule, nuit le moins possible à 
leurs explorations. Par contre, elles ont plus facilement 
accès au condom. 

Après une relation qui a duré plusieurs années, la fem- 
me qui change tout à coup de partenaire peut avoir une 
réaction très semblable à celles des adolescentes: elle 
n'aura peut-être pas envie d'utiliser une méthode qui 
pourrait nuire à sa spontanéité sexuelle. 

La femme pour qui des relations sexuelles avec coït 
sont rares pourrait être réticente à prendre une pilule tous 
les jours. Par ailleurs, certaines pressions peuvent l'ame- 
ner à vouloir être "prête" lorsque l'occasion se présente. 

La femme qui a plusieurs partenaires sexuels peut pré- 
férer la protection continue de la pilule ou du stérilet; par 
contre le condom lui offre une certaine protection contre 
les maladies transmises sexuellement. 



La santé 

En choisissant une méthode contraceptive, la femme 
évalue les risques qu'elle est prête à prendre. Pour une 
femme en santé, surtout si elle est jeune, cela semble abs- 



trait: souvent ce sont les effets secondaires les plus bé- 
nins, comme les saignements inter-menstruels, qui l'in- 
quiètent le plus. Les femmes en mauvaise santé ou plus 
âgées se préoccupent davantage, et avec raison, des 
complications dangereuses. 

Pour prendre une décision en matière de contraception, 
la femme doit connaître son état de santé, posséder de 
l'information sur les effets secondaires possibles de 
chaque méthode, et savoir quellesmesures prendre (s'il y 
en a) pour éviter ces effets et minimiser leurs conséquen- 
ces. 

Certaines femmes en santé sont tout de même réticen- 
tes à l'idée de modifier l'état naturel de leur corps. Elles 
préfèrent tolérer les inconvénients des méthodes utilisées 
seulement au cours de la relation sexuelle, comme le con- 
dom, plutôt que d'altérer leur corps par une contraception 
prolongée. 

La grossesse elle-même présente certains risques. 
Dans les pays du Tiers-Monde, les maladies et |a mortalité 
associées à la grossesse et à l'accouchement sont fré- 
quentes. Les promoteurs du contrôle des populations se 
servent de ces arguments pour justifier l'usage de métho- 
des contraceptives dont les taux de risques sont considé- 
rés comme inacceptables dans les pays occidentaux. La 
contraception ne peut remplacer une alimentation décente 
et des soins prénataux adéquats. 

Le contexte social 

Plusieurs aspects de l'environnement personnel et so- 
cial d'une femme peuvent intervenir dans le choix d'une 
méthode contraceptive: attitudes déterminées face à la 
sexualité, à l'enfantement, à la technologie, aux rôles 
sexuels, aux relations, etc.. La femme sera mieux placée 
pour défendre son comportement et ses choix si elle a au 
moins réfléchi à ces attitudes. 

La femme peut s'entendre plus ou moins bien avec son 
partenaire sexuel, les hauts et les bas d'une relation se ré- 
percutant souvent dans le lit. L'homme qui désapprouve le 
fait que son épouse travaille à l'extérieur peut envisager la 
grossesse comme une solution à son problème. 




Page 22 



Les adolescent-e-s doivent faire face à l'attitude de 
leurs parents face à leurs activités sexuelles. 

Leurs camarades exercent souvent de très fortes pres- 
sions. Avoir des condoms dans son portefeuille peut être 
flatteur pour l'égo d'un garçon, alors que la pilule risque 
d'étiqueter la fille comme "facile". Dans d'autres cas, la 
femme qui choisit une méthode autre que la pilule sera 
perçue comme vieux jeu ou même irresponsable. 

La femme peut être victime des préjugés populaires sur 
le "bon" nombre d'enfants à avoir: on critique souvent les 
gens sans enfants et ceux qui en ont beaucoup. 



Les inconvénients des méthodes 

La femme devrait choisir une méthode qu'elle acceptera 
d'utiliser: elle doit être honnête vis-à-vis d'elle-même 
quant à son mode de vie, car chaque méthode présente 
des inconvénients et exige une certaine dose de toléran- 
ce. Souvent, les femmes cessent d'utiliser une méthode 
parce qu'elles n'ont pas été suffisamment informées sur 
ses inconvénients. 

Les femmes qui redoutent les injections ou n'aiment pas 
prendre de pilules peuvent éviter les méthodes hormona- 
les. Celles qui ne veulent pas interrompre leur activité 
sexuelle peuvent éviter le diaphragme et le condom. Une 
femme qui a des horaires irréguliers peut avoir du mal à ne 
pas oublier sa pilule. Une méthode exigeant de la mémoire 
risque de poser des problèmes à une femme qui boit beau- 
coup ou fait usage de drogue. Dans chacun de ces cas, la 
femme peut décider que sa méthode présente suffisam- 
ment d'avantages pour que cela vaille la peine de s'adap- 
ter à ses inconvénients. 

Certaines méthodes provoquent des modifications phy- 
siques; elles sont rarement dangereuses mais peuvent 
être désagréables. La pilule peut causer le grossissement 
des seins et de l'acné, et le stérilet des douleurs mens- 
truelles. Si elles ne s'attendent pas à ces changements, 
certaines femmes peuvent être effrayées et cesser d'utili- 
ser une méthode qu'autrement elles considéreraient com- 
me acceptable. 



La capacité d'utiliser une méthode 

La femme devrait choisir une méthode qu'elle est capa- 
ble d'utiliser; la plupart exigent certaines aptitudes tech- 
niques ou intellectuelles. Certaines femmes ont du mal à 
insérer un diaphragme, d'autres comprennent mal les di- 
rectives d'utilisation de la pilule. En général, des préci- 
sions supplémentaires de la conseillère permettront de 
corriger ces problèmes ou de trouver une méthode plus 
adéquate. Les méthodes contraceptives doivent être 
adaptées aux besoins des handicapé-e-s. 

La majorité des méthodes exigent un certain savoir-fai- 
re. La femme doit chercher et obtenir des services médi- 
caux appropriés et faire preuve de lucidité sur elle-même 
et son mode de vie. C'est souvent elle qui devra aborder le 
sujet de la contraception avec son partenaire sexuel, ce 
qui n'est pas toujours facile, même pour un couple stable; 
dans le cas d'une rencontre occasionnelle, les choses 
peuvent être encore plus compliquées. 

Dans le reste de ce manuel, nous décrirons les métho- 
des disponibles; leur fonctionnement, leur efficacité, leurs 
effets sur le cycle menstruel, sur la sexualité, la santé et la 
fertilité, et la façon de les utiliser. Leur ordre dépend de 
leur façon d'intervenir dans le processus de reproduction: 
modification du comportement sexuel, obstacles méca- 
niques ou chimiques au transport du sperme, méthodes 
continues non reliées à l'acte sexuel, méthodes utilisées 
après la relation sexuelle ou après la conception, et finale- 
ment, les méthodes permanentes. 



les méthodes 
biologiques 



La contraception biologique comprend toute méthode 
qui repose sur l'abstention de coït (pénétration du pénis 
dans le vagin) en période de fertilité. La femme surveille 
les symptômes de fertilité pour déterminer le moment où 
elle devrait éviter le coït. 

Les méthodes biologiques sont les seuls moyens de 
contrôle des naissances permis par l'Église catholique qui 
est pourtant responsable de leur mauvaise réputation: on 
les jugeait peu efficaces et elles exigeaient qu'on leur sa- 
crifie beaucoup de plaisir. Or, lorsque l'information est 
adéquate, les méthodes biologiques peuvent être relative- 
ment efficaces et le fait d'éviter la pénétration durant la 
période de fertilité n'exclut pas le plaisir. 

Leur action 

Les méthodes biologiques reposent sur la séquence des 
événements du cycle menstruel (page 8). Pour prédire la 
période fertile, on doit prendre en considération les fac- 
teurs suivants: 

La période entre les menstruations et l'ovulation varie 
considérablement (de 6 à 20 jours). 

L'ovulation se produit toujours environ 14 jours avant 
les prochaines menstruations. 

La progestérone libérée par le corps jaune après l'ovula- 
tion provoque une élévation mesurable de la température 
basale qui persistera jusqu'aux prochaines menstruations. 

L'ovule peut vivre 24 heures après l'ovulation. 

Les spermatozoïdes peuvent vivre au moins 48 heures. 

Le mucus cervical est rare, épais et opaque lorsque la 
femme n'est pas fertile; il devient abondant, visqueux et 
transparent lorsqu'elle est fertile. 

Comme l'ovulation ne peut pas encore être prédite avec 
précision, on ajoute une marge de sécurité au début et à la 
fin de la période estimée "fertile" ou "dangereuse". 

Quatre méthodes permettent de calculer la période de 
fertilité: la méthode du calendrier, où la femme se sert de 
la durée des cycles antérieurs pour prédire la période fer- 
tile probable, la méthode thermique, où la femme note 
quotidiennement sa température pour détecter l'élévation 
continue après l'ovulation, la méthode du mucus cervical 
(Billings), où la femme examine son mucus pour détecter 
les signes de fertilité, et la méthode sympto-thermique, où 
elle se fie à la fois à l'élévation de la température et aux 
modifications du mucus cervical pour déterminer les limi- 
tes de sa période de fertilité. 

Peu importe comment est fait le calcul, la femme doit 
s'abstenir de coït pendant la période de fertilité. 

Leur efficacité 

L'efficacité théorique mesure avec quelle précision la 
période fertile peut être calculée. La méthode du calen- 
drier, qui mesure les cycles passés plutôt que les cycles 
actuels, est la moins efficace. La méthode du mucus cervi- 
cal n'a pas encore été expérimentée complètement, mais 
elle semble efficace après un entraînement adéquat. 
Théoriquement, la méthode de la température est haute- 
ment efficace pour ce qui est de prédire la fin de la période 
de fertilité. Théoriquement toujours, la méthode sympto- 
thermique est la plus efficace des méthodes biologiques. 

En pratique, cela signifie que si une femme fait preuve 
de discipline dans ses observations, d'exactitude dans 
leur interprétation et qu'elle s'abstient de coït en fonction 
des résultats obtenus, elle peut effectivement éviter la 
grossesse. Si elle relâche ses observations, ou si elle "tri- 
che" en ayant un coït pendant une période fertile, elle 
court le risque d'une grossesse. 



Page 23 



Si une autre méthode, le condom par exemple, est utili- 
sée pendant la période infertile, l'efficacité globale est 
augmentée par la combinaison des deux méthodes. Cette 
autre méthode peut aussi être utilisée pendant la période 
fertile afin de permettre le coït. 

L'allaitement retarde l'ovulation après l'accouchement, 
mais il est impossible de prédire le retour de fertilité. L'effi- 
cacité contraceptive de l'allaitement est modérément éle- 
vée lorsque la mère fournit toute la nourriture du bébé. 
Dès qu'elle commence à utiliser des suppléments alimen- 
taires, le retour de la fertilité est probable, même avant les 
premières menstruations. 

Conséquences sur la sexualité 

Les méthodes biologiques limitent la spontanéité en in- 
terdisant le coït pendant la période fertile. L'abstinence 
imposée pour une raison quelconque peut être utilisée 
pour camoufler des problèmes sexuels ou conjugaux. Les 
méthodes biologiques exigent que l'on s'abstienne de coït 
mais non de caresses, de baisers, de masturbation réci- 
proque, de sexualité orale-génitale et d'orgasme. 

Le matériel décrivant les méthodes biologiques s'adres- 
se aux couples stables. Ces méthodes exigent une maturi- 
té sexuelle considérable de la part d'une femme céliba- 
taire qui a une activité hétérosexuelle sporadique. 

Conséquences sur la fertilité 

Lorsqu'une femme désire concevoir, elle peut utiliser les 
mêmes calculs et faire l'amour au moment où elle est le 
plus fertile. 

L'utilisation 

Les usager-e-s des méthodes biologiques doivent être 
entraîné-e-s à reconnaître les signes de fertilité. Certains 
médecins fournissent cette information: SERENA, par 
exemple, offre des cours où des couples utilisant eux- 
mêmes ces méttiodes entraînent de nouveaux couples. 

La méthode du calendrier: avant d'utiliser cette métho- 
de, la femme note la durée de son cycle pendant au moins 
6 mois. Au cours de cette période, elle utilise un contra- 
ceptif non hormonal, comme le condom. La durée d'un cy- 
cle se calcule ainsi: le premier jour des saignements est le 
jour 1 ; le dernier jour du cycle est le jour qui précède le 
début des prochaines menstruations. 

La femme soustrait 18 de son cycle le' plus court pour 
identifier le premier jour fertile (dangereux) et elle sous- 
trait 1 1 de son cycle le plus long pour identifier le dernier 



La méthode du calendrier 




Longueur du cycle 


premier jour 


longueur du cycle 


dernier jour 


le plus court 


"dangereux" 


le plus long 


"dangereux ' 


21 jours 


3e jour 


21 jours 


10e jour 


22 jours 


4e jour 


22 jours 


1 1e jour 


23 jours 


5e jour 


23 jours 


12e jour 


24 jours 


6e jour 


24 jours 


13e jour 


25 jours 


7e jour 


25 jours 


14e jour 


26 jours 


8e jour 


26 jours 


1 5e jour 


27 jours 


9e jour 


27 jours 


16e jour 


28 jours 


10e jour 


28 jours 


1 7e jour 


29 jours 


1 1e jour 


29 jours 


18e jour 


30 jours 


1 2e jour 


30 jours 


19e jour 


31 jours 


13e jour 


31 jours 


20e jour 


32 jours 


14e jour 


32 jours 


21ejour 


33 jours 


1 5e jour 


33 jours 


22e jour 


34 jours 


1 6e jour 


34 jours 


23e jour 


35 jours 


17e jour 


35 jours 


24e jour 


36 jours 


18e jour 


36 jours 


25e jour 


37 jours 


19e jour 


37 jours 


26e jour 


38 jours 


20e jour 


38 jours 


27e jour 



jour fertile. Elle évite le coït du premier jour au dernier jour 
fertile, inclusivement. 

Elle continue de noter ses cycles sur le calendrier et uti- 
lise le cycle le plus court et le cycle le plus long des 6 der- 
niers cycles pour calculer la période fertile du présent cy- 
cle. 

Les femmes aux cycles irréguliers, celles qui viennent 
d'avorter ou d'accoucher et celles qui allaitent ne de- 
vraient pas utiliser cette méthode. 

La température basale: la femme utilise un thermomètre 
spécial pour prendre sa température tous les matins, im- 
médiatement au réveil, avant toute autre activité (se lever, 
fumer, manger). Elle garde le thermomètre 4 minutes dans 
la bouche ou dans l'anus, et note le résultat sur un tableau 
graphique. Elle note également les jours de menstruations, 
d'activité sexuelle et tout autre facteur pouvant influencer 
sa température. Cette méthode ne peut prédire le moment 
de l'ovulation; elle détecte l'élévation de température 
prouvant que l'ovulation a eu lieu. Le début de la période 
fertile avant l'ovulation est fixé arbitrairement au jour 3 du 
cycle ou calculé avec la méthode du calendrier. 

Lorsqu'une femme ovule, sa température augmente et 
reste élevée. Elle dessine sur le graphique une ligne d'un 



La méthode de la température 



relations sexuelles 
menstruations 
jour du cycle 
date: mars 

37.2 
37.0 
36.8 
36.6 
36.4 

36.2 

36.0 









/s 


• • • 


* • / / 


X XX 


XX 


X X X X 


1 2 3 


4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 


23 24 25 26 27 28 29 30 1 2 3 4 5 6 7 


18 20 


22 24 26 28 30 1 3 S 7 


9 11 13 15 17 19 21 23 










1 






| 






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1 V 


- -4- ^ 






I 




prob 

























Page 24 




degré supérieur à la température la plus élevée enregis- 
trée avant la hausse. Lorsque la température est montée 
trois fois au-dessus de la ligne, la période fertile est termi- 
née. 

La méthode de la température peut être utilisée par une 
femme aux cycles irréguliers mais pas immédiatement 
après un avortement ou un accouchement. 

Le mucus cervical: la femme se sert de ses doigts pour 
examiner le mucus cervical dans l'ouverture du vagin. Il 
n'est pas nécessaire de toucher le col. La femme devrait 
s'abstenir de coït pendant le premier cycle d'observation 
pour pouvoir examiner le mucus cervical sans risquer de 
le confondre avec le sperme ou des contraceptifs (comme 
la mousse). Tous les matins, la femme note: 

(1) la sensation enregistrée à la vulve (sèche, humide ou 
mouillée); 

(2) la couleur des sécrétions (jaunes, blanches, opaques 
ou transparentes); 

(3) leur consistance (épaisse, claire ou visqueuse). 

Le cycle fertile se passe ainsi: plusieurs jours de sai- 
gnements menstruels, quelques jours de sécheresse 
(sauf pour les cycles courts), jours humides puis mouillés, 
suivis de jours secs jusqu'aux prochaines menstruations. 

Le premier signe d'humidité indique le premier jour ferti- 
le. Comme ce changement peut survenir rapidement, le 
coït n'est permis qu'à tous les deux jours pendant les 
menstruations et les jours secs de préovulation. L'ovula- 
tion est indiquée par le dernier jour humide appelé le "pic" 
ou "sommet". Le dernier jour fertile est le 3e jour consécu- 
tif après le "pic". Le coït peut être repris le jour suivant 
jusqu'aux prochaines menstruations. 



La méthode du mucus cervical 



lours secs 



menstruation 




jours secs 



premier jour 
humide 



jour le plus humide 



le coït interrompu 

Le coït interrompu est aussi appelé "le retrait" ou "faire 
attention" et son utilisation est largement répandue bien 
que son efficacité soit discutable. C'est souvent la métho- 
de utilisée lors de la première expérience sexuelle d'une 
jeune femme et lors de certaines rencontres imprévues. 
Avant l'avènement de la contraception moderne, de nom- 
breux couples pratiquaient probablement le coït interrom- 
pu. 

Mode d'action 

Avant d'éjaculer, l'homme retire son pénis du vagin. Si 
aucun spermatozoïde n'est déposé dans le vagin ou près 
de lui, la femme ne peut tomber enceinte. 

Efficacité 

Le retrait n'est pas une méthode contraceptive très effi- 
cace, mais il vaut mieux l'utiliser que rien du tout. Parfois 
les hommes ne se préoccupent pas de se retirer à temps 
et les plus jeunes en particulier ont du mal à contrôler le 
moment de leur éjaculation. 

Même s'il est bien intentionné, l'homme ne peut pas né- 
cessairement contrôler la libération de son sperme. De 
plus, on trouve souvent des spermatozoïdes dans le liqui- 
de sécrété avant l'éjaculation et si ce liquide s'écoule 
avant que l'homme se soit retiré, la femme peut devenir 
enceinte. 

Conséquences sur la sexualité 

L'interruption de la relation sexuelle peut être déplai- 
sante pour les deux partenaires: l'homme ne peut pas se 
détendre parce qu'il doit être prêt à retirer son pénis à 
temps, et si la femme doute que son partenaire soit capa- 
ble ou veuille se retirer à temps, elle ressentira une ten- 
sion compréhensible. 

Les couples ayant une plus grande maturité sexuelle 
pourraient théoriquement adapter leurs comportements 
sexuels à cette méthode et en être satisfaits s'ils ont d'au- 
tres moyens de gratification non coïtale. Malheureuse- 
ment, ce sont souvent les jeunes gens ayant peu d'expé- 
rience sexuelle qui essaient d'utiliser le retrait quand il n'y 
a aucun autre moyen à leur portée. 

L'utilisation 

L'homme doit pouvoir reconnaître son niveau d'excita- 
tion. Lorsqu'il sent qu'il atteint un niveau qui pourrait 
l'amener à l'orgasme, il retire son pénis du vagin et prend 
soin d'éjaculer loin des organes génitaux de la femme. 

Si l'un des partenaires n'est pas rassasié, ils peuvent se 
satisfaire eux-mêmes ou l'un l'autre par la masturbation 
ou par une relation orale-génitale. 

Si on veut répéter la pénétration après que l'homme ait 
éjaculé, il faudra d'abord essuyer soigneusement le pénis 
et surtout le gland. 



le condom 



Le condom (capote, prophylactique, "safe") est une es- 
pèce d'enveloppe qui recouvre le pénis pendant la relation 
sexuelle. Pour l'homme, c'est le seul contraceptif réversi- 
ble largement utilisé. 

Les premiers condoms étaient fabriqués à partir d'intes- 
tins d'animaux; les condoms de viscères sont encore dis- 
ponibles, mais ils sont plus dispendieux et ne présentent 
aucun avantage particulier. Les condoms de caoutchouc 
sont apparus au début du XXe siècle et on en fit bientôt 
une production massive. Les améliorations apportées à la 
production et à la vérification des condoms en font mainte- 
nant une méthode très sûre. 



Page 25 



Le condom convient surtout aux individus dont l'activité 
sexuelle est sporadique, pendant les mois précédant une 
conception prévue, pendant la transition d'une méthode à 
une autre, et après le traitement d'une infection génitale. 
Mode l'action 

Le condom se porte sur le pénis en érection pendant la 
pénétration. Il agit comme une barrière physique évitant la 
pénétration du sperme dans le vagin. 

Efficacité 

Théoriquement, le condom est très efficace. En pra- 
tique, son efficacité peut varier considérablement. Le con- 
dom doit être porté dès qu'il y a la plus légère pénétration 
dans le vagin de la femme, puisque les sécrétions libérées 
par l'urètre au cours de l'excitation sexuelle peuvent con- 
tenir suffisamment de spermatozoïdes pour provoquer la 
grossesse. Le condom doit être utilisé chaque fois que le 
couple a un coït. 

Le lubrifiant de certains condoms contient le même 
spermicide chimique que les mousses et les crèmes. Il est 
possible que ces condoms soient plus efficaces que les 
condoms ordinaires mais ils sont moins sûrs que l'utilisa- 
tion combinée du condom et de la mousse. 

Conséquences sur la sexualité 

Le condom doit être placé sur le pénis de l'homme au 
cours de l'activité sexuelle. Certains hommes et certaines 
femmes déplorent cette interruption alors que d'autres 
trouvent des façons erotiques d'intégrer l'utilisation du 
condom. L'un ou l'autre des partenaire peut choisir le mo- 
ment indiquant ainsi son désir de pénétration. 

Bien des gens se demandent quel est le moment propice 
pour suggérer l'utilisation du condom. Souvent cette réti- 
cence à discuter de contraception reflète la difficulté d'ad- 
mettre franchement qu'on aura une relation sexuelle. Le 
fait de proposer à la fois l'activité sexuelle et la contracep- 
tion est une initiative souvent appréciée, surtout par les 
femmes sur qui repose presque toujours le poids de la 
contraception. 

Conséquences sur la santé 

Bien que ce soit rare, il arrive qu'un ou l'autre des parte- 
naires soit allergique au condom ou au lubrifiant. Le cou- 
ple peut essayer de changer de marque de commerce. 

Les condoms modernes sont très minces et transmet- 
tent bien la chaleur. Les producteurs de condoms ont mis 
au point des modèles colorés ou côtelés, mais il est diffici- 
le de prouver qu'ils améliorent les sensations sexuelles. 
De nombreux hommes jeunes qui ont du mal à retarder 
leur éjaculation trouvent que le condom leur permet de 
profiter d'un rythme sexuel plus lent. Les hommes qui ont 
de la difficulté à garder une érection sont moins enthou- 
siastes. 



Allan Manus 





Certains couples trouvent que le condom est trop sec, 
ils pourront utiliser la salive, une mousse contraceptive ou 
des condoms lubrifiés. N'utilisez pas de vaseline comme 
lubrifiant, parce que la gelée de pétrole endommage le 
caoutchouc. 

Un autre avantage du condom est d'offrir une protection 
contre certaines maladies transmises sexuellement, parti- 
culièrement la gonorrhée, les trichomonas et le candida. Il 
est moins utile contre la syphilis, les verrues vénériennes 
et l'herpès. 

Conséquences sur la fertilité 

Si la femme tombe enceinte après avoir utilisé un con- 
dom, le bébé n'en sera pas affecté. 

L'utilisation 

Les hommes et les femmes peuvent acheter des con- 
doms sans ordonnance dans les pharmacies. 

Il y a peu de différences entre les diverses marques de 
commerce. Tous les condoms ont environ la même taille 
(19cm x 2.5cm). Ils sont secs ou lubrifiés et peuvent être 
conservés au moins 3 ans dans leur emballage, à condi- 
tion de ne pas avoir été exposés à la chaleur. Les con- 
doms transportés dans la poche seront détériorés par la 
chaleur du corps. 

La plupart des condoms sont pré-enroulés. Lorsque le 
condom est déroulé sur le pénis en érection, on doit lais- 
ser un espace d'environ 2 cm à l'extrémité et enlever f'air 
pour laisser place au sperme. Un anneau de latex plus so- 
lide empêche le condom de glisser. Prenez soin de ne pas 
accrocher le condom avec vos ongles ou vos bagues. 

Le condom doit être mis en place avant toute pénétra- 
tion vaginale. Après l'éjaculation, l'homme doit retirer son 
pénis du vagin avant de perdre complètement son érec- 
tion; il doit tenir le condom contre la base du pénis pour 
éviter tout écoulement de sperme. Il faudra utiliser un au- 
tre condom pour tout nouveau coït. 

Si le condom se déchire ou si le sperme s'écoule à 
l'extrémité, la femme devra insérer immédiatement une 
mousse spermicide. Sinon, elle pourra utiliser la pilule du 
lendemain. 



Page 26 



les spermicides vaginaux 

Un spermicide est un produit chimique qui tue ou immo- 
bilise les spermatozoïdes. Historiquement et dans de nom- 
breuses cultures, on mettait toutes sortes de substances 
dans le vagin, comme le jus de citron et le miel, pour éviter 
la grossesse. Ces contraceptifs étaient faciles d'accès 
pour toutes les femmes et raisonnablement efficaces. 

On conseille l'utilisation du spermicide vaginal avec 
d'autres méthodes en période de transition d'une méthode 
à l'autre, et pendant les mois qui précèdent une concep- 
tion planifiée. 

Son action 

Les spermicides agissent sur le métabolisme des sper- 
matozoïdes, en les tuant ou en les immobilisant. L'ingré- 
dient actif de la plupart des spermicides est un produit 
chimique appelé: nonylphenoxypolyethoxy éthanol. Ce 
spermicide est mêlé à une base qui détermine la forme du 
contraceptif: gelée, crème, mousse ou suppositoire. La 
base répand le spermicide dans le vagin. 

Efficacité 

Les spermicides sont testés dans une éprouvette pour 
mesurer leur capacité à tuer les spermatozoïdes. Durant le 
coït, le fait que le spermicide se répande uniformément et 
partout dans le vagin est un facteur important de son effi- 
cacité; c'est pourquoi les contraceptifs en mousse sont 
plus efficaces que les gelées, les crèmes et les supposi- 
toires. 

L'efficacité réelle de la mousse spermicide varie consi- 
dérablement. Pour augmenter cette efficacité, certains 
facteurs sont très importants; il faut avoir la mousse à por- 
tée de la main, secouer vigoureusement le contenant, en 
utiliser une quantité suffisante et s'en servir à chaque coït. 

Conséquences sur la sexualité 

Le spermicide vaginal doit être inséré très peu de temps 
avant la relation sexuelle. Si la femme se concentre sur le 
fait qu'elle devra interrompre son partenaire pour appli- 
quer le spermicide avant la pénétration, il lui sera moins 
facile de se détendre et d'avoir du plaisir. Certains spermi- 
cides restent sur la vulve ou s'écoulent du vagin; cela don- 
ne un goût chimique à la sexualité orale. Certains couples 
utilisent un spermicide comme lubrifiant; d'autres le trou- 
vent trop mouillé. 

Un couple stable a le temps de trouver des solutions à 
ces inconvénients. Lors d'une rencontre occasionnelle, la 
femme doit parler à son partenaire de sa méthode contra- 
ceptive et l'intégrer à l'expérience sexuelle (avec ou sans 
sa collaboration). 



Allan Manus 









L'insertion de la mousse 



Conséquences sur la santé 

Les spermicides vaginaux ne causent aucun effet se- 
condaire grave. Il arrive que l'un des partenaires soit aller- 
gique au spermicide, mais le fait de changer de marque rè- 
gle généralement le problème. 

Les spermicides peuvent avoir un effet sur les bactéries 
aussi bien que sur le sperme; les chercheurs essaient de 
mettre au point un spermicide prévenant aussi les mala- 
dies transmises sexuellement. 

i 

Conséquences sur la fertilité 

Si une femme devient enceinte pendant qu'elle utilise un 
spermicide, le bébé ne sera pas affecté. Lorsque la femme 
veut devenir enceinte, elle cesse d'utiliser la mousse. 

L'utilisation 

On peut acheter de la mousse dans les pharmacies. 
Procurez-vous-en deux contenants parce qu'il est difficile 
de prévoir le moment où la bouteille sera vide. La mousse 
se vend avec ou sans applicateur et le même applicateur 
peut servir à plusieurs reprises. Procurez-vous-en deux 
au cas où vous perdriez ou briseriez le premier. Les appli- 
cateurs pré-remplis sont dispendieux pour un usage cou- 
rant mais peuvent s'avérer pratiques dans certaines cir- 
constances. 

Il y a peu de différences entre les marques de commer- 
ce. Parmi les marques vendues au Québec, on trouve: Be- 
cause, Dalkon, Delfen, Emko, et Pré-Fil. 

La mousse est insérée le moins longtemps possible 
avant la pénétration. Remplissez l'applicateur avant de 
vous en servir. Agitez bien la bouteille de mousse et ap- 
puyez l'applicateur sur le gicleur; la mousse entrera dans 
l'applicateur en repoussant le tube pousseur (certaines 
marques fonctionnent différemment). Insérez l'applicateur 
dans le vagin, aussi loin que possible ou jusqu'à ce que 
vous sentiez le col, tirez l'applicateur d'un centimètre et 
appuyez sur le tube pousseur pour libérer la mousse. Reti- 
rez l'applicateur. Si l'applicateur contient moins de 10 ce 
de mousse, une deuxième application sera nécessaire. 
Puis, si possible, déposez-le dans un verre d'eau. 



Page 27 



S'il s'écoule plus d'une demi-heure entre l'insertion de 
la mousse et la pénétration vaginale, il faudra en remettre. 
Une application supplémentaire de mousse est nécessai- 
re pour chaque coït. Si la femme veut se donner une dou- 
che vaginale, il faudra attendre au moins 6 heures après le 
dernier coït. 

L'applicateur doit être lavé dans l'eau savonneuse avant 
de servir à nouveau. Si la mousse a séché sur l'applica- 
teur, laissez-le d'abord tremper. Il ne faut jamais le faire 
bouillir. 



le diaphragme et la gelée 



Le diaphragme est un dôme en caoutchouc que l'on por- 
te dans le vagin pendant la relation sexuelle. Il s'utilise 
avec une crème ou une gelée qui tue les spermatozoïdes. 
Le diaphragme exige une ordonnance médicale. 

Des annales des civilisations anciennes nous prouvent 
que des contraceptifs vaginaux similaires à des éponges 
étaient alors utilisés avec du miel, des huiles ou des her- 
bes. Le diaphragme moderne a été mis au point vers la fin 
du XIXe siècle et largement utilisé par les classes domi- 
nantes en Europe. Alors qu'il semblait avoir été éclipsé par 
des méthodes plus récentes, le diaphragme a été remis à 
la mode par des groupes de femmes qui appréciaient le 
fait qu'il ne soit pas nuisible à la santé. 

Mode d'action 

Le diaphragme recouvre le col et retient la gelée en pla- 
ce sur l'ouverture du col pendant et après la relation. Les 
spermatozoïdes sont tués ou immobilisés avant de pouvoir 
pénétrer dans l'utérus. 

Efficacité 

Le taux d'efficacité théorique du diaphragme est très 
élevé, mais en pratique son efficacité varie considérable- 
ment. Le diaphragme doit être bien ajusté et assez grand 
pour permettre l'expansion du vagin pendant l'excitation 
sexuelle. Il doit être placé correctement à chaque fois et 
toujours accompagné d'une gelée spermicide. On doit ra- 
jouter du spermicide à chaque nouveau coït. 

Conséquences sur le cycle menstruel 

Le diaphragme peut être utilisé pendant les menstrua- 
tions, soit pour son action contraceptive, soit pour éviter 
les taches de sang pendant la relation sexuelle. 

Conséquences sur la sexualité 

Le diaphragme doit être inséré avant toute pénétration 
vaginale et son utilisation doit devenir partie intégrante du 
comportement sexuel de la femme. Elle doit réfléchir 
d'avance, prévoir si elle en aura besoin, et être assez sûre 
d'elle pour interrompre un jeu sexuel inattendu et insérer 
le diaphragme. Elle peut être déçue si elle a inséré son 
diaphragme et qu'elle n'a pas fait l'amour. 

Certaines femmes apprennent à leur amant à installer 
leur diaphragme et/ou à vérifier s'il est bien en place. 
D'autres achètent des condoms et utilisent les deux mé- 
thodes en alternance. 

La gelée spermicide a mauvais goût. Or, pendant l'inser- 
tion, un peu de gelée reste sur les lèvres vaginales; certai- 
nes femmes insèrent le diaphragme dans la salle de bain 
où elles peuvent ensuite se laver. Un linge humide près du 
lit peut remplir la même fonction. 



Le déplacement du diaphragme risque d'être plus fré- 
quent dans les positions coïtales où la femme est sur le 
dessus, ou encore quand le pénis est retiré et glissé à ré- 
pétition. 

Conséquences sur la santé 

Bien que ce soit rare, certaines personnes sont aller- 
giques au caoutchouc ou à certaines sortes de spermi- 
cides. 

Si le diaphragme est trop grand, il peut appuyer sur 
l'urètre, être inconfortable et même causer une rétention 
urinaire. 

Si elle oublie un diaphragme dans son vagin, la femme 
remarquera une odeur nauséabonde, des pertes abondan- 
tes, une douleur dans le bas du dos et un inconfort général 
dans la région pelvienne. Le retrait du diaphragme lui pro- 
curera un grand soulagement. Elle pourra ensuite se faire 
une douche vaginale si elle le désire. Elle devrait faire 
tremper le diaphragme dans l'alcool. 

Nous ne savons pas si le diaphragme protège la femme 
contre les inflammations du col. 

Conséquences sur la fertilité 

Si la femme devient enceinte alors qu'elle utilise le dia- 
phragme, le foetus n'en sera pas affecté. Quand elle dé- 
sire une grossesse, elle cesse d'utiliser le diaphragme. 

L'ajustement du diaphragme 

La femme doit faire ajuster son diaphragme mais de 
nombreux médecins n'ont ni l'expérience ni le minimum 
d'équipement nécessaire pour le faire. Pour éviter de per- 
dre votre temps, ou de risquer un mauvais ajustement, 
téléphonez d'abord et demandez si le médecin ajuste les 
diaphragmes. 

La conseillère en contrôle des naissances explique la 
méthode du diaphragme. On interroge la femme pour s'as- 
surer qu'aucun problème, comme une descente d'utérus, 
ne nuira à l'ajustement du diaphragme. Tout problème de 
ce genre doit être pris en note et confirmé par un examen 
vaginal avant de décider si une femme peut ou ne peut pas 
utiliser le diaphragme. 

L'examen gynécologique permet une évaluation de 
l'anatomie pelvienne de la femme; position de l'utérus et 
du col, profondeur de l'angle derrière l'os pubien et tonus 
musculaire du vagin. La conseillère demande à la femme 
de s'examiner elle-même et lui explique ce qu'elle décou- 
vre. Elle doit être sûre de pouvoir reconnaître le col. 

Toute modification importante de l'anatomie pelvienne 
est une contre-indication à l'usage du diaphragme. Si 
l'anomalie n'est pas trop grave, la femme pourra vérifier si 
un bon ajustement est possible. 

La conseillère évalue la profondeur du vagin en insérant 
deux doigts aussi loin que possible dans le vagin de la 
femme et en notant l'endroit où l'os pubien rencontre les 
doigts. Elle mesure cette distance à l'aide d'une règle ou la 
compare directement avec les anneaux d'ajustage. Ces 
derniers ont un diamètre variable, commençant à 55 mm 
et augmentant de 5 mm jusqu'au plus gros, dont le diamè- 
tre est d'environ 1 00 mm (1 cm). 

La conseillère essaie l'anneau d'ajustage qui corres- 
pond aux mesures obtenues. L'anneau est comprimé et in- 
séré dans le vagin. L'avant de la bordure doit être appuyé 
sur l'os du pubis et l'arrière de la bordure doit passer par- 
dessus le col. L'anneau est retiré et on insère un autre an- 
neau plus grand. L'ajustement est encore vérifié. On de- 
mande à la femme de tousser et de forcer. On choisira le 
plus grand qui s'avère confortable sans glisser. 

La femme s'examine elle-même, alors que l'anneau est 
mis en place. Elle le retire en accrochant de son doigt la 
bordure de l'avant et en tirant dessus. Elle réinsère elle- 
même l'anneau; elle le comprime d'une main, sépare les 



Page 28 




Allan Manus 



lèvres vaginales de l'autre et le glisse dans son vagin. Elle 
vérifie s'il est bien en place en palpant son col. La conseil- 
lère l'examine pour vérifier si la position est correcte. 

La femme pourra trouver plus facile d'insérer le dia- 
phragme lorsqu'elle est accroupie ou debout, un pied sur 
une chaise. Elle enlève l'anneau et le réinsère plusieurs 
fois jusqu'à ce qu'elle soit sûre de pouvoir le faire correc- 
tement. 

Si la femme a du mal à installer son diaphragme, elle 
peut essayer d'utiliser un applicateur en plastique, en for- 
me de crochet. 

Le diaphragme se replie sur l'applicateur et la femme in- 
sère l'applicateur en direction du col. Le diaphragme est li- 
béré en tournant l'instrument que l'on retire ensuite. 

Pendant l'ajustement, la femme et la conseillère mettent 
leurs doigts dans le vagin de la femme à plusieurs repri- 
ses. Si celle-ci est détendue, l'ajustement sera plus pré- 
cis. Elle devrait porter l'anneau 10 minutes, puis être 
réexaminée. 

Une fois la taille du diaphragme déterminée, la conseil- 
lère proposera la sorte de diaphragme qui convient le 
mieux. Il y a 3 types de diaphragme que vous ne trouverez 
pas offerts dans toutes les pharmacies. Peu de recher- 
ches se sont attardées à comparer les différents types. Le 
diaphragme à ressort en spirale est prescrit aux femmes 
dont le tonus vaginal est fort et qui ne présentent aucune 
anomalie anatomique. Le diaphragme à ressort plat est 
prescrit aux femmes dont l'arche du pubis est peu profon- 
de, qui ont une légère descente de la vessie ou du rectum, 
ou dont l'utérus est renversé vers l'avant. Le diaphragme à 
ressort arqué est prescrit aux femmes ayant un faible 



tonus vaginal, une légère descente des organes génitaux 
ou des positions extrêmes de l'utérus (antéversion ou ré- 
troversion). 

La femme reçoit une ordonnance pour un diaphragme. 
Elle l'achète, l'essaye, mais ne s'y fie pas encore comme 
méthode contraceptive. Elle retourne une semaine plus 
tard chez le médecin, son diaphragme en place, et on véri- 
fie encore son ajustement et sa position. 

Certaines cliniques vendent des diaphragmes. La fem- 
me essaye immédiatement le diaphragme et apprend à ap- 
pliquer la gelée, environ une cuillerée à table de gelée à 
l'intérieur du diaphragme et sur sa bordure. Elle vérifie si 
le diaphragme recouvre son col. Si elle est sûre de pouvoir 
l'insérer, elle peut commencer à l'utiliser comme méthode 
contraceptive. On lui vend également un applicateur pour 
la gelée ou la mousse. 

A l'achat du diaphragme, on fournit un petit tube de ge- 
lée spermicide. Par la suite, la femme ne rachètera que la 
gelée. 

Utilisation 

Le diaphragme est toujours utilisé avec une gelée ou 
une crème spermicide. On répand une cuillère à table de 
spermicide dans la partie creuse du diaphragme et sur la 
bordure. Ces spermicides sont efficaces pendant 6 à 8 
heures. Il ne faut pas insérer le diaphragme plusieurs heu- 
res avant le coït. Si le délai dépasse 2 heures, il faut retirer 
le diaphragme et rajouter de la gelée. 

La femme insère le diaphragme comme elle l'a fait avec 
l'anneau, dans la position qu'elle préfère. Elle le comprime 
d'une main, ouvre ses lèvres vaginales de l'autre et glisse 
le diaphragme dans le vagin, puis vérifie avec un doigt 
dans son vagin si le col est recouvert. 

Pour que la gelée tue tous les spermatozoïdes, le dia- 
phragme doit rester en place 6 heures après le coït. Si la 
femme a un autre coït pendant cette période, elle doit gar- 
der le diaphragme et rajouter le contenu d'un applicateur 
de mousse. Le diaphragme devra rester en place au moins 
6 heures après le dernier coït. Il faut éviter la douche vagi- 
nale pendant cet intervalle. 

Si le diaphragme est bien placé, ni l'un ni l'autre des par- 
tenaires ne devrait être dérangé par sa présence pendant 
la relation sexuelle. 

Le diaphragme ne limite pas les activités de la femme. Si 
elle a des selles, elle doit vérifier la position du dia- 
phragme. 

Lorsqu'on le retire, on doit le laver à l'eau et au savon 
doux, l'assécher complètement, le poudrer avec de la fé- 
cule de maïs et le ranger dans son étui. Il ne faut pas utili- 
ser de talc qui pourrait endommager le caoutchouc. Avant 





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Insertion du diaphragme 



Le diaphragme eh place 



Page 29 



de le réutiliser, il faut vérifier si le diaphragme n'est pas 
craquelé ou percé, en le regardant à la lumière ou en Je 
remplissant d'eau. 

La femme devrait faire vérifier l'ajustement de son dia- 
phragme suite à un accouchement, à une intervention chi- 
rurgicale abdominale majeure, et à un gain ou une perte de 
poids de plus de 10 à 15 livres (5 à 8 kilos). L'ajustement 
peut être vérifié lors de l'examen annuel. 



la cape cervicale 

Suite à leur désenchantement face à la Pilule et au DIU, 
les femmes se sont mises à la recherche de méthodes 
plus douces' et ont ainsi redécouvert la cape cervicale. 
Cette méthode, utilisée par les Européennes au début du 
siècle, a été remise en circulation principalement par les 
centres de santé de femmes qui ont importé la cape cervi- 
cale en Amérique du Nord. 

Pour l'instant, à cause de problèmes d'ajustement, la 
cape cervicale ne convient pas à toutes les femmes. Cer- 
taines améliorations, comme l'ajustement personnalisé 
(procédure similaire à l'ajustement des prothèses den- 
taires) devraient faire de la cape cervicale un choix plus 
réaliste dans un proche avenir. 

Mode d'action 

La cape cervicale est un dispositif de caoutchouc qui 
s'ajuste étroitement au col et est maintenu en place par 
succion; elle bloque le passage du sperme dans le canal 
cervical et empêche ainsi la conception. 

Il existe une controverse quant à savoir si l'utilisation de 
crème spermicide est nécessaire avec la cape cervicale. 
La cape peut être portée plusieurs jours, et donc plus 
longtemps que la durée présumée de l'effet spermicide de 
la plupart des crèmes. Présentement, on utilise les sper- 
micides au cas où la cape glisserait du col. 

Efficacité 

Théoriquement, la cape cervicale est une méthode très 
efficace. En pratique, plusieurs échecs sont dus à 
l'inexpérience du personnel médical qui pratique l'ajuste- 
ment et des femmes qui utilisent la cape. Il est extrême- 
ment important que celle-ci soit bien ajustée et exerce une 
forte succion sur le col. Malheureusement, certaines fem- 
mes ne peuvent obtenir cet ajustement adéquat. 

Certaines femmes ont plus de facilité que d'autres à in- 
sérer la cape. L'efficacité de cette méthode sera accrue si 
la femme s'exerce plusieurs fois à installer le dispositif 
avant de s'y fier pour la contraception. 

Effet sur le cycle menstruel 

Les capes que l'on trouve actuellement sur le marché ne 
peuvent être utilisées pendant les menstruations parce 
que l'écoulement du sang nuit à la succion. On tente ac- 
tuellement de concevoir des capes munies de valves qui 
pourraient être laissées en place pendant les menstrua- 
tions et que l'on pourrait donc porter pendant des mois 
sans interruption. 

Conséquences sur la sexualité 

La cape cervicale intervient moins dans les activités 
sexuelles que le diaphragme ou le condom puisqu'elle 
peut être insérée plusieurs heures et même plusieurs 
jours avant la relation sexuelle. Comme elle nécessite très 
peu de spermicides, les écoulements de crème sont moin- 
dres et découragent moins la sexualité orale. 

Selon certaines études, des femmes qui avaient porté la 
cape pendant plusieurs semaines se seraient plaintes 
d'une odeur déplaisante mais cela peut dépendre de la 
marque de spermicide plutôt que de la cape elle-même. 

Les partenaires mâles sentent parfois la cape pendant 
le coït. 



Le degré de confiance que la femme accorde à cette 
méthode influe souvent sur sa capacité à se détendre et à 
avoir du plaisir pendant la relation sexuelle. 

Conséquences sur la santé 

La cape cervicale n'a aucun effet secondaire connu. On 
ne sait pas encore si le port de la cape cervicale, et parti- 
culièrement sur de longues périodes, pourrait endomma- 
ger le col ou le rendre plus vulnérable au cancer; cepen- 
dant, jusqu'ici rien n'indique que ce soit le cas. 

La cape ne cause ni infections vaginales ni infections 
urinaires. Elle peut offrir une certaine protection contre 
quelques maladies transmissibles sexuellement, comme 
la gonorrhée, par exemple. 

Conséquences sur la fertilité 

En cas d'échec, le foetus n'est pas affecté par l'utilisa- 
tion de la cape cervicale. Les femmes qui désirent devenir 
enceintes n'ont qu'à cesser d'utiliser cette méthode. 




Judith Crawley 



Ajustement de la cape 

Plusieurs groupes de femmes possèdent la liste des cli- 
niques qui font l'ajustement des capes cervicales. La des- 
cription qui suit n'est qu'un résumé de la procédure et ne 
peut remplacer un enseignement personnalisé dispensé 
pendant l'ajustement. 

La femme discute d'abord de ses besoins contraceptifs 
avec le/la médecin. Pendant l'examen, le/la médecin véri- 
fie s'il n'y a aucune contre-indication à l'utilisation de la 
cape; col très court ou très long, malformations consécu- 
tives à un accouchement, à une intervention chirurgicale 
ou à un problème congénital, kystes sur le bord du col, in- 
fection, etc. Certains de ces problèmes, comme l'infection, 
sont temporaires; cependant, une femme qui a déjà souf- 
fert du syndrome du choc toxique ne devrait probablement 
pas utiliser la cape. Plusieurs groupes de femmes conseil- 
lent aux utilisatrices de la cape de procéder régulièrement 
à des auto-examen du col; la femme apprendra à insérer 
un spéculum et à déceler les problèmes qui risqueraient 
de nuire à l'efficacité de la cape. 

Il existe trois sortes de capes. La plus communément 
utilisée, la cape Prentiff, a la forme d'un dé et s'ajuste 
étroitement sur le col. Son anneau est épais et rigide mais 
le dôme profond est mince et souple; elle est disponible en 
quatre formats. La cape Dumas est plus large mais son 
dôme est moins profond; elle recouvre le col et une partie 
de la paroi vaginale. Elle convient particulièrement aux 
femmes dont le col est court et/ou le tonus vaginal faible. 
On la trouve en trois formats. La cape Vimule a un dôme 
profond comme celui de la Prentiff et son anneau est large 
comme celui de la Dumas. Elle s'avère utile aux femmes 
dont le col est très long et existe en trois formats. 

On essaie successivement plusieurs marques et plu- 
sieurs formats jusqu'à ce que l'on trouve le meilleur ajus- 
tement possible, c'est-à-dire que le col soit entièrement 
recouvert, qu'il n'y ait aucun espace entre l'intérieur de 



Page 30 



l'anneau et le col, que la succion empêche la cape de glis- 
ser même si on la tire doucement, que le dôme puisse être 
pressé sans pincer le col et qu'il se trouve en tace de l'ou- 
verture vaginale. 

La femme se familiarise avec la position de son col et 
s'exerce à installer la cape. Le médecin vérifie l'ajuste- 
ment et lui montre comment obtenir le meilleur résultat 
possible. Elle apprend ensuite à retirer la cape. 

On conseille à la femme de s'exercer chez elle à instal- 
ler la cape et d'utiliser une autre méthode les dix premiè- 
res fois qu'elle se sert de la cape. 

Il faut vérifier l'ajustement après un accouchement, un 
avortement ou une intervention chirurgicale affectant le 
col. 

Utilisation 

La cape doit être installée au moins une demi-heure 
avant le coït pour permettre une succion adéquate. Rem- 
plissez le dôme environ au tiers de crème ou de gelée 
spermicide; évitez soigneusement d'en mettre sur l'inté- 
rieur de l'anneau parce que cela risquerait de nuire à la 
succion. Vous pouvez en mettre un peu sur l'extérieur du 
dôme pour le lubrifier. 

Installez-vous dans une position confortable. D'une 
main, séparez les lèvres du vagin et de l'autre, pressez 
l'anneau de la cape et insérez-la, en faisant pénétrer l'an- 
neau en premier, aussi loin que possible au fond du vagin; 
elle devrait glisser toute seule sur le col. Passez votre 
doigt autour de l'anneau pour vous assurer que le col est 
bien recouvert. Tirez doucement pour vérifier la succion 
puis repoussez la cape. Si elle n'est pas dans la bonne po- 
sition, essayez de la pousser sur le col ou retirez-la et re- 
commencez l'opération. 








Pour enlever la cape, glissez un doigt sous l'anneau 
pour relâcher la succion et tirez. Lavez la cape avec de 
l'eau et un savon doux; une brosse à dents douce peut 
vous aider à nettoyer les sécrétions. Examinez votre cape 
pour vous assurer qu'elle n'est ni trouée ni fissurée. Sé- 
chez-la bien et poudrez-la légèrement avec de la fécule de 
maïs. 



L'éponge vaginale 

Le concept de l'éponge vaginale est séduisant par sa 
simplicité. Le texte qui suit traite spécifiquement de la 
marque "Today", un produit mis en marché récemment par 
la firme V.L.I. de Californie. 

Mode d'action 

"Today" est une éponge de polyuréthane en forme de 
coupe, saturée d'un spermicide très concentré, le nonoxy- 
nol 9. L'éponge a un effet chimique, grâce au spermicide 
dont elle est imbibée, et agit également comme une barriè- 
re mécanique au sperme qu'elle empêche d'atteindre le 
col. 

Efficacité 

Initialement, l'éponge a été conçue pour rester efficace 
deux jours après avoir été insérée ("2 day"); cependant, 
même dans les premières vingt-quatre heures, son effica- 
cité est moindre que celle du diaphragme. 

Conséquences sur la sexualité 

Le principal avantage de l'éponge est de n'intervenir en 
rien dans les relations sexuelles. On peut l'insérer plu- 
sieurs heures d'avance et elle n'est pas salissante comme 
la plupart des spermicides chimiques. Elle s'ajuste à tous 
les cols et n'exige donc pas de consultations médicales. 

Conséquences sur la santé 

Certaines personnes sont allergiques au spermicide. 
Certaines femmes ont souffert d'une recrudescence d'in- 
fections vaginales pendant qu'elles utilisaient cette mé- 
thode contraceptive; d'autres se sont plaintes de ce que 
l'éponge s'émiettait dans le vagin et qu'elle était difficile à 
retirer. Les femmes qui ont déjà souffert du syndrome du 
choc toxique (page 9) ne devraient probablement pas utili- 
ser cette méthode. 

Utilisation 

On mouille l'éponge avec de l'eau et on l'introduit pro- 
fondément dans le vagin. Vérifiez avec votre doigt si elle 
recouvre bien le col. L'éponge doit rester en place au 
moins huit heures après le coït; vous pouvez la porter 
vingt-quatre heures si vous le désirez. Pour l'enlever, glis- 
sez un doigt sous la boucle élastique conçue à cet effet et 
tirez doucement. 



Après le coït, vérifiez si la cape est toujours en place; si- 
non, réplacez-la et ajoutez le contenu d'un applicateur de 
crème ou de gelée (évitez les mousses ou les suppositoi- 
res: ils contiennent des produits chimiques qui pourraient 
endommager la cape). Laissez toujours la cape en place 
pendant au moins huit heures après le coït. Certaines fem- 
mes ajoutent du spermicide s'il y a un autre coït. 

On ne sait pas exactement combien de temps la cape 
peut être laissée en place tant d'un point de vue contra- 
ceptif que sanitaire. Discutez-en avec votre médecin. 



Les suppositoires Pharmatex 

Ce contraceptif vaginal, composé de chlorure de 
benzalkonium, a fait l'objet d'une énorme campagne de 
publicité lors de sa mise en marché mais il n'est proba- 
blement pas plus efficace que les autres spermicides 
vaginaux. Son efficacité diminue si du savon entre en 
contact avec le produit chimique; il est donc recom- 
mandé de se contenter d'eau claire si on se lave une 
heure avant le coït ou dans les deux heures qui suivent. 



Page 31 



le stérilet (ou dispositif 
intra-utérin) 



Un stérilet est un dispositif placé dans l'utérus pour évi- 
ter la grossesse. À travers l'histoire, les nomades ont tou- 
jours mis des pierres dans l'utérus des chamelles pour 
éviter la grossesse lors de périples dans le désert. Les an- 
nales prouvent que l'utilisation de cette technique remonte 
à Hippocrate, mais les recherches modernes n'ont débuté 
qu'au XXe siècle. Les premiers stérilets étaient fabriqués 
à partir de matériaux allant des viscères de ver à soie au fil 
d'argent. Les dispositifs de plastique ont été mis sur le 
marché vers la fin des années 50. Vers la fin des années 
60, on a ajouté du cuivre à certains stérilets, et les années 
70 nous ont apporté des stérilets dégageant de la proges- 
térone. 

Le stérilet diffère des autres méthodes réversibles par le 
manque de contrôle que la femme a sur son utilisation. Elle 
doit avoir recours à des services médicaux pour obtenir un 
stérilet et pour le faire enlever. 

Le stérilet est distribué très largement dans les pays du 
Tiers-Monde. Les agences internationales responsables 
de cette distribution se préoccupent plus de contrôler la 
population que de respecter ses besoins culturels, écono- 
miques et sanitaires. Dans les cultures où les femmes 
menstruées sont mises à l'écart, les menstruations lon- 
gues et régulières associées au stérilet peuvent avoir des 
conséquences majeures. De plus, des primes d'une jour- 
née de salaire accordées à celles qui acceptaient l'instal- 
lation d'un stérilet ont poussé de nombreuses femmes 
pauvres à l'enlever elles-mêmes et à retourner dans une 
autre clinique pour obtenir une autre insertion payée. Il se- 
rait difficile de prétendre qu'il s'agit là d'un contrôle des 
naissances volontaire. Les femmes doivent se méfier des 
méthodes qu'elles ne contrôlent pas elles-mêmes. 

Mode d'action 

Nous ne savons pas comment le stérilet empêche la 
grossesse. Toutefois, nous pouvons dire que le stérilet 
provoque une inflammation de l'endomètre (paroi utérine) 
qui empêche peut-être l'implantation de l'ovule fertilisé. 
L'inflammation peut faire en sorte que les globules blancs 
du sang attaquent les spermatozoïdes ou l'ovule fertilisé. 
Le stérilet accélère le mouvement de l'ovule dans la trom- 
pe de Fallope; l'ovule ne serait alors pas assez mature 
pour être fertilisé par le spermatozoïde. Finalement, le sté- 
rilet a une action sur certains produits chimiques de l'en- 
domètre, produits nécessaires à l'implantation. 

Le stérilet n'empêche pas l'ovulation. Par conséquent, il 
n'empêche pas toujours la conception. 

La taille d'un stérilet détermine son efficacité: plus il est 
gros, plus il est efficace. Mais plus il est gros, plus il risque 
de provoquer des complications; le stérilet idéal doit être 
assez gros pour être efficace, mais assez petit pour être 
toléré. 

Nous ne savons pas pourquoi le cuivre évite la grosses- 
se. L'action contraceptive du cuivre permet l'utilisation 
d'un stérilet plus petit, sans diminution d'efficacité. 

La progestérone altère le mucus du col, empêchant le 
sperme d'entrer dans l'utérus. Toutefois, le principal avan- 
tage des stérilets à progestérone est la diminution des sai- 
gnements. 




Efficacité 

Théoriquement, tous les stérilets sont efficaces à plus 
de 95%, à quelques différences près. En pratique, leur 
taux d'efficacité est légèrement inférieur parce qu'il inclut 
les femmes qui font retirer leur stérilet suite à des compli- 
cations et qui n'adoptent pas d'autres méthodes. Le stéri- 
let est plus efficace chez les femmes plus âgées et chez 
les femmes qui ont été enceintes. La compétence du tech- 
nicien qui installe le stérilet influence également son effi- 
cacité. 

Une fois inséré, le stérilet est immédiatement efficace. 

Conséquences sur le cycle menstruel 

Le stérilet peut provoquer des menstruations plus lon- 
gues et plus abondantes, du moins pendant les premiers 
cycles suivant l'insertion. Si les saignements sont extrê- 
mement abondants, s'ils persistent et s'accompagnent de 
douleurs, il est possible que le stérilet soit trop gros ou mal 
placé. Il faudra alors l'enlever pour en insérer un deuxième 
sur le champ ou lors des prochaines menstruations. Si les 
saignements ont été très abondants, la femme devrait pas- 
ser un test d'anémie. 

Le stérilet augmente souvent les douleurs menstruelles, 
surtout pendant les premiers cycles; un coussin chauffant 
et un léger analgésique suffisent généralement à procurer 
un soulagement. Si la douleur est intolérable ou si elle ap- 
paraît entre les menstruations, il faudra le retirer. On pour- 
ra en insérer un autre immédiatement s'il n'y a pas de si- 
gne d'infection. 

Le stérilet peut causer des saignements inter-mens- 
truels, mais ces légers saignements sont plutôt ennuyeux 
que dangereux. S'ils persistent, surtout chez une femme 
plus âgée, le stérilet devra être retiré. Avant d'insérer un 
autre stérilet, il faudra éliminer la possibilité que les sai- 
gnements soient dus à une maladie grave comme le can- 
cer de l'utérus. 

Conséquences sur la sexualité 

Certaines femmes sentent une modification au niveau 
des contractions rythmiques de l'utérus pendant l'orgas- 
me. 

Si le stérilet cause une infection, la femme peut sentir 
une douleur lors d'une pénétration vaginale profonde. Elle 
devrait alors consulter un médecin. Il arrive parfois que la 
douleur persiste après le retrait du stérilet et le traitement 
de l'infection. 



Page 32 



La femme qui n'a que de rares coïts risque de moins 
bien tolérer les inconvénients de cette méthode alors 
qu'elle ne profite pas de son action contraceptive. 

Si le stérilet est bien installé, le partenaire mâle ne de- 
vrait pas le sentir au cours des relations sexuelles. Si les 
fils du stérilet sont trop courts et sortent droit du col, 
l'homme pourra les sentir. 



Conséquences sur la santé 

Perforation: l'insertion du stérilet peut causer une per- 
foration de l'utérus lorsque l'hystéromètre (instrument qui 
mesure la profondeur de l'utérus) pénètre trop profondé- 
ment et perce la paroi de l'utérus. La femme peut ou non 
ressentir une douleur. L'insertion du stérilet sera reportée 
aux prochaines menstruations. 

Bien que la majorité des perforations surviennent pen- 
dant l'insertion, le stérilet peut perforer l'utérus par la sui- 
te. Le stérilet qui perfore l'utérus et se loge dans l'abdo- 
men ne cause généralement aucun problème; on peut le 
laisser en place, mais il perd alors son action contracep- 
tive. S'il s'agit d'un stérilet au cuivre, il faudra le retirer à 
cause de l'effet du cuivre sur les organes internes. Le sté- 
rilet peut être retiré par laparoscopie (page 47) ou par chi- 
rurgie abdominale. 

Inflammation pelvienne: l'infection est l'effet secondaire 
le plus grave du stérilet. L'utérus et les trompes de Fallope 
peuvent s'infecter (ces infections s'appellent respective- 
ment endométrite et salpingite). Les symptômes d'infec- 
tion peuvent être vagues: douleurs dans le bas du dos et 
l'abdomen, saignements irréguliers, fièvre régulière, per- 
tes vaginales ou sensation généralisée de malaise. Le trai- 
tement aux antibiotiques peut être long et incomplet. Les 
cas graves nécessitent une hospitalisation, et même 
l'ablation d'une ou des deux trompes. Dans de rares cas, 
l'hystérectomie sera nécessaire. Le taux de décès suite à 
ces infections est d'un cas sur 1 00,000 usagères du stéri- 
let. Les inflammations pelviennes sont plus fréquentes 
chez les jeunes femmes et chez celles qui n'ont jamais été 
enceintes. 

Grossesse ectopique: yne grossesse ectopique se dé- 
veloppe à l'extérieur de l'utérus, par exemple dans une 
trompe de Fallope où l'embryon n'a pas assez de place 
pour grossir. La femme peut alors ressentir des douleurs 
abdominales semblables à celles de l'appendicite. La rup- 
ture de la trompe suite à une grossesse ectopique peut 
mettre la vie en danger; l'ablation de la trompe est alors 
toujours nécessaire. 

Les chercheurs ne sont pas tous d'accord à savoir si le 
stérilet contribue ou non à provoquer des grossesses ec- 
topiques. Le stérilet peut causer l'infection des trompes. 
La cicatrisation consécutive à une infection peut bloquer 
partiellement une trompe, augmentant ainsi le risque de 
grossesse ectopique, même après le retrait du stérilet. 



Conséquences sur la fertilité 

Échec de la méthode: si une femme devient enceinte 
avec un stérilet, elle devrait être examinée pour éliminer 
l'hypothèse d'une grossesse ectopique. Que la femme 
désire ou non poursuivre sa grossesse, le dispositif intra- 
utérin devra être retiré pour prévenir l'infection; le risque 
de fausse-couche est ainsi légèrement diminué. Le stérilet 
ne cause pas de malformations foetales. 

Arrêt de la méthode: lorsqu'une femme veut être en- 
ceinte, elle fait retirer son stérilet, de préférence pendant 
ses menstruations. Il n'y a aucune raison de retarder la 
conception. Le fait qu'on ait utilisé un stérilet n'affectera 
pas le foetus. 



Les anciennes usagères du stérilet devraient être pré- 
venues de la possibilité d'une grossesse ectopique. Si la 
grossesse ne survient pas dans un délai de 6 à 1 2 mois, la 
femme devrait subir des examens pour savoir si elle ne 
souffre pas d'une infertilité attribuable à un blocage des 
trompes. 

Utilisation 

Avant l'insertion: lorsqu'une femme pense à utiliser un 
stérilet, elle devrait subir un examen pré-insertion. Elle dé- 
crit son histoire médicale passée pour découvrir si, pour 
une raison ou pour une autre, il vaudrait mieux qu'elle y re- 
nonce. Les femmes ne devraient pas utiliser le stérilet si 
elles ont déjà eu une grossesse ectopique antérieure, ou 
si elles présentent une anomalie comme un double uté- 
rus, une inflammation pelvienne grave ou des saigne- 
ments utérins anormaux dont la cause est inconnue. 

D'autres problèmes peuvent inciter fortement une fem- 
me à utiliser une autre méthode: douleurs graves ou sai- 
gnements très abondants pendant les menstruations, ané- 
mie non traitée ou inflammation pelvienne mineure au 
cours des derniers 6 mois. Une très jeune femme qui n'a 
jamais été enceinte devrait envisager l'utilisation d'une 
autre méthode. La femme atteinte d'une maladie cardio- 
valvulaire devrait prendre des antibiotiques avant l'inser- 
tion et le retrait du stérilet. Dans chacun des cas, la femme 
devrait être prévenue des risques. 

La femme passe un examen gynécologique pour s'assu- 
rer que ses organes de reproduction sont normaux et 
qu'elle n'a pas d'infection. Elle passe aussi un test pour 
dépister la gonorrhée. 




Elle discute avec le médecin pour déterminer quel stéri- 
let lui conviendra le mieux. Le médecin doit connaftre le 
type de stérilet qu'elle choisit; sinon elle devrait adopter 
un autre dispositif ou changer de médecin. 

Il existe trois sortes de stérilets: les stérilets inertes, 
ceux qui dégagent du cuivre, et ceux qui dégagent des 
hormones. Les stérilets inertes comme le "Lippes Loop" et 
le "Saf-T-Coil" sont en plastique, de diverses tailles, et 
on peut les laisser dans l'utérus au moins 5 ans. Les stéri- 
lets au cuivre sont également en plastique; un mince fil de 
cuivre est enroulé autour du dispositif et le cuivre se déga- 
ge lentement dans l'utérus. Au début, on changeait les dis- 
positifs de cuivre tous les 2 ans; on les laisse maintenant 



Page 33 



en place 3 ou 4 ans, sans qu'il y ait diminution de leur effi- 
cacité. Le Progestasert (stérilet à progestérone) doit être 
changé tous les ans. Tous les stérilets sont visibles aux 
rayons-X. 

La taille du dispositif et de son applicateur influencent le 
choix. La femme qui a eu plusieurs enfants devrait utiliser 
un gros stérilet, et celle qui n'a jamais été enceinte devrait 
utiliser un petit stérilet, avec un applicateur étroit. 



Marques de dispositifs intra-utérins (DIU) 


Nom 


Format 


Format de 
l'applicateur 


Fils 


Inertes 








Saf T Coil 


petit 


petit 


2 verts 




moyen 


petit 


2 verts 




gros 


petit 


2 verts 


Lippes Loop A 


petit 


moyen 


1 ou 2 bleus 


Lippes Loop B 


moyen 


moyen 


1 ou 2 noirs 


Lippes Loop C 


moyen 


moyen 


1 ou 2 jaunes 


Lippes Loop D 


gros 


moyen 


1 ou 2 blancs 


Au cuivre 




• 




Cu-7 


moyen 


plus petit 


1 noir ou bleu 


Gyne-T 


moyen 


gros 


2 bleu pâle 


Gyne-T 380 


moyen 


gros 


2 blancs 


Multiload 


gros 


gros 


2 noirs 


Nova T 


moyen 


petit 


2 blancs 


Hormonal 








Progestasert 


gros 


gros 


2 translucides 



Le stérilet devrait être inséré pendant les menstrua- 
tions, garantissant que la femme n'est pas enceinte. Les 
douleurs ou les saignements dus à l'insertion surviendront 
en même temps que ses menstruations. 

Le stérilet peut être inséré immédiatement après un 
avortement par aspiration ou lors des menstruations sui- 
vantes. 

On peut l'insérer 8 semaines après un accouchement, 
que la femme ait eu ou non ses menstruations. Si la femme 
a des points de suture près du vagin suite à l'accouche- 
ment, il se peut qu'elle ait encore trop mal pour permettre 
l'insertion. S'il s'agissait d'un accouchement par césarien- 
ne, on devrait attendre 3 mois. 



Insertion du stérilet: certaines femmes souffrent plus 
que d'autres pendant et après l'insertion d'un stérilet. Il 
serait raisonnable de prévoir une diminution des activités 
pour la journée et demander à quelqu'un d'autre de con- 
duire la voiture. 

Un examen gynécologique confirme d'abord la position 
de l'utérus. Un spéculum est inséré dans le vagin, décou- 
vrant le col qui est nettoyé à l'aide d'une solution antisep- 
tique. 

On peut utiliser une anesthésie locale, mais cela prolon- 
ge l'opération et augmente ses risques (ex.: allergie à 
l'anesthésie). L'anesthésique est injecté dans le col et fait 
effet en quelques minutes. Si le col est serré, l'anesthésie 
locale sera utile mais elle aura peu d'effet sur les douleurs 
une fois le dispositif en place. La peur et la tension aug- 
menteront la douleur de l'insertion. L'anesthésie locale ne 
dispense pas le médecin d'être patient et rassurant avec 
sa patiente. 

Le col est saisi par une pince qui le maintiendra en pla- 
ce. On introduit ensuite l'hystéromètre dans le col jus- 
qu'au fond de l'utérus, ce qui provoque souvent des cram- 
pes. L'hystéromètre mesure la distance entre l'ouverture 
du col et le fond de l'utérus. On le retire ensuite. 

Si nécessaire, le stérilet est placé dans son applicateur. 
On fixe sur l'applicateur un cran d'arrêt à la distance me- 
surée par l'hystéromètre. L'applicateur chargé est intro- 



duit dans l'utérus jusqu'à ce que le cran d'arrêt atteigne le 
col. Le stérilet est libéré dans l'utérus. L'applicateur est 
retiré, laissant en place le stérilet dont les fils sortent du 
col. On les coupe à environ 2 cm du col. 

Si la femme s'évanouit, on interrompt la procédure, jus- 
qu'à ce qu'elle reprenne connaissance. Si la femme sent 
qu'elle va s'évanouir, elle devrait tousser. Certains méde- 
cins utilisent de l'atropine avant l'insertion pour éviter 
l'évanouissement. 

On retire le spéculum et on donne une serviette hygié- 
nique à la femme. Elle se détend sur la table jusqu'à ce 
qu'elle se sente prête à se lever. 

Précautions à prendre après l'insertion: la femme ne 
devrait pas utiliser de tampons pendant le reste de la pé- 
riode menstruelle. Pour éviter l'infection, elle devrait s'abs- 
tenir de pénétration jusqu'à la fin de ses menstruations. 
Elle doit s'attendre à des douleurs qui disparaîtront peu à 
peu. Si elle a de fortes douleurs et/ou de la fièvre, elle de- 
vrait contacter la clinique. Ses menstruations seront peut- 
être plus longues et plus abondantes avec le stérilet et elle 
devrait s'assurer que son régime alimentaire contienne 
suffisamment de fer et de vitamine C. Une fois par semai- 
ne, elle vérifiera les fils de son stérilet avec ses doigts. Si 
elle sent quelque chose de dur, cela signifie que le stérilet 
n'est plus en place et devra être enlevé. Si elle n'arrive pas 
à trouver les fils, elle devrait retourner à la clinique. 

Le stérilet est efficace dès son installation; toutefois, la 
majorité des échecs ont lieu pendant les 3 premiers cy- 
cles. Certaines femmes utilisent une autre méthode (ex.: 
la mousse) pendant cette période. Si la femme prend déjà 
la pilule, elle peut continuer pendant quelques cycles, à la 
fois pour profiter de son effet contraceptif et pour éviter 
les menstruations abondantes causées par le stérilet. 

Elle devra être examinée de nouveau 3 mois plus tard. 

Le suivi ou visite de relance: la femme fait le bilan de 
son expérience depuis l'installation du stérilet. Elle men- 
tionne tout changement dans ses menstruations, toute 
douleur pendant les relations sexuelles et dit si elle peut 
trouver les fils de son stérilet. L'examen gynécologique 
confirme que le stérilet est encore en place dans l'utérus. 
S'il n'y a aucun problème, la femme n'a pas à revenir avant 
un an. 











L'insertion du stérilet 



Page 34 



Si une femme aux cycles menstruels réguliers saute des 
menstruations alors qu'elle porte le stérilet, elle devra at- 
tendre 2 semaines, puis passer un test de grossesse. Elle 
ne devrait pas faire enlever son stérilet avant d'avoir la 
confirmation de la grossesse. Si elle est enceinte, le stéri- 
let devra être enlevé. Si le test est négatif, elle doit en re- 
passer un autre 2 semaines plus tard. Si elle saute deux 
menstruations, elle devra consulter un médecin. 

Si la femme ne peut trouver ses fils en s'examinant elle- 
même, elle devra consulter son médecin. Un rayon-X ou 
une echographie indiquera la localisation du stérilet. S'il 
est encore dans l'utérus, on pourra généralement l'attein- 
dre par le col et insérer un nouveau stérilet immédiate- 
ment ou aux prochaines menstruations. 

L'inflammation pelvienne s'accompagne généralement 
de douleurs de l'abdomen et du bas du dos, de pertes va- 
ginales, de saignements irréguliers et d'une légère fièvre. 
La femme qui présente ces symptômes devrait voir un mé- 
decin immédiatement. Il est difficile de faire la différence 
entre un stérilet mal placé, une infection légère et une in- 
fection grave. Il faudra retirer le stérilet et traiter l'infection 
à l'aide d'antibiotiques. Des visites régulières chez le mé- 
decin seront nécessaires pour confirmer le diagnostic et 
évaluer le traitement. 

Le retrait du stérilet: on peut le retirer à n'importe quel 
moment, mais on le fait de préférence pendant les mens- 
truations, alors que le col est légèrement ouvert, ce qui fa- 
cilite les choses. Si on l'enlève au milieu d'un cycle, une 
grossesse résultant d'un coït très récefit pourrait encore 
se développer. 

Le retrait du stérilet est plus rapide et moins douloureux 
que l'insertion. Le médecin utilise une pince pour tirer sur 
les fils le long de l'axe du canal cervical. Bien que ce soit 
rare, il arrive que le médecin doive aller jusque dans l'uté- 
rus pour le trouver. Si la femme garde la même méthode, 
on pourra en insérer un autre immédiatement. 

Coût 

Les médecins paient environ $8 pour un stérilet inerte 
ou en cuivre. Cependant, ils les vendent entre $1 et $60. 
Ce profit est souvent encaissé "sous la table", sans être 
déclaré à l'impôt. De nombreuses cliniques de contrôle 
des naissances fournissent les stérilets gratuitement ou 
au prix coûtant. 

Au Québec, les médecins reçoivent environ $30 pour 
l'insertion d'un stérilet et le prix d'une visite régulière pour 
le retrait d'un dispositif. 





J&?. 




la contraception orale 



Judy Crawley 



La pilule a marqué un point tournant dans l'évolution de 
la contraception moderne. C'est la première méthode 
théoriquement efficace à 100%, critère important dans la 
description de la méthode contraceptive idéale. 

Ce n'est qu'au début du siècle que les scientifiques ont 
commencé à comprendre le rôle des hormones dans la re- 
production humaine. Dans les années 40, on a découvert 
la progestérone chez un igname sauvage mexicain, ce qui 
permit la production de progestérone sur une grande 
échelle. Les recherches humaines ont commencé à Puer- 
to-Rico en 1956 et l'Enovid 10, la première pilule, a été 
mise en marché aux États-Unis en 1 960. Depuis le milieu 
des années 70, plus de 50 millions de femmes ont utilisé 
la pilule contraceptive à travers le monde. 

En Amérique du Nord, l'avènement de la pilule a coïnci- 
dé avec des changements sociaux majeurs. Les femmes 
ont commencé à faire progresser leur statut dans les do- 
maines de l'éducation, de l'économie et de la politique, et à 
se dégager des standards sexuels restrictifs. Pouvoir le 
faire sans porter le poids de la maternité a été une libéra- 
tion. 

La désillusion face à la pilule s'est manifestée lorsque 
les femmes ont commencé à en subir les effets secondai- 
res. Aucun autre médicament n'a été l'objet d'autant de re- 
cherches; le débat sur la sécurité relative de la pilule fait 
encore rage. Il est devenu évident que la reproduction fé- 
minine est intimement liée aux autres fonctions vitales du 
corps et l'action de la pilule sur le cycle naturel affecte 
inévitablement l'organisme en entier. Les femmes sont 
nombreuses à ne plus accepter de payer si cher pour une 
contraception efficace. 

Les femmes du Tiers-Monde en particulier ont été à la 
merci des compagnies pharmaceutiques. Elles ont servi 
de cobayes de recherche pour des produits mis en mar- 
ché en Occident. Lorsque des médicaments sont considé- 
rés trop dangereux pour l'Amérique du Nord, on les ren- 
voie dans les pays du Tiers-Monde en guise de don dé- 
ductible d'impôt. Ce "dumping" pharmaceutique explique 
que l'on distribue actuellement des pilules à fortes doses 
dans les pays en voie de développement. 

Mode d'action 

Dans le cycle menstruel, des fluctuations d'hormones 
contrôlent l'ovulation. L'oestrogène et la progestérone af- 
fectent un mécanisme de rétroaction ("feedback") dans 
l'hypophyse, qui contrôle à son tour la quantité d'hormo- 
nes dans le sang (voir page 7). 

La pilule contraceptive est composée d'oestrogène et de 
progestérone synthétiques. Au lieu des fluctuations cy- 
cliques habituelles, la pilule maintient un niveau constant 
de ces hormones dans le sang. Le mécanisme de "feed- 
back" de l'hypophyse est bloqué, ce qui empêche les ovai- 
res de produire de l'oestrogène au bon moment. Sans la 
montée de l'oestrogène, l'ovulation ne peut survenir. Et 
sans ovulation, pas de grossesse. 

L'oestrogène à elle seule peut bloquer l'ovulation. La 
progestérone modifie le mucus du col, empêchant les 
spermatozoïdes de passer, ralentit la descente de l'ovule 
dans les trompes de Fallope et rend l'implantation plus dif- 
ficile. 



Page 35 



Efficacité 

Théoriquement, les pilules contenant 30 mcg ou plus 
d'oestrogène ont un taux d'efficacité de près de 100%; 
toutefois, il y a eu des grossesses rares chez les femmes 
qui avaient pris leurs pilules correctement. Les pilules 
contenant moins de 30 mcg d'oestrogène comme Mines- 
trin 1/20 ou Zorane 1/20 sont moins efficaces et ne de- 
vraient pas être utilisées. 

L'efficacité de la pilule est affectée par l'absorption de 
certains médicaments. Le Rifampicin, médicament contre 
la tuberculose et le Dilantin, contre l'épilepsie, diminuent 
l'efficacité de la pilule. L'Ampicilline, le phénobarbital, cer- 
tains antihistaminiques et certains tranquillisants peuvent 
également avoir cet effet. 

L'efficacité réelle de la pilule peut varier. Des grosses- 
ses peuvent survenir quand la pilule n'est pas prise à peu 
près au même moment tous les jours, quand on oublie de 
la prendre ou quand on arrête de l'utiliser à cause de ses 
effets secondaires sans se servir d'une autre méthode. 

Conséquences sur le cycle menstruel 

La pilule remplace les fluctuations hormonales du cycle 
par un niveau constant d'oestrogène et de progestérone. Il 
n'y a plus d'ovulation. 

On prend la pilule pendant 3 semaines puis on cesse de 
la prendre pendant une semaine. La chute des hormones 
provoque alors des saignements qui ressemblent à ceux 
des menstruations. En général, ils sont toutefois moins 
abondants, moins longs et moins douloureux. 

La pilule provoque des cycles menstruels très réguliers. 
Une femme qui la prend régulièrement et au même mo- 
ment tous les jours peut prédire avec précision le début de 
ses menstruations. Pour avancer le jour de ses menstrua- 
tions, elle saute 1 ou 2 jours de pilule à la fin du cycle, ou 
encore pour le retarder, elle en ajoute 1 ou 2. Mais elle ne 
doit pas retarder de plus de 7 jours le début d'un nouvel 
emballage. Si elle provoque des changements majeurs 
dans son cycle, son corps risque de ne pas réagir comme 
elle le voudrait et son cycle peut perdre sa régularité. 

Certaines pilules ont des effets "virilisants". Si la femme 
a des menstruations abondantes mais irrégulières, une 
peau grasse, de l'acné ainsi qu'une pilosité légèrement 
masculine, elle devrait utiliser une pilule ayant peu d'effets 
virilisants. 

Les femmes qui ont des menstruations très irrégulières 
et très peu abondantes sont plus susceptibles d'avoir des 
problèmes à rétablir la régularité de leur cycle quand elles 
cessent d'utiliser la pilule. Elles ne devraient probable- 
ment pas la prendre. 

Saignements inter-menstruels: il arrive que la femme 
ait de légers saignements entre ses menstruations. Des 
saignements dans la première moitié du cycle sont dus à 
une insuffisance d'oestrogène alors que ceux de la 
deuxième moitié du cycle sont dus à une carence de pro- 
gestérone. Lorsque les saignements inter-menstruels sur- 
viennent au cours des trois premiers cycles d'utilisation 
de la pilule, ils sont inoffensifs. S'ils persistent au-delà de 
3 mois, la femme devrait changer de marque de pilule. La 
plupart des problèmes de saignements inter-menstruels 
peuvent être réglés par une pilule plus forte en progesté- 
rone. Si des saignements inter-menstruels apparaissent 
chez une femme qui prend la pilule depuis longtemps, elle 
devrait consulter un médecin pour s'assurer qu'ils ne sont 
pas causés par une maladie ou toute autre cause étrangè- 
re à la pilule. 

Tension pré-menstruelle: souvent la pilule soulage les 
femmes qui souffrent de tension pré-menstruelle (irritabi- 
lité et dépression souvent accompagnées de gonflements 
juste avant ou pendant les menstruations). 

Aménorrhée: Certaines femmes ne sont plus mens- 
truées lorsqu'elles prennent la pilule. Si une femme saute 



plus d'une menstruation, elle devrait passer un test de 
grossesse. Si elle n'est toujours pas menstruée après trois 
mois de pilule, elle devrait utiliser une autre marque plus 
forte en progestérone. 

Certaines femmes n'ont pas de menstruations lors- 
qu'elles cessent de prendre la pilule. La femme qui saute 
plus d'une menstruation devrait passer un test de gros- 
sesse et utiliser une autre méthode contraceptive si elle 
ne désire pas devenir enceinte. Elle peut noter sa tempé- 
rature basale (page 23) pour détecter la première ovula- 
tion. Si la femme n'est toujours pas menstruée au bout de 
6 mois, elle devrait consulter un médecin pour vérifier si 
cela n'est pas dû à une autre cause. 

Conséquences sur la sexualité 

La pilule permet à la femme d'avoir des relations sexuel- 
les à n'importe quel moment du cycle sans craindre une 
grossesse. Certaines femmes qui prennent la pilule alors 
que leur vie sexuelle est au ralenti ont l'impression de 
prendre des risques qui n'en valent pas la peine. 

La question de savoir si la pilule modifie le désir et la vie 
sexuelle de la femme fait l'objet d'une controverse. Il est 
difficile de distinguer les effets de la pilule des circonstan- 
ces qui prévalent dans la vie de la femme. Certaines fem- 
mes peuvent voir leur désir diminuer très graduellement 
lorsqu'elles prennent la pilule. La femme qui soupçonne la 
pilule de diminuer son désir sexuel devrait essayer une 
marque faible ou adopter une autre méthode. 

Conséquences sur la santé 

La question de la sécurité de la pilule a provoqué une 
immense controverse. Aux deux extrêmes des positions 
exprimées, des recommandations comme celle de vendre 
la pilule dans des machines distributrices et celle de la re- 
tirer du marché. La pilule peut provoquer des maladies 
graves et des décès; elle peut également causer des ma- 
laises et présenter divers inconvénients. De nombreuses 
femmes acceptent néanmoins de prendre ces risques 
pour obtenir une contraception très efficace. 

Les complications les plus graves de la pilule survien- 
nent pendant son utilisation. La durée d'utilisation influe 
sur certaines complications, mais pas sur toutes. Dans 
certains cas, le risque de complications disparaît lorsque 
la femme cesse d'utiliser la pilule. 

La description suivante des effets secondaires se veut 
un guide de référence en ce qui touche les problèmes as- 
sociés à la pilule. Notons par ailleurs que des millions de 
femmes ont utilisé la pilule sans problème; les petits ma- 
laises sont souvent réglés par un changement de pilule; 
les complications graves seraient largement éliminées 
par un suivi médical attentif. 

Problèmes vasculaires et problèmes de coagulation 
sanguine: ces maladies qui sont normalement rares chez 
les femmes en âge de se reproduire, constituent le plus 
grand danger de la pilule. Elles comprennent: 1) la throm- 
bose: formation d'un thrombus (caillot sanguin) bloquant 
partiellement ou complètement un vaisseau sanguin dans 
la jambe ou le pelvis. Les thromboses peuvent provoquer 
de l'enflure et être douloureuses. 2) l'embolie pulmonaire: 
une partie du caillot sanguin se détache et voyage jus- 
qu'aux artères des poumons où elle peut bloquer l'afflux 
du sang aux poumons. La douleur à la poitrine et le man- 
que de souffle peuvent apparaître très soudainement; si 
elle n'est pas traitée, l'embolie pulmonaire peut être fatale. 
3) le blocage d'une artère ou l'hémorragie d'une artère: 
les dommages causés dépendent de l'artère affectée. La 
crise cardiaque et l'accident cérébro-vasculaire en sont 
deux exemples. L'accident cérébro-vasculaire (blocage 
ou hémorragie d'une artère dans le cerveau) peut provo- 
quer une paralysie mineure ou grave, la perte de la parole 
et la mort. 



Page 36 



Des études importantes ont montré une augmentation 
de ces maladies chez les usagères de la pilule. Les fac- 
teurs qui augmentent considérablement les risques de la 
pilule sont l'âge et le tabagisme. 

Donc, les femmes les plus vulnérables à ces risques ont 
plus de 35 ans, fument et ont utilisé la pilule pendant plus 
de 5 ans. 

L'hypertension, l'obésité, le diabète et un tempérament 
"agressif" et impatient sont d'autres facteurs qui augmen- 
tent les risques de maladies circulatoires. Plus une per- 
sonne cumule de facteurs, plus les risques de maladie cir- 
culatoire sont élevés. 

Les femmes qui souffrent d'une forme quelconque de 
maladie circulatoire, les femmes de plus de 40 ans, les 
femmes de plus de 35 ans qui fument, et les femmes qui 
souffrent de toute maladie associée à un risque accru de 
maladie circulatoire, c'est-à-dire l'hypertension, le dia- 
bète, un taux élevé de cholestérol, les maladies car- 
diaques, l'anémie à cellules falciformes ou l'obésité ne 
devraient probablement pas utiliser la pilule. 

Si, malgré de fortes contre-indications, une femme choi- 
sit tout de même la pilule, elle devrait être réexaminée ré- 
gulièrement pour détecter tout signe précoce de compli- 
cations. 

La femme qui présente une histoire familiale où les ma- 
ladies circulatoires sont fréquentes peut utiliser la pilule, 
mais elle devrait se soumettre à des examens médicaux 
fréquents. 

Les migraines: les migraines sont des maux de tête lo- 
calisés d'un côté, qui s'intensifient et qui sont causés par 
des spasmes des vaisseaux sanguins. La femme atteinte 
de migraines peut utiliser la pilule, mais si ses migraines 
deviennent plus graves ou plus fréquentes, elle devrait 
probablement changer de méthode. 

L'hypertension (pression artérielle élevée): chez tou- 
tes les femmes, la pression artérielle est légèrement aug- 
mentée par la pilule. Tout revient à la normale lorsqu'elles 
cessent de l'utiliser. L'oestrogène et la progestérone sont 
toutes deux responsables de cette modification de la 
pression. Exceptionnellement, la pilule peut augmenter 
dramatiquement la pression artérielle d'une femme, et elle 
doit cesser immédiatement de la prendre. Chez certaines 
femmes, la pression artérielle augmente modérément; ces 
femmes devraient prendre une pilule plus faible. Si la pres- 
sion artérielle ne diminue pas de façon satisfaisante au 
bout de trois cycles, la femme devrait cesser d'utiliser la 
pilule. 

Le cancer: jusqu'ici les informations semblent indiquer 
que la pilule ne provoque pas le cancer, même à long ter- 
me. Mais les hormones femelles augmentent la taille de 
certaines tumeurs. Toute femme atteinte d'un cancer ou 
soupçonnant de l'être ne devrait pas prendre la pilule. 

Nous n'avons aucune preuve à l'effet que la pilule aug- 
mente ou diminue l'incidence du cancer du sein. Le can- 
cer du sein est plus fréquent chez les femmes qui n'ont 
pas eu d'enfant ou très peu, et possiblement chez celles 
qui n'ont pas allaité. 

Le risque de cancer du col augmente lorsque la premiè- 
re expérience sexuelle survient à un âge précoce et lors- 
que les partenaires sexuels sont nombreux. Ces faits ren- 
dent difficile l'identification du rôle de la pilule. La pilule 
peut augmenter la croissance de tissu cervical pré-cancé- 
reux. Toute femme présentant une anomalie importante 
révélée par le test de Pap devrait cesser d'utiliser la pilu- 
le. 

Il se peut que la pilule diminue l'incidence du cancer des 
ovaires. 

L'affection bénigne du sein: l'augmentation du tissu 
normal du sein est due à l'oestrogène et à la progestérone. 
Les femmes qui ont déjà des kystes ou des nodules aux 



seins constatent parfois que leurs seins sont plus sensi- 
bles et que les kystes augmentent de volume lorsqu'elles 
prennent la pilule. D'autres femmes voient leur symptômes 
diminuer. Il semblerait que le café ait également des effets 
sur ces symptômes. 

L'allaitement: la pilule diminue la qualité et la quantité 
du lait maternel. Les femmes qui allaitent ne devraient 
pas utiliser la pilule. Certains médecins conseillent de 
commencer à prendre la pilule pendant que l'on sèvre le 
bébé, lorsque le lait maternel n'est plus sa principale sour- 
ce d'alimentation. 

Les maladies du foie et de la vésicule biliaire: la pilule 
provoque une légère augmentation de l'incidence d'une 
tumeur rare du foie. Cette tumeur n'est pas cancéreuse, 
mais elle peut éclater et causer une hémorragie grave. Les 
femmes qui souffrent de douleurs abdominales pendant 
qu'elles prennent la pilule devraient consulter un médecin. 

Les femmes qui ont des maladies graves du foie ne de- 
vraient pas prendre la pilule. Les femmes atteintes d'une 
maladie bénigne ou modérément grave du foie devraient 
attendre au moins 6 mois après que leurs tests soient re- 
devenus normaux avant de commencer à prendre la pilule. 

Les usagères de la pilule courent un risque accru de 
souffrir d'une maladie de la vésicule biliaire. Une femme 
atteinte de jaunisse ou présentant d'autres symptômes de 
maladie de la vésicule biliaire devrait cesser de prendre la 
pilule et consulter un médecin. Si une intervention chirur- 
gicale est envisagée, elle devrait consulter un deuxième 
médecin pour connaître son avis sur la question. 

Le diabète: la pilule ne cause pas le diabète. Comme le 
diabète et la pilule sont tous deux associés aux maladies 
circulatoires, les femmes diabétiques ne devraient pro- 
bablement pas utiliser la pilule. 

L'utilisation de la pilule peut modifier la dose d'insuline 
nécessaire pour contrôler le taux de sucre. 

La pilule modifie les résultats des tests de tolérance au 
glucose qui mesurent la quantité de sucre dans le sang 
après un repas contenant une quantité contrôlée de sucre. 
Ces tests redeviennent normaux lorsque la femme cesse 
d'utiliser la pilule. Si une femme a présenté une tolérance 
anormale au glucose pendant sa grossesse ou si elle a 
des antécédents familiaux de diabète, elle devrait subir un 
test de tolérance au glucose avant de prendre la pilule et 
par la suite tous les 6 à 12 mois. 

Si le test indique une modification marquée de la tolé- 
rance au glucose, elle devrait cesser d'utiliser la pilule. 

La dépression: chez certaines femmes, la pilule peut 
causer dépression, irritabilité et fatigue. Ces symptômes 
peuvent être liés à une rétention de liquide ou à une caren- 
ce de vitamine B6. Le succès des traitements aux vitami- 
nes est mitigé. Parfois le fait de prendre une pilule conte- 
nant moins de progestérone soulage la dépression. La dé- 
pression semble apparaître graduellement, avec l'utilisa- 
tion de la pilule, de sorte que ce n'est qu'après avoir cessé 
de la prendre que la femme établit un lien entre la dépres- 
sion et la pilule. 

La puberté: l'oestrogène joue un rôle dans l'arrêt du 
bond de croissance de l'adolescente. Si une jeune femme 
est menstruée depuis plus de 6 mois, la pilule ne risque 
plus d'affecter sa croissance. 

La nutrition: la pilule affecte l'absorption de certains 
éléments nutritifs, mais pas au point de rendre nécessai- 
res des suppléments alimentaires. Toutefois une carence 
dans le régime alimentaire deviendra plus vite apparente. 
On enregistre une diminution de vitamine C et d'acide fo- 
lique et une augmentation de vitamine A, de fer et de cui- 
vre. 

L'interaction avec les médicaments: la pilule modifie 
les facteurs de coagulation du sang. Le dosage de l'insuli- 
ne peut être affecté par les contraceptifs oraux, qui peu- 
vent aussi diminuer la sensibilité aux tests de peau contre 



Page 37 



la tuberculose. Elle affecte également l'élimination dans 
l'urine de certains médicaments comme Promazine (spari- 
ne) et Meperidine (Demerol). 

Les tests en laboratoire: la pilule modifie les résultats 
de plusieurs tests de laboratoire servant à établir le dia- 
gnostic des maladies. La femme devrait donc prévenir le 
médecin qu'elle utilise la pilule. S'il y a lieu, il pourra lui de- 
mander d'arrêter de la prendre avant de subir des tests. 

La rétention d'eau: la rétention d'eau peut causer n'im- 
porte lequel des symptômes suivants: nausée, crampes 
dans les jambes, gonflements, maux de tête, changements 
dans la vision, modifications de l'ajustement des lentilles 
cornéennes, irritabilité et sensibilité des seins. Si ces 
symptômes surviennent tôt dans le cycle, la rétention 
d'eau est probablement due à un excès d'oestrogène. S'ils 
se manifestent pendant la semaine où on ne prend pas la 
pilule, celle-ci est probablement trop forte en progestéro- 
ne. Si les symptômes ne s'atténuent pas de façon signifi- 
cative après 3 cycles, la femme devrait changer de mar- 
que de pilule. 

Les modifications de la peau: l'oestrogène peut faire 
foncer la peau autour des yeux et de la bouche. Les fem- 
mes qui présentent ce symptôme pendant la grossesse en 
seront probablement affectées en prenant la pilule. Il fau- 
dra choisir une pilule contenant moins d'oestrogène ou 
cesser de la prendre parce que ces changements ne sont 
pas toujours réversibles. L'acné, la peau grasse, les che- 
veux gras et l'augmentation de la pilosité sont dus aux ef- 
fets androgènes de certaines progestérones. Si ces modi- 
fications apparaissent, la femme devra prendre une pilule 
ayant moins d'effets androgènes. La perte des cheveux 
peut être attribuée à un excès de progestérone. 

Le gain de poids: les gonflements survenant toujours au 
même moment du cycle sont dus à la rétention d'eau. 
L'augmentation de l'appétit et la prise de poids durables 
sont relativement rares et attribuables à un effet androgè- 
ne de la pilule. 

Les modifications du vagin et du col: l'excès d'oestro- 
gène augmente les pertes vaginales normales. Une caren- 
ce d'oestrogène peut causer le dessèchement de la paroi 
vaginale. 

L'excès d'oestrogène modifie la croissance des cellules 
tapissant le canal cervical. L'excès de progestérone est lié 
à l'inflammation du col. Des moniliases vaginales (champi- 
gnons) répétées peuvent survenir suite à un excès de pro- 
gestérone. 



Conséquences sur la fertilité 

L'échec de la méthode: si une femme devient enceinte 
alors qu'elle prend la pilule, il y a un risque minime de mal- 
formation foetale grave. Si une femme croit qu'elle est en- 
ceinte, elle devrait cesser de prendre la pilule. 

L'arrêt de la pilule: nous ne savons pas s'il y a encore 
risque de malformation foetale ou de fausse-couche pré- 
coce après l'arrêt de la pilule. Pour diminuer ce risque po- 
tentiel, la femme devrait cesser de prendre la pilule et utili- 
ser une autre méthode pendant au moins trois cycles 
avant d'essayer de devenir enceinte. 

Difficultés menstruelles: de nombreuses femmes 
n'ovulent pas pendant plusieurs cycles après l'arrêt de la 
pilule. Elles ne sont pas menstruées ou ont des menstrua- 
tions très irrégulières. Le fonctionnement de l'hypothala- 
mus et de l'hypophyse est encore entravé, empêchant 
l'ovulation. Au bout de 6 mois, moins de 3% des usagères 
de la pilule n'ont toujours pas de cycles réguliers. Certai- 
nes de ces femmes ont également des écoulements de 
l'un ou des deux seins. Elles doivent être examinées pour 
éliminer l'hypothèse de toute autre maladie. . 

La femme devrait continuer à utiliser un moyen contra- 
ceptif puisqu'il est impossible de connaître avec précision 
le moment du retour de la fertilité. Elle devrait passer un 



test de grossesse toutes les 4 ou 6 semaines si elle redou- 
te une grossesse non désirée. 

Si la femme n'est toujours pas menstruée au bout de 6 
mois et désire devenir enceinte, elle peut envisager un 
traitement utilisant l'un des nombreux médicaments qui 
stimulent l'hypophyse et provoquent l'ovulation. 




Gloria F. Mallaroni 

L'utilisation 

Lorsqu'une femme décide d'utiliser la pilule, elle doit 
rencontrer un-e professionnel-le de la santé pour s'assu- 
rer qu'il n'y a aucune contre-indication. Au Québec, la pi- 
lule nécessite une ordonnance médicale. 

La femme devrait subir un examen médical complet 
(page 1 2). Le médecin devra poser des questions précises 
pour s'assurer qu'aucun facteur ne risque de lui rendre 
l'usage de la pilule dangereux. Tout facteur de santé qui 
exige un contrôle plus fréquent devrait être noté. 

L'examen médical tient compte des données suivantes: 
poids, tension artérielle, examen des seins, écoute du 
coeur et des poumons, examen de l'abdomen pour y déce- 
ler toute masse ou sensibilité anormales, et évidemment 
l'examen gynécologique. On prélève un échantillon d'urine 
pour y mesurer le taux de sucre. Pour les femmes noires, 
on devrait procéder à un test sanguin visant à déceler 
l'anémie à cellules falciformes. L'histoire médicale pourra 
suggérer des tests supplémentaires comme le test de tolé- 
rance au glucose, les tests de fonction du foie et un test 
mesurant le taux de cholestérol. 

Choisir une Pilule: Ces dernières années, le marché a 
été inondé de nouvelles sortes de Pilule contenant des 
quantités d'hormones aussi faibles que possible, pour évi- 
ter les effets secondaires les plus graves, mais suffisam- 
ment fortes pour éliminer les effets secondaires "dé- 
sagréables'' comme les saignements irréguliers. Ces di- 
verses marques présentent quelques différences. 

La plupart des marques offrent 21 pilules identiques 
contenant des quantités fixes d'oestrogène et de proges- 
térone (les emballages "28 jours" contiennent 7 pilules de 
sucre d'une autre couleur que l'on absorbe pendant la se- 
maine de saignements). Les marques plus récentes repro- 
duisent le cycle menstruel naturel en commençant par de 
faibles quantités d'hormones et en les augmentant pro- 
gressivement au cours du cycle. Certaines ("biphasics") 
contiennent dix pilules à faibles doses d'une couleur et 
onze pilules plus fortes d'une autre couleur; d'autres ("tri- 
pasics") présentent trois séries de pilules de couleurs dif- 
férentes, chacune des séries contenant une dose diffé- 
rente d'hormone. Rien ne prouve que ces pilules aient des 
avantages particuliers et ces différentes couleurs de pilu- 
les peuvent augmenter les risques d'erreur. 



Page 38 





Marques de Pilule 


Nom 


Oestrogène (mcg) 


Progestérone (mg) 


Demulen 


éthinyl oestradiol 30 


diacétate de noréthindrone 

1.0 

diacétate de noréthindrone 


Loeslrin 1.5 


éthinyl oestradiol 30 






1.5 


Minimal 


éthinyl oestradiol 30 


d norgestrel 0.15 


Brevicon, 






Ortho Novum .5/35 


éthinyl oestradiol 35 


noréthindrone 5 


Ortho-Novum 1/35 


éthinyl oestradiol 35 


noréthindrone 1.0 


Ovcon 35 


éthinyl oestradiol 35 


noréthindrone 0.4 


Demulen 50 


éthinyl oestradiol 50 


diacétate de noréthindrone 


Norinyl 1, 


mestranol 50 


noréthindrone 1.0 


Ortho-Novum 1/50 






Norleslrin 1 


éthinyl oestradiol 50 


acétate de noréthindrone 1 


Norlestrin 2.5 


éthinyl oestradiol 50 


acétate de noréthindrone 2.5 


Ovcon 50 


éthinyl oestradiol 50 


noréthindrone 1.0 


Ovral 


éthinyl oestradiol 50 


d norgestrel 0.25 


Norinyl, 


mestranol 80 


noréthindrone 1.0 


Ortho Novum 1/80 






Norinyl, 


mestranol 100 


noréthindrone 1.0 


Ortho Novum 2 






Ovulen .5 


mestranol 100 


diacétate d'éthynodiol .5 


Ovulen 


mestranol 100 


diacétate d'éthynodiol 1.0 


Ortho-Novum 10/11 


éthinyl oestradiol 35 


noréthindrone 0.5 x 10 jours 
noréthindrone 1.0 x 11 jours 


Ortho-Novum 7/7/7 


éthinyl oestradiol 35 


noréthindrone 0.5 x 7 jours 
noréthindrone 0.75 x 7 jours 
noréthindrone 1.0 x 7 jours 


Triphasil 


éthinyl oestradiol 30 


d norgestrel 05 x 6 jours 




éthinyl oestradiol 40 


d norgestrel 075 x 5 jours - 




éthinyl oestradiol .125 






x 10 jours 





Les diverses marques de pilules contiennent différentes 
sortes d'oestrogènes et de progestérones et ne peuvent 
donc se comparer uniquement en termes de quantités: 
ainsi, 35 mcg d'éthinyl estradiol sont probablement aussi 
forts que 50 mcg de mestranol. Il existe plusieurs sortes 
de progestérones: certaines sont converties en oestrogè- 
nes, d'autres sont plus fortes en progestérone (dl norges- 
trel), et d'autres encore ont davantage d'effets androgènes 
ou virilisants (dl norgestrel). 

L'emballage influe également sur le choix d'une marque 
de Pilule; certains formats semblent plus pratiques que 
d'autres. Alors que l'emballage de la plupart des marques 
permet aux femmes de commencer n'importe quel jour de 
la semaine, la plupart des marques de la firme Ortho sont 
conçues de façon à ce que les femmes soient toujours 
menstruées pendant la semaine. 

Quand vous choisissez une marque de Pilule, souvenez- 
vous que l'estrogène est responsable de la plupart des 
complications dangereuses et de plusieurs malaises mi- 
neurs; moins il y en a, mieux c'est. La progestoréone est 
également responsable de quelques complications dange- 
reuses et de certains malaises mais on peut augmenter la 
quantité de progestérone avec moins de risques que l'oes- 
trogène. 

Commencer à prendre la Pilule: La femme attend d'avoir 
ses menstruations pour commencer à prendre la pilule. 
Elle considère le premier jour de ses menstruations com- 
me le jour 1 , prend la première pilule le jour 5 puis une pi- 
lule par jour pendant 21 jours. Elle cesse ensuite de pren- 
dre la Pilule pendant 7 jours et commence un nouvel em- 
ballage le jour 8. Par la suite, elle continue à respecter le 
cycle "21 jours de Pilule, 7 jours sans". Elle commence 
toujours un nouvel emballage le même jour de la semaine. 

Pour les marques contenant 28 pilules, elle commence 
de la même façon, absorbe les pilules d'hormones pendant 
21 jours puis les pilules de sucre pendant 7 jours; le len- 
demain, elle commence immédiatement un nouvel embal- 
lage. 




Judith Crawley 

La femme sera menstruée quelques jours après avoir 
absorbé la dernière vraie pilule. Elle entame une nouvelle 
boîte une semaine après avoir avalé la dernière, qu'elle ait 
eu ou non ses menstruations. 

On doit toujours prendre la pilule au même moment de la 
journée pour que le niveau d'hormones dans le sang reste 
constant. La femme risque moins d'oublier sa pilule si elle 
l'associe à une autre de ses activités quotidiennes, com- 
me le brossage des dents. 

5/ la femme oublie une pilule, elle doit la prendre aussi- 
tôt qu'elle s'en souvient, même si elle doit alors absorber 
2 pilules le même jour. Le risque de grossesse restera 
minime. Il augmentera si elle oublie plus d'une pilule par 
cycle. Elle devra prendre les pilules oubliées aussitôt 
qu'elle y pense, mais pas plus de 2 par jour. Elle devrait 
utiliser une autre méthode contraceptive jusqu'à la fin de 
son cycle. 

Si la pilule lui donne des nausées, elle devrait la prendre 
à l'heure des repas ou avant de se coucher. 

Si la femme a des vomissements ou des diarrhées répé- 
tées pendant plus d'une journée, elle devrait continuer à 
prendre la pilule, mais utiliser une autre méthode contra- 
ceptive pour le reste du cycle. 

Symptômes de complications graves: la femme devrait 
connaître les symptômes des complications graves et 
consulter immédiatement un médecin au cas où ils appa- 
raîtraient: douleur intense à une jambe, maux de ventre 
graves, douleur intense à la poitrine, manque de souffle, 
maux de tête graves ou changements dans la vision. 

Le suivi: toutes les femmes qui commencent à prendre 
la pilule devraient retourner chez le même médecin ou 
dans la même clinique de 3 à 6 mois plus tard, pour faire le 
bilan de l'expérience. L'examen physique devrait inclure la 
prise de poids et de pression artérielle, ainsi que tout au- 
tre examen suggéré par les symptômes de la femme. Si 
tout est normal, elle n'aura pas à y retourner pendant 6 à 
1 2 mois, moment où un autre examen complet sera néces- 
saire. 

Si la femme risque de souffrir d'une complication quel- 
conque liée à la pilule, elle devra retourner à la clinique à 
intervalles plus rapprochés. L'examen physique servira 
alors à détecter tout changement lié à ces facteurs de ris- 
que. 

Il n'est pas nécessaire d'arrêter de prendre la pilule 
pour se "reposer". Toutefois, le désir d'une grossesse mis 
à part, il y a d'autres raisons valables pour arrêter la pilule: 
une vie sexuelle moins active, le désir d'essayer une autre 
méthode, ou d'évaluer les effets subtils de la pilule. Un ar- 
rêt de quelques cycles ne diminue pas le risque d'effets 
secondaires graves. 

La femme qui sait qu'elle devra subir une intervention 
chirurgicale devrait cesser de prendre la pilule au moins 
un mois avant l'opération pour ne pas augmenter les ris- 
ques de complications circulatoires. 



Page 39 



la pilule et l'injection de 
progestérone 



Une mini-pilule ne contenant que de la progestérone a 
été mise en marché en 1 973 pour tenter d'éviter les effets 
secondaires graves de l'oestrogène. La progestérone en 
injection connue sous le nom de Depo Provera n'est pas 
disponible aux États-Unis mais est largement distribuée 
dans le Tiers-Monde. 

Mode d'action 

A petites doses, la progestérone peut bloquer l'ovulation 
mais son principal effet contraceptif est de modifier le 
mucus du col. L'épaississement du mucus évite que le 
sperme pénètre dans l'utérus. La progestérone ralentit 
également le transport de l'ovule dans la trompe de Fallo- 
pe. 

Efficacité 

Théoriquement, la mini-pilule est légèrement moins effi- 
cace que la pilule oestrogène/progestérone, mais elle est 
encore très efficace. Son efficacité pratique par contre est 
considérablement plus faible. L'oubli d'une mini-pilule 
augmente le risque de grossesse de façon beaucoup plus 
significative que l'oubli d'une pilule de type combiné. Pour 
des raisons inconnues, le taux de grossesse est plus éle- 
vé pendant les 6 premiers mois. 

Si les cycles menstruels de la femme sont réguliers 
alors qu'elle prend la mini-pilule, c'est qu'elle ovule proba- 
blement encore. Elle devrait donc utiliser une autre métho- 
de au milieu de son cycle, le condom par exemple. 

Les injection de Depo Provera ont une action contra- 
ceptive d'environ 3 mois. Leur efficacité est à peu près la 
même que celle de la mini-pilule, mais le retour de la fertili- 
l té est moins prévisible. 

Conséquences sur la fertilité 

Chez plusieurs femmes, la progestérone provoque des 
saignements inter-menstruels et des saignements sem- 
blables à ceux des menstruations, et ce à n'importe quel 
moment du cycle. Les inconvénients de ces saignements 
irréguliers expliquent que de nombreuses femmes ces- 
sent d'utiliser la mini-pilule. D'autres femmes ne sont pas 
menstruées. Malheureusement, la femme ne peut savoir si 
elle saute ses règles à cause du médicament ou parce 
qu'elle est devenue enceinte accidentellement. 

Conséquences sur la sexualité 

Nous ne savons pas si la mini-pilule affecte le désir 
ou les relations sex'ùelles. Lorsque les femmes ou leurs 
partenaires n'aiment pas avoir des relations sexuelles 
pendant les menstruations, ils risquent d'être dérangés 
par ces saignements irréguliers. 

Conséquences sur la santé 

La mini-pilule contient moins d'oestrogène que la pilule 
combinée. Théoriquement, la mini-pilule devrait éliminer 
les effets secondaires de l'oestrogène et diminuer ceux de 
la progestérone. Toutefois, les effets de la progestérone 
peuvent être plus forts avec la mini-pilule parce qu'elle 
n'est pas équilibrée par l'oestrogène. 



Les raisons de ne pas utiliser la pilule combinée s'appli- 
quent également à la mini-pilule mais avec une plus gran- 
de flexibilité. La femme qui présente des facteurs de ris- 
ques pour les maladies liées à la pilule devrait être exami- 
née fréquemment si elle utilise la mini-pilule. 

Si la femme a des saignements inter-menstruels de cau- 
se inconnue, elle devra attendre qu'un diagnostic soit 
posé avant de commencer à utiliser la mini-pilule. Sinon, 
une maladie grave comme le cancer de l'utérus pourrait 
passer inaperçue. 

Des expériences sur le DepoProvera auprès d'animaux 
ont montré que cette progestérone est associée à une 
augmentation des tumeurs aux seins et à l'utérus. Inquiets 
de ses effets possibles sur les femmes, des groupes de 
consommateurs et de consommatrices luttent actuelle- 
ment contre son utilisation dans la contraception en Amé- 
rique du Nord. Le Depo Provera est largement utilisé dans 
les pays du Tiers Monde où les législations sur le contrôle 
des médicaments sont moins restrictives. 



Conséquences sur la fertilité 

Echec de la méthode: les grossesses ectopiques (à 
l'extérieur de l'utérus) sont plus fréquentes chez les fem- 
mes devenues enceintes alors qu'elles utilisaient la mini- 
pilule, probablement à cause du ralentissement du trans- 
port de l'ovule dans la trompe. Une grossesse ectopique 
peut être fatale et il faut procéder à une intervention chi- 
rurgicale pour l'éliminer. 

Le risque de malformation foetale est probablement le 
même qu'avec la pilule de type combiné. 

Arrêt de la méthode: la femme pourrait utiliser une autre 
méthode pendant 3 cycles après avoir arrêté de prendre la 
mini-pilule. Dans la plupart des cas, ses cycles seront 
alors redevenus normaux. La progestérone administrée 
par injections provoque des périodes d'infertilité plus ou 
moins longues après l'arrêt des injections. 



Utilisation 

Lorsqu'une femme décide d'utiliser la mini-pilule, elle 
doit voir un médecin pour obtenir une évaluation et une or- 
donnance et subir un examen complet. On devra accorder 
une attention particulière à son histoire menstruelle et à 
l'examen gynécologique. 

En comptant le premier jour des saignements mens- 
truels comme le jour 1 , prenez le premier comprimé au jour 
5. Chaque emballage contient 28 comprimés identiques. 
Prenez un comprimé par jour, environ au même moment de 
la journée. Lorsque l'emballage est terminé, vous en com- 
mencez un nouveau le lendemain, peu importe qu'il y ait ou 
non des saignements menstruels. 

Si la femme oublie un comprimé, elle devra le prendre 
dès qu'elle y pense et utiliser une deuxième méthode con- 
traceptive le reste du cycle. 

Les saignements inter-menstruels ne sont pas dange- 
reux, mais ils sont incommodants. S'ils deviennent trop 
ennuyeux, envisagez un changement de méthode. Si les 
saignements inter-menstruels se manifestent pour la pre- 
mière fois après plusieurs cycles d'utilisation de la mini- 
pilule, voyez un médecin afin de détecter toute maladie 
éventuelle. 

Si la femme qui utilise la mini-pilule reste plus de 45 
jours sans être menstruée, elle devrait passer un test de 
grossesse. 

Après 3 cycles d'utilisation de la mini-pilule, la femme 
devrait retourner à la clinique afin d'assurer le suivi médi- 
cal nécessaire. S'il n'y a aucun problème, on pourra lui 
donner une ordonnance pour le reste de l'année et elle 
n'aura à revenir que pour son examen médical annuel. 



Page 40 



les méthodes 
post-coïtales 



Les méthodes de contraception pouvant être utilisées 
après la relation sexuelle sont mal connues. Les méthodes 
post-coïtales sont utilisées comme mesures d'urgence 
lorsqu'un condom brise ou pour les victimes de viol. Une 
méthode post-coïtale peut également convenir aux be- 
soins des femmes qui n'ont que rarement des relations hé- 
térosexuelles. 

Les méthodes post-coïtales disponibles sont la pilule du 
lendemain contenant des hormones femelles et l'insertion 
d'un dispositif intra-utérin. Le facteur déterminant est le 
temps écoulé entre la relation non protégée et l'usage 
subséquent de la méthode. Par exemple, la pilule du len- 
demain doit être prise dans les 72 heures qui suivent la re- 
lation. Elle ne pourra faire avorter une grossesse qui date 
d'une relation sexuelle antérieure ni prévenir la grossesse 
plus tard dans le cycle. 

Mode d'action 

Les méthodes post-coïtales agissent de deux façons. 
Elles modifient d'abord la vitesse à laquelle l'ovule voyage 
dans la trompe de Fallope de façon à éviter la fertilisation. 
Elles affectent également l'endomètre de sorte que même 
s'il y a fertilisation, l'implantation est improbable. Si on ad- 
ministre la pilule du lendemain juste avant la montée 
d'oestrogène, l'ovulation peut être prévenue. 

L'oestrogène et la progestérone ont toutes deux été tes- 
tées pour une utilisation contraceptive post-coïtale. Ré- 
cemment, on a commencé à les utiliser ensemble sous la 
forme de la pilule combinée Ovral (deux comprimés immé- 
diatement suivi de deux deux autres 1 2 heures plus tard). 

Les stérilets testés pour servir de méthode post-coïtale 
sont le Cu-7 et le Saf-T-Coil. 

Efficacité 

Lorsqu'elles sont administrées en doses suffisamment 
fortes, toutes les hormones testées sont efficaces dans 
plus de 95% des cas. Toutefois, utilisées plusieurs fois 
dans un cycle, leur efficacité diminue. 

L'insertion d'un stérilet à des fins de contraception post- 
coïtale est également très efficace. De plus, elle assure 
ainsi une contraception continue. 

Conséquences sur le cycle menstruel 

La pilule du lendemain peut avancer ou retarder la date 
des prochaines menstruations. Le cycle suivant devrait 
avoir une durée normale. 

Conséquences sur la sexualité 

La contraception post-coïtale permet à une femme de 
s'engager dans une relation sexuelle imprévue sans ris- 
quer une grossesse. Elle permet également d'éviter que la 
femme soit forcée d'avorter ou de poursuivre une grosses- 
se non désirée suite à un viol. 

Conséquences sur la santé 

Plusieurs sortes de pilules du lendemain peuvent provo- 
quer des nausées légères ou violentes et des vomisse- 
ments répétés. C'est la pilule combinée (oestrogè- 
ne/progestérone) qui cause le moins de nausées. Les étu- 
des sur la contraception post-coïtale indiquent qu'elle n'a 



pas provoqué de maladies graves ou de décès. Les méde- 
cins prudents utilisent souvent les mêmes critères que 
pour la pilule ordinaire (voir page 33) pour identifier les 
femmes chez qui cette méthode pourrait s'avérer dange- 
reuse. La pilule du lendemain contient plus d'hormones 
que la pilule ordinaire de type combiné, mais on ne la 
prend qu'une fois et non de façon continue. Une femme qui 
ne serait pas une bonne candidate pour la pilule pourrait 
tout de même prendre la pilule du lendemain. 

Lorsqu'on insère un stérilet à des fins contraceptives 
post-coïtales, on s'attend à ce qu'il reste dans l'utérus et 
serve de moyen de contraception par la suite (voir page 30 
au sujet des effets secondaires). A cause du risque d'in- 
fection, la femme qui a plusieurs partenaires sexuels ne 
devrait pas recourir au stérilet comme méthode post-coït- 
ale. Le stérilet (dispositif intra-utérin) ne devrait pas servir 
de méthode de contraception pour les victimes de viol à 
qui on doit éviter tout désagrément supplémentaire. 

Conséquences sur la fertilité 

Échec de la méthode: la pilule du lendemain comporte 
un léger risque de malformation foetale. Le diethylstilbes- 
trol (DES) administré un peu plus tard dans la grossesse 
risque de provoquer un cancer rare du vagin chez les filles 
nées de femmes traitées avec ce médicament. La femme 
ne devrait donc prendre la pilule du lendemain que si elle a 
pris la décision d'avorter en cas de grossesse. 

Grossesse désirée: après avoir utilisé la pilule du len- 
demain, la femme devrait attendre d'avoir eu des mens- 
truations normales avant d'essayer de concevoir. Le stéri- 
let devrait être retiré au cours des prochaines menstrua- 
tions. 

Utilisation 

Lorsqu'une femme a des relations sexuelles sans con- 
traception ou découvre que sa méthode est inefficace 
(condom brisé, stérilet expulsé, etc.), elle doit décider soit 
d'utiliser une contraception post-coïtale, soit d'attendre 
ses prochaines menstruations. Il n'est pas nécessaire de 
se précipiter à l'urgence d'un hôpital à 3 heures du matin, 
mais plus tôt le traitement débutera, mieux cela vaudra. 

La femme qui n'a pas eu d'examens médicaux réguliers 
devrait consulter un médecin pour savoir si elle peut utili- 
ser cette méthode en toute sécurité. L'examen plus com- 
plet pourra être reporté à une visite ultérieure. Si la femme 
est connue du médecin ou de la clinique, elle pourra par- 
fois obtenir une ordonnance par téléphone. Une femme qui 
a des relations hétérosexuelles très peu fréquentes pour- 
ra obtenir d'avance une ordonnance et utiliser cette mé- 
thode à sa discrétion. 

La pilule combinée oestrogène/progestérone constitue 
le meilleur choix parmi les pilules du lendemain. Le dosa- 
ge est de 0.1 mg d'éthinyl estradiol et de 1.0 mg de nor- 
gestrel (2 comprimés d'Ovral) absorbés immédiatement, 
puis de nouveau 1 2 heures plus tard. 

La femme devrait utiliser une autre méthode comme le 
condom jusqu'à ce qu'elle ait ses menstruations. 

La femme qui veut recourir à l'insertion post-coïtale d'un 
stérilet devra voir un médecin qui procédera à l'interven- 
tion dans un délai de 48 à 72 heures après la relation non- 
protégée. 

Si la femme n'est pas menstruée dans les 3 semaines 
qui suivent, elle devrait subir un test de grossesse et com- 
mencer les démarches nécessaires à l'obtention d'un 
avortement. Si elle est menstruée, il ne lui restera qu'à fai- 
re les démarches nécessaires pour choisir une méthode 
de contraception qui lui convienne (voir Santé et sexuali- 
té). Si un stérilet a été inséré, elle devra passer un examen 
médical au cours des 6 à 8 semaines qui suivent. 



Page 41 



l'extraction menstruelle 



L'extraction menstruelle est l'évacuation de la paroi uté- 
rine par aspiration, pratiquée au moment prévu pour les 
menstruations ou peu de temps après. 

L'extraction menstruelle a été mise au point par un grou- 
pe de féministes au début des années 70; il s'agissait 
d'une méthode simple que les femmes pouvaient pratiquer 
l'une sur l'autre. L'extraction menstruelle est à la fois une 
méthode de contrôle des naissances et une façon de ré- 
duire à quelques minutes la période menstruelle. 

Le corps médical considère encore l'avortement comme 
un acte à éviter autant que possible. Les femmes contes- 
tent cette attitude en comparant les dangers des métho- 
des de contraception avec la sécurité relative offerte par 
un avortement pratiqué au tout début de la grossesse. Le 
fait d'intervenir dans le processus de reproduction très 
peu de temps après l'implantation ne constitue pas néces- 
sairement un plus grand dilemme moral que les méthodes 
qui interviennent avant l'ovulation ou l'implantation. 

Mode d'action 

L'extraction menstruelle est une aspiration du contenu 
de l'utérus pratiquée au moment prévu pour les menstrua- 
tions ou dans les deux semaines qui suivent, sans confir- 
mation de grossesse. Un tube vide est inséré à travers le 
canal cervical jusque dans l'utérus et la succion aspire les 
couches supérieures de l'endomètre. La femme aura quel- 
ques petits saignements plutôt qu'un flot menstruel nor- 
mal. S'il y a un embryon, il est retiré et la femme n'est plus 
enceinte. 

Efficacité 

Il y a une faible possibilité que l'embryon n'ait pas été 
retiré lors de l'extraction menstruelle. On conseille donc à 
la femme de passer un test de grossesse deux semaines 
plus tard pour s'assurer que la grossesse a bien été inter- 
rompue. 

L'extraction menstruelle ne peut interrompre une gros- 
sesse ectopique; un examen gynécologique ne peut pas 
toujours la diagnostiquer de façon aussi précoce. 

Conséquences sur le cycle menstruel 

Chez la femme qui n'est pas enceinte, l'extraction mens- 
truelle ne modifie pas l'équilibre des hormones qui contrô- 
lent les événements du cycle menstruel; par conséquent, 
la date des prochaines menstruations devrait rester in- 
changée. Si la femme était enceinte, ses prochaines 
menstruations devraient survenir de 3 à 6 semaines plus 
tard. Nous ignorons si des extractions menstruelles répé- 
tées, surtout chez la femme qui n'est pas enceinte, ont des 
répercussions sur le développement cyclique de l'endo- 
mètre. 

Le fait de sauter une menstruation peut avoir d'autres 
causes que la grossesse. L'absence de menstruations 
pendant une période prolongée ou une irrégularité mar- 
quée peuvent être les symptômes de certaines maladies. 
Des extractions menstruelles à répétition risquent d'em- 
pêcher une femme de découvrir un problème médical. 

Conséquences sur la santé 

Le chapitre sur l'avortement traite en détail des compli- 
cations de toute procédure d'aspiration. Toutes ces com- 
plications (perforation, hémorragie, infection et endomma- 
gement du col) peuvent survenir suite à une extraction 



menstruelle, mais elles sont beaucoup moins fréquentes 
et beaucoup moins graves. Nous ne connaissons pas les 
conséquences à long terme des extractions menstruelles 
à répétition. 

On ne devrait donc pas encourager les femmes sexuel- 
lement actives à utiliser l'extraction menstruelle comme 
méthode de contrôle des naissances. C'est une excellente 
méthode pour une femme qui a des coïts très peu fré- 
quents ou chez qui l'on a confirmé une fertilité très faible. 

Conséquences sur la fertilité 

L'extraction menstruelle occasionnelle n'a probable- 
ment aucune conséquence sur la fertilité d'une femme. 
Nous ne savons pas si des extractions répétées causent 
des problèmes de fertilité. 




Judith Crawley 



Utilisation 

Une fois que l'on a rempli un bref dossier notant l'histoi- 
re médicale de la femme, cette dernière se prépare pour 
l'extraction. Elle vide sa vessie, se déshabille et s'installe 
sur la table. On pratique un examen gynécologique pour 
déterminer la grosseur et la position de l'utérus. On insère 
un spéculum dans le vagin pour exposer le col qui est lavé 
avec une solution antiseptique. 

La douleur et les malaises peuvent être soulagés par 
une légère sédation avec un gaz hilarant, des écouteurs 
avec de la musique, une anesthésie locale ou par des 
techniques de relaxation. 

On saisit le col à l'aide d'une pince; la femme peut alors 
ressentir un pincement aigu. Si on utilise une anesthésie 
locale, c'est à ce moment qu'on l'injecte dans le col. Un 
tube de plastique stérile d'environ 6 mm de diamètre est 
inséré dans le canal cervical. Il est parfois nécessaire 
d'utiliser d'abord des dilatateurs pour faciliter le passage 
du tube. L'extrémité du tube est rattachée à une source 
d'aspiration. Le contenu de l'utérus est recueilli dans une 
seringue. La femme ressent habituellement quelques 
crampes. Lorsque la procédure est terminée, on retire les 
instruments. 

Il n'est pas indispensable que la femme réduise ses ac- 
tivités suite à une extraction. Ceci mis à part, les direc- 
tives à suivre après l'intervention sont similaires à celles 
qui suivent un avortement par aspiration. 

Si l'examen des tissus ne permet pas de confirmer qu'un 
embryon a été retiré, on devrait refaire un test de grosses- 
se deux semaines plus tard et surveiller la possibilité 
d'une grossesse ectopique. 

Après l'extraction menstruelle, il n'est probablement pas 
nécessaire de procéder à l'injection d'immunoglobuline 
administrée aux femmes Rh négatif après un avortement. 



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l'avortement 



L'avortement est une interruption de la grossesse. 
L'avortement spontané ou fausse-couche se produit na- 
turellement dans environ 1 5% des grossesses. L'avorte- 
ment provoqué est une interruption volontaire de la gros- 
sesse. Le terme avortement thérapeutique signifie seule- 
ment que l'avortement est sanctionné par la loi. 

Dans toutes les cultures et ce depuis toujours, l'avorte- 
ment provoqué a fait partie de l'histoire des femmes. De 
nos jours, à travers le monde, on compte un avortement 
provoqué pour 3 naissances vivantes. Le statut légal et 
social de l'avortement dépend de plusieurs facteurs, par 
exemple la détermination du moment où débute la vie, les 
opinions sur la densité démographique "idéale" et l'in- 
fluence du corps médical en la matière. 

Aristote estimait que la vie commençait 40 jours après la 
conception pour un foetus mâle et 90 jours après la con- 
ception pour un foetus femelle... St-Thomas d'Aquin 
croyait que le foetus n'avait une âme qu'à partir du mo- 
ment où la mère pouvait le sentir bouger (environ 4-5 mois 
de grossesse). Jusqu'à ce moment, l'avortement était per- 
mis. Ce n'est que vers la fin du XIXième siècle que le pape 
Léon XIII a déclaré que la vie commençait à la conception 
et c'est ainsi qu'on en est venu à définir l'avortement com- 
me un meurtre. De nos jours au Canada, un foetus est con- 
sidéré comme viable s'il pèse plus de 500 gm (2 1/2 li- 
vres) ou si la grossesse dépasse 20 semaines. 

De nombreux facteurs influencent la perception du nom- 
bre idéal d'une population. Les peuples nomades ont tou- 
jours limité efficacement leur population à l'aide de la con- 
traception, de l'avortement et de l'infanticide. Dans les so- 
ciétés basées sur l'agriculture, les enfants constituent un 
apport économique et les grosses familles sont la règle. 
Avec l'industrialisation, la taille de la famille diminue. L'in- 
fanticide et l'abandon des nouveaux-nés étaient pratique 
courante à la fin du XIXème siècle. L'avortement devient 
souvent illégal en période d'expansion politique et en péri- 
ode de guerre. 

Au fur et à mesure que le corps médical usurpait le pou- 
voir des sages-femmes sur tout ce qui touchait la repro- 
duction, les méthodes populaires d'avortement devenaient 
moins accessibles. Mais les méthodes d'avortement du 
corps médical étaient si dangereuses que des lois restric- 




tives sur l'avortement furent créées pour protéger les fem- 
mes contre l'infection et la mort qui les attendaient sou- 
vent lorsqu'elles s'en remettaient aux médecins. De nom- 
breux médecins pensent encore que l'avortement est très 
dangereux, bien que les recherches prouvent hors de tout 
doute la sûreté des techniques modernes. 

Conséquences des lois restrictives sur 
l'avortement 

La maladie et la mort: lorsqu'il leur est impossible d'ob- 
tenir un avortement sûr, les femmes recourent à l'avorte- 
ment pratiqué par des gens incompétents ou encore à 
l'auto-avortement. Certaines survivent à l'expérience et 
n'en gardent que des cicatrices psychologiques; d'autres 
ont moins de "chance": on les retrouve estropiées et ago- 
nisantes devant les portes des hôpitaux du monde entier. 

Quand l'avortement n'est pas accessible, les femmes 
sont forcées d'utiliser les méthodes contraceptives les 
plus efficaces, mais aussi les plus dangereuses. Tant que 
les femmes ne pourront être sûres d'avoir accès à l'avor- 
tement, elles devront prendre des risques inutiles pour 
éviter la grossesse. 

Avec chaque semaine de grossesse supplémentaire, 
l'avortement devient plus dangereux, surtout après 1 2 se- 
maines. Les procédures bureaucratiques inutiles qui re- 
tardent l'avortement forcent également les femmes à pren- 
dre des risques accrus. 

Augmentation de la mortalité infantile et maternelle: 
quand les femmes sont forcées de poursuivre une gros- 
sesse, elles sont exposées aux risques de la grossesse et 
de l'accouchement. Les femmes qui courent les plus 
grands risques sont les très jeunes femmes, les femmes 
malades, celles qui ont de nombreux enfants, celles qui 
ont eu des grossesses antérieures difficiles, et les fem- 
mes pré-ménopausées. Bien que' les médecins s'attri- 
buent le crédit de la diminution de la mortalité maternelle 
et infantile, c'est le déclin du taux de natalité qui en est le 
plus directement responsable. 

L'infertilité: des hystérectomies ont été nécessaires 
pour sauver la vie des femmes qui avaient subi des avorte- 
ments de boucher; dans des cas moins graves, la cicatri- 
sation peut empêcher une future grossesse. 

Les différences de classe: même lorsqu'un pays a une 
loi restrictive en matière d'avortement, il se trouve toujours 
quelques médecins pour pratiquer des avortements 
moyennant de fortes sommes d'argent. Les femmes qui 
ont de l'argent et des "contacts" auront moins de difficulté 
à obtenir un avortement sûr, que ce soit dans leur pays ou 
à l'étranger. D'un pays à l'autre, et même d'une province à 
l'autre, on enregistre de grands écarts dans l'accessibilité 
de l'avortement. Ainsi l'avortement est beaucoup plus ac- 
cessible aux femmes des grandes villes qu'aux autres. En 
1 976, par exemple, plus de 4000 avortements ont été pra- 
tiqués dans un même hôpital montréalais; la même année, 
dans la ville de Québec, il n'y a eu qu'un seul avortement 
pratiqué en milieu hospitalier. 

La maternité et la paternité obligatoires: quand le taux 
de chômage est à la hausse, les garderies rares et dispen- 
dieuses et le coût de la vie élevé, la venue d'un enfant re- 
présente une tension supplémentaire pour n'importe quel- 
le maisonnée. Si les deux parents doivent travailler à 
temps plein, il ne reste que peu de temps aux enfants et 
aux parents pour profiter les uns des autres. Le slogan 
"tout enfant doit être désiré" témoigne d'un respect tant 
du droit des femmes à contrôler leur fertilité que du droit 
des enfants à un bon climat affectif et à un minimum de 
confort. 

Le manque de recherches: lorsqu'on ne pratique que 
peu d'avortements, la recherche ne fait aucun effort pour 
améliorer les techniques d'avortement et bien souvent on 
n'utilise même pas les techniques les plus récentes, les 
plus efficaces et les plus sûres. 



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Le statut de l'avortement au Canada 

En 1969, le code criminel (fédéral) a été amendé 
pour autoriser l'avortement pratiqué à l'hôpital à con- 
dition qu'un comité thérapeutique composé d'au 
moins trois médecins décide que la grossesse met en 
danger la vie ou la santé de la mère. L'amendement 
ne définit pas le terme "santé" et aucun budget n'est 
prévu pour créer les services nécessaires; ceux-ci 
ne furent donc mis sur pied que là où les profession- 
nel-le-s de la santé étaient en faveur de l'avortement. 

En 1973, le docteur Morgentaler, un médecin qui 
pratiquait des avortements dans son bureau privé, a 
été arrêté. Malgré deux acquittements, il fut empri- 
sonné suite à une décision juridique sans précédent 
qui renversait le verdict des jurés et fut finalement ac- 
quitté lors d'un nouveau procès ordonné par la Cour 
Suprême. En 1977, le gouvernement du Québec 
abandonna les accusations qui pesaient encore con- 
tre lui et déclara qu'il ne poursuivrait plus les méde- 
cins qui pratiqueraient des avortements; il finança 
également l'établissement de services d'avortement 
en milieu hospitalier pour remédier à certains problè- 
mes mis en lumière par le rapport Badgley, une étude 
gouvernementale révélant d'énormes disparités ré- 
gionales en matière d'accès aux services d'avorte- 
ment. 

Depuis 1 977, le problème de l'accessibilité persis- 
te; de nouveaux services sont créés mais d'autres 
sont interrompus et, au total, la situation reste très 
problématique. Le fait que plusieurs médecins onta- 



Reproduction et liberté 

Si les restrictions légales touchant l'avortement causent 
autant de souffrance humaine, pourquoi l'accessibilité à 
l'avortement médicalement sûr soulève-t-elle une opposi- 
tion aussi virulente? 

Les groupes "anti-choix" se posent en protecteurs du 
foetus, de défenseurs de la vie, mais ils affichent la plus 
grande indifférence devant la souffrance des femmes qui 
subissent des avortements de bouchers ou devant la con- 
dition des enfants privés du minimum vital, tant matérielle- 
ment qu'émotivement. Cette contradiction s'explique par 
le fondement religieux de leurs positions: le foetus qui 
n'est pas encore né est perçu comme "pur et innocent" 
alors que les êtres humains qui ont vu le jour sont enta- 
chés du péché originel et doivent souffrir pour gagner leur 
salut. 

Les groupes "anti-choix" défendent en fait leur concep- 
tion traditionnelle du monde: l'avortement est associé à 
une permissivité sexuelle à laquelle ils s'opposent farou- 
chement. Ils essaient d'imposer à tout le monde leur vision 
des relations humaines, vision qui s'oppose aux nouveaux 
modèles familiaux, à l'égalité entre les hommes et les fem- 
mes et à la sexualité pré-maritale ou non-reproductrice. 
Leur discours est profondément anti-démocratique et ma- 
nipule les gens en profitant de leur insécurité devant la ra- 
pidité des changements qui agitent notre société. 

Les groupes "anti-choix" prétendent avoir des motiva- 
tions éthiques et pacifistes mais il est bien rare qu'on les 
voie manifester pour le contrôle des armes à feu, l'aboli- 
tion de la peine capitale ou le contrôle de la violence do- 
mestique. En pratique, leurs stratégies sont souvent mal- 
honnêtes et violentes. 

Les groupes "pro-choix" s'inscrivent au contraire dans 
un mouvement plus large en faveur de la liberté sexuelle et 
reproductrice, préconisant entre autres une contraception 
sûre, l'éducation sexuelle, les soins prénatals de qualité, 
le choix d'avoir ou non des enfants, les congés de materni- 
té, les garderies, etc. Les personnes engagées dans ce 
mouvement reconnaissent que la sexualité joue un rôle 



riens qui pratiquent des avortements se soient disso- 
ciés du régime universel d'assurance-maladie rend 
l'avortement encore moins accessible aux femmes de 
cette province. 

Au début des années 80, des professionnel-le-s de 
la santé travaillant dans des cliniques autonomes de 
femmes et dans plusieurs cliniques gouvernementa- 
les (CLSC) ont créé des services d'avortement, dé- 
fiant ainsi la loi qui exige l'approbation d'un comité 
thérapeutique et l'hospitalisation de la femme. Jus- 
qu'ici (1984), ces cliniques n'ont subi aucune repré- 
saille légale. 

En 1983, un militant acharné des groupes anti- 
choix, Joe Borowski, a subi une importante défaite lé- 
gale devant la cour Suprême qui a déclaré que la 
Constitution n'accorde pas au foetus les droits d'une 
personne; il a l'intention d'en appeler de cette déci- 
sion. 

Le docteur Morgentaler se retrouve de nouveau de- 
vant les tribunaux pour avoir ouvert des cliniques 
d'avortement à Toronto et à Winnipeg. Il conteste 
maintenant la constitutionnalité de la loi de l'avorte- 
ment; l'enjeu de ce procès est d'une importance cru- 
ciale puisque l'avenir des services d'avortement en 
dépendra. 

D'ici là, c'est le statu quo: une loi fédérale vague et 
appliquée de façon inconsistente, une accessibilité 
limitée par l'exigence de l'hospitalisation, par les dis- 
parités régionales et provinciales et par la pauvreté. 



trop important dans les relations humaines pour qu'on la 
restreigne aux rares occasions où les gens souhaitent 
procréer et admettent qu'élever des enfants est une res- 
ponsabilité trop fondamentale pour être imposée de force 
à des êtres humains. Elles n'ont pas moins de respect 
pour la conception humaine mais se préoccupent davan- 
tage de la qualité de la vie. 

Les groupes "pro-choix" veulent protéger le droit des in- 
dividu-e-s à vivre librement leurs choix sexuels et repro- 
ductifs. Ils ne souhaitent pas imposer à quiconque l'avor- 
tement; ils veulent seulement faire en sorte que les fem- 
mes qui y recourrent puissent le faire en toute sécurité. 

À mesure que la technologie de la reproduction fait des 
progrès, nous devons faire face à de nouvelles questions 
éthiques. Des enfants conçus en laboratoire ont vu le jour 
et des femmes sont payées pour porter les enfants des au- 
tres. On investit des millions de dollars pour sauver des 
bébés nés prématurément et, d'autre part, on diminue de 
façon draconienne les fonds alloués à la santé des en- 
fants et aux services sociaux destinés à leur assurer un 
certain bien-être. En tant que citoyen-ne-s, nous avons le 
droit et la responsabilité de participer au débat qui entoure 
ces choix dans notre société. 

Les Presses de la santé de Montréal préconisent la dé- 
criminalisation de l'avortement et l'accessibilité universel- 
le aux services d'avortement. Nous vous incitons à ap- 
puyer les groupes pro-choix dans votre collectivité. 

Mode d'action 

Jusqu'à 1 2 semaines, l'aspiration utérine est la métho- 
de d'avortement la plus sûre. L'ouverture du col est dilatée 
graduellement pour permettre le passage dans l'utérus 
d'un tube vide. Ce tube est rattaché à une source de suc- 
cion qui aspire le foetus et le placenta. 

La méthode de dilatation et curetage (D & C) était la 
technique utilisée avant l'invention des techniques d'aspi- 
ration. Malheureusement, plusieurs hôpitaux la pratiquent 
encore. Un instrument aiguisé en forme de cuillère est uti- 
lisé pour gratter et enlever le foetus et le placenta. 



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Le statut de l'avortement 
aux États-Unis 

Après avoir assisté à la libéralisation des lois sur 
l'avortement dans plusieurs états américains, en 
1 973, la Cour Suprême a déclaré que la Constitution 
garantissait à la femme le droit à l'avortement. Les 
lois restrictives de certains états furent déclarées in- 
constitutionnelles et des services d'avortement furent 
mis sur pied en particulier dans les grands centres 
urbains. Cependant, ces acquis perdirent du terrain 
pendant la seconde moitié de la décennie 70. La me- 
nace la plus sérieuse fut une proposition d'amende- 
ment à la Constitution qui aurait assuré au foetus 
tous les droits d'une personne. Les groupes pro- 
choix ont réussi à bloquer cet amendement mais les 
groupes anti-choix continuent leur lutte pour faire 
adopter leur amendement sur les droits foetaux, cette 
fois au niveau de chacun des états. 

En 1 977, l'amendement Hyde a réduit de façon dra- 
conienne l'allocation de fonds fédéraux aux fins 
d'avortement, empêchant ainsi les femmes les plus 
pauvres de profiter d'un accès égal à l'avortement 
sans danger. Les deux tiers des états ont également 
restreint l'utilisation des fonds étatiques consacrés à 
l'avortement. En 1983, les employées du gouverne- 
ment fédéral ainsi que les membres du personnel mi- 
litaire ont perdu la possibilité d'obtenir un rembourse- 
ment de leur régime d'assurance-maladie pour les 
avortements. 

En 1983, la Cour Suprême a réaffirmé sa décision 
de 1973 garantissant le droit à l'avortement, ce qui 
rendait inconstitutionnelles plusieurs lois étatiques 
adoptées pour limiter l'accès à l'avortement et tou- 
chant par exemple l'établissement de délais obliga- 
toires entre la requête et l'obtention d'un avortement, 
l'obligation de remplir des formulaires de consente- 
ment, l'hospitalisation obligatoire, etc. Malheureuse- 
ment, la Cour Suprême a maintenu l'obligation du 
consentement des parents (ou son équivalent juri- 
dique) dans le cas des mineurs. 

Aux États-Unis, le statu quo en matière d'avorte- 
ment signifie que le droit à l'avortement est reconnu 
par la Constitution mais que son accessibilité est li- 
mitée par les disparités régionales, par la pauvreté et 
par l'âge. 



De 1 2 à 1 6 semaines, la méthode de dilatation et d'éva- 
cuation est une forme modifiée des méthodes précéden- 
tes. On utilise des forceps pour retirer les morceaux de 
foetus trop gros pour passer dans le tube. L'avortement 
est complété par une aspiration et/ou un curetage. 

Après 1 6 semaines, diverses hormones ou des produits 
chimiques provoquent le travail et une fausse-couche tar- 
dive. 

Nouvelles techniques: Au Japon, on a mis au point des 
tiges liminaires fabriquées avec des algues marines. On 
les utilise pour dilater très graduellement le col, provo- 
quant ainsi des contractions de l'utérus. Quand l'utérus se 
contracte bien, les complications de l'évacuation sont ré- 
duites. 

Il existe un suppositoire vaginal qui dégage lentement 
une hormone appelée prostaglandine et provoque un avor- 
tement au début de la grossesse. Une fois perfectionné, 
un tel suppositoire pourrait être distribué largement et 
auto-administré. Une méthode d'avortement non chirurgi- 
cale permettrait aux femmes de contrôler elles-mêmes 
leurs avortements; ce vieux rêve deviendrait réalité. 

Efficacité 

Théoriquement, l'aspiration utérine, comme le curetage, 
est efficace à 100%. En pratique, il y a des échecs occa- 



sionnels. Les causes de ces échecs sont: une force d'as- 
piration inadéquate, l'inexpérience du médecin ou une 
conformation anormale de l'utérus. Les échecs sont plus 
fréquents au tout début de la grossesse. Certains centres 
suggèrent que l'on répète le test de grossesse lorsque 
l'avortement est pratiqué avant 8 semaines de gestation. 
Si la grossesse se développe dans la trompe plutôt que 
dans l'utérus, l'aspiration n'interrompra pas la grossesse. 
Il faudra enlever la trompe par une intervention chirurgica- 
le. 

Conséquences sur le cycle menstruel 

L'avortement n'a aucun effet sur le cycle menstruel. 
Après un avortement, les prochaines menstruations au- 
ront lieu 4 à 8 semaines plus tard. Une femme peut ovuler 
et devenir enceinte avant d'avoir ses menstruations. 

Conséquences sur la sexualité 

On recommande de s'abstenir de pénétration vaginale 
pendant une semaine après un avortement précoce et jus- 
qu'à ce qu'il n'y ait plus d'écoulement après une fausse- 
couche tardive. 

Généralement, l'avortement n'a aucune conséquence 
sur le désir ou l'expérience sexuelle, sauf si les circons- 
tances qui l'entourent sont particulièrement déplaisantes. 

Conséquences sur la santé 

Toutes les techniques d'avortement comportent cer- 
tains risques. Les avortements tardifs sont plus risqués 
que les avortements précoces. Aux États-Unis, entre 
1972 et 1974, il y a eu 0.4 décès par 100,000 avorte- 
ments pratiqués à moins de 8 semaines de grossesse, 3.6 
décès par 1 00,000 avortements à 1 1 -1 2 semaines et 1 9.8 
par 100,000 avortements entre 16 et 20 semaines. Par 
comparaison, on estime que l'amygdalectomie comporte 
un risque de 3 décès par 100,000 cas et l'appendicec- 
tomie de 352 décès par 100,000 cas. Le peu de risques 
que présente l'avortement précoce par aspiration prouve 
que les obstacles qui retardent l'avortement sont dange- 
reux pour les femmes. 

Perforation: n'importe lequel des instruments utilisés 
lors d'un avortement par aspiration peut traverser acci- 
dentellement le muscle de l'utérus. Si la femme est éveil- 
lée, elle ressent habituellement une douleur aigùe; le mé- 
decin s'aperçoit de la perforation quand l'instrument s'en- 
fonce trop loin sans résistance. Généralement, on retire 
l'instrument et l'utérus guérit. Dans de rares cas, la perfo- 
ration cause un dommage interne et on doit procéder à 
une chirurgie abdominale. 

Perte de sang: le saignement normal au cours d'une as- 
piration est minime (environ 100 ml); il est légèrement su- 
périeur au cours d'un curetage. Lors des avortements tar- 
difs, la perte de sang se rapproche de celle qui suit un ac- 
couchement. L'hémorragie au cours de l'avortement est 
rare; elle est toutefois plus fréquente pour les avortements 
tardifs que pour les avortements pratiqués au début de la 
grossesse. On devrait administrer à la femme de l'ergotine 
pour faire contracter l'utérus s'il y a un doute quelconque 
sur le tonus des muscles utérins. 

Des saignements excessifs survenant dans les deux se- 
maines qui suivent l'avortement sont généralement cau- 
sés par un retrait incomplet du placenta. Si le saignement 
n'est pas grave, et que la femme n'a aucun symptôme d'in- 
fection, elle sera traitée aux antibiotiques et à l'ergotine. 
Parfois, il faudra refaire un curetage. 

La femme qui a souffert de saignements anormaux suite 
à un avortement devrait passer un test d'anémie. 

Infection: il y a deux causes d'infection: une technique 
de stérilisation inadéquate au cours de l'avortement, et 
plus fréquemment, la rétention de morceaux de placenta 
dans l'utérus. La femme pourra ressentir des frissons, une 



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vague sensation de malaise au niveau de l'abdomen et des 
écoulements nauséabonds. La plupart des infections peu- 
vent être traitées aux antibiotiques; à l'occasion, un cure- 
tage sera nécessaire. L'infection est peu fréquente suite à 
une aspiration, légèrement plus commune après un cure- 
tage et plus fréquente suite à un avortement tardif. Cer- 
tains centres prescrivent automatiquement une dose de 
plusieurs jours d'antibiotiques après l'avortement. 

Endommagement du col: il arrive parfois que la pince 
retenant le col glisse et déchire le col. La déchirure doit 
être suturée et elle guérit généralement sans problème. 

Les médecins ne s'entendent pas quant à savoir si une 
dilatation rapide du col peut affecter sa capacité à retenir 
une grossesse future. Rien ne prouve que les femmes 
ayant su'^i des avortements présentent une plus grande 
incidence de fausses-couches ou d'accouchements pré- 
maturés. Toutefois, plus l'avortement est précoce, plus la 
dilatation est minime et mieux cela vaut. 

Aspects psychologiques: la plupart des femmes sont 
soulagées après un avortement et la réaction psycholo- 
gique de la femme sera largement influencée par les cir- 
constances qui entourent l'avortement ainsi que par l'atti- 
tude de sa famille, de ses proches et du personnel médi- 
cal. 
Rod Clark 




Conséquences sur la fertilité 

Rien n'indique qu'un avortement puisse avoir un effet 
sur la capacité d'une femme à concevoir et à porter une 
autre grossesse (voir plus haut). Les femmes devraient 
toujours mentionner leur(s) avortement(s) lorsqu'elles font 
le bilan de leur histoire obstétrique. 

Lorsqu'une femme accouche, on pratique un test san- 
guin pour déterminer son facteur Rh. Si elle est Rh négatif, 
on lui administre une injection d'immunoglobulines. Ces 
protéines empêchent son système de produire des anti- 
corps contre le sang Rh positif. Autrement, les anticorps 
pourraient endommager le foetus d'une grossesse future. 

Toutes les femmes qui avortent devraient subir un test 
afin de déterminer leur facteur Rh et recevoir une injection 
d'immunoglobulines quand leur facteur Rh est négatif. Il 
se peut que cette procédure ne soit pas nécessaire au tout 
début de la grossesse (avant 8 semaines). Cette mesure 
préventive devrait être à la disposition de toute femme qui 
a encore l'intention d'avoir des enfants. 

Utilisation 

Quand une femme qui a des menstruations régulières en 
saute une, elle doit envisager la possibilité d'une grosses- 
se. Elle doit continuer à utiliser une méthode contracep- 
tive jusqu'à ce que sa grossesse soit confirmée. 



Même si elle hésite devant la décision d'avorter, elle de- 
vrait prendre un rendez-vous. Il est plus facile d'annuler 
un rendez-vous que d'essayer d'en trouver un à la derniè- 
re minute. Elle demande à son médecin de la référer ou en- 
core, elle contacte un groupe de femmes. La plupart des 
groupes féministes font de la référence pour les avorte- 
ments. Il sera parfois nécessaire de contacter un groupe 
d'une autre ville. 

Jusqu'à 1 2 semaines de grossesse, les avortements se 
font généralement à l'hôpital (avortement thérapeutique 
légal) ou dans un bureau privé (avortement illégal). Lors- 
qu'une femme téléphone pour obtenir un rendez-vous, elle 
devrait s'informer de la méthode utilisée, de l'anesthésie, 
du coût de l'avortement et de ce qu'il inclut, ainsi que du 
remboursement par l'assurance-maladie. 

Les avortements tardifs devraient être faits à l'hôpital. 
Toutefois, si la clinique possède un équipement suffisant 
pour parer aux urgences, il est préférable de subir urt 
avortement par évacuation dans une clinique que d'atten- 
dre pour subir une fausse-couche provoquée à l'hôpital. 



Avortement par aspiration 

La femme doit essayer de se détendre et de s'assurer 
une bonne nuit de sommeil. Elle doit prendre un bain ou 
une douche ou tout simplement bien se laver; certaines 
cliniques suggèrent la douche vaginale. Il n'est pas néces- 
saire de se raser les poils du pubis. La femme devrait 
prendre un repas léger si son rendez-vous a lieu tôt dans 
la journée ou un déjeuner ordinaire s'il est fixé plus tard. Si 
possible, elle devrait se faire accompagner et limiter ses 
obligations pour le reste de la journée. 

La femme est accueillie par une infirmière ou une para- 
médicale qui la questionnera sur son histoire médicale 
passée et sur sa grossesse actuelle. On lui fait subir un 
examen physique minimal et parfois des tests de sang et 
d'urine. Si la femme ne connaft pas son groupe sanguin, 
on fera un test pour déterminer son facteur Rh. On lui 
explique la procédure de l'avortement. 

La femme se déshabille et revêt une jaquette. Elle vide 
sa vessie avant de s'étendre sur la table, les pieds dans 
les étriers. Quand la femme est tendue, ses fesses se sou- 
lèvent de la table, ce qui rend le travail du médecin plus 
difficije et risque d'augmenter la douleur abdominale. Gé- 
néralement, une infirmière l'aide à se détendre et lui sug- 
gère de respirer longuement et profondément. 

On procède à un examen gynécologique pour évaluer la 
grosseur de l'utérus et sa position dans le bassin. Méde- 
cin et infirmière peuvent porter des masques, leurs instru- 
ments sont stériles et manipulés seulement avec des 
gants stériles. 

Le spéculum est inséré dans le vagin. Le col et les pa- 
rois vaginales sont lavés à l'aide d'une solution antisep- 
tique qui peut donner une sensation de froid. 

On installe une pince sur le col. La femme sent souvent 
un pincement aigu qui disparaît rapidement. Un anesthé- 
sique local (la xylocaïne) est injecté dans le col et la zone 
nerveuse qui l'entoure. Certaines femmes trouvent que 
l'injection est douloureuse, et d'autres la sentent à peine. 
L'anesthésie agit très rapidement. L'anesthésie locale en- 
lève toute douleur directe causée par les instruments, 
mais n'élimine pas les malaises causés par les contrac- 
tions de l'utérus. 

On introduit un hystéromètre dans le canal cervical aus- 
si loin que possible dans l'utérus. L'hystéromètre mesure 
la longueur de l'utérus et indique la direction du canal cer- 
vical. L'insertion de l'hystéromètre provoque des crampes. 

On dilate le col en insérant plusieurs tiges de plastique 
ou de métal dont chacune est plus grosse d'un mm que la 



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Avortemenî: a. dilatation du col 



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b. l'aspiration met fin à la grossesse 



précédente. La dilatation est souvent le moment le plus 
désagréable de l'avortement, à cause des crampes qu'elle 
provoque. 

La vacurette est un tube creux, en plastique ou en métal, 
percé à son extrémité d'un ou de plusieurs trous; l'âge de 
la grossesse en détermine la taille. La vacurette est intro- 
duite dans l'utérus et on déclenche l'aspiration. On bouge 
la vacurette dans tous les sens, de sorte que le trou de 
l'extrémité atteigne toutes les parties de l'utérus. L'appa- 
reil à aspiration déclenche un bruit qui dure environ une 
minute. 

La sensation donnée par la vacurette dans l'utérus et 
l'aspect des substances qui en sortent indiquent au méde- 
cin le moment où il doit arrêter. Il cesse l'aspiration et reti- 
re la vacurette. 

Dans certains cas, le médecin s'assure que l'utérus est 
bien vide à l'aide d'une curette. La curette est un instru- 
ment en forme de cuillère aux bords aiguisés dont on se 
sert pour gratter les parois internes de l'utérus. 

Quand la procédure est terminée, on retire tous les ins- 
truments du vagin. On donne à la femme une serviette sa- 
nitaire et elle s'étend sur la table où elle peut rester jus- 
qu'à ce qu'elle se sente prête à s'asseoir. Elle change de 
position lentement, pour ne pas s'évanouir. Quand elle se 
sent mieux, elle se rend dans la salle de convalescence. 

La femme peut manger quelque chose de léger. Elle 
prend une aspirine ou un autre analgésique doux si elle 
souffre de crampes. On vérifie sa serviette sanitaire pour 
voir si elle saigne. Lorsqu'elle se sent bien, en général une 
demi-heure plus tard, elle peut retourner chez elle. 

Elle reçoit les directives suivantes: 

Des saignements semblables aux menstruations peu- 
vent continuer pendant une semaine après l'avortement et 
augmenteront vers le troisième jour lorsque les hormo- 
nes de grossesse diminuent. Si des saignements impor- 
tants persistent plus d'une semaine, s'ils deviennent très 
abondants ou s'ils accompagnent de fortes douleurs ou de 
fièvre, téléphonez à la clinique. 

Il est normal que les crampes durent plusieurs jours. Un 
coussin chauffant ou un analgésique léger suffiront géné- 
ralement à vous soulager. 

Pour éviter l'infection, ne mettez rien dans votre vagin 
pendant une semaine après l'avortement ou jusqu'à ce 
que les saignements cessent. Cela vaut pour les tampons, 
les doigts, le pénis ou les douches vaginales. 



Prenez votre température 2 fois par jour pendant 2 jours 
ou plus longtemps si les crampes augmentent ou si vous 
vous sentez fiévreuse. Si votre température dépasse 38°C 
deux fois de suite, téléphonez à la clinique. 

Les prochaines menstruations surviennent générale- 
ment de 3 à 6 semaines après l'avortement. Vous pouvez 
commencer à prendre la pilule 5 jours après l'avortement. 
Le stérilet peut être inséré immédiatement après l'avorte- 
ment ou lors des prochaines menstruations. Le condom, la 
mousse ou le diaphragme peuvent être utilisés au bout 
d'une semaine. Les méthodes biologiques seront moins 
fiables jusqu'aux prochaines menstruations. On pourra 
procéder à une ligature des trompes n'importe quand 
après l'avortement. 

La femme devrait prendre un rendez-vous pour subir un 
examen de 2 à 4 semaines après l'avortement. 



Dilatation et évacuation 

Cette méthode ressemble aux méthodes d'avortement 
pratiquées plus tôt dans la grossesse, mais la procédure 
est plus longue et les risques de complications plus 
grands. L'avortement devrait donc se faire à l'hôpital ou 
dans une clinique disposant d'installations d'urgence. 

La préparation à l'avortement par évacuation est similai- 
re à celle de l'avortement par aspiration. La femme devrait 
être à jeun parce qu'il est possible qu'on utilise des médi- 
caments provoquant parfois des vomissements. 

Une sédation modérée, un anesthésique local ou une lé- 
gère anesthésie générale seront utilisées pendant l'avor- 
tement. On relie un appareil à perfusion (goutte-à-goutte) 
à la veine d'un bras. On introduit de l'ocytocine, une hor- 
mone qui provoque des contractions utérines, dans le li- 
quide intra-veineux. 

Le col est dilaté à environ 1 2 mm. On utilise des forceps 
pour enlever le foetus puis on se sert d'un aspirateur ou 
d'une curette pour s'assurer que l'utérus est vide. 

La convalescence est légèrement plus longue. La fem- 
me doit être gardée sous observation pendant plusieurs 
heures, ou toute la nuit s'il y a un problème quelconque. 
Certains médecins prescrivent des antibiotiques pendant 
et après l'avortement. 

Les directives suivant l'avortement sont les mêmes que 
pour l'avortement précoce. Comme le risque de complica- 
tions est plus grand, la femme devrait être particulière- 



Page 47 



ment attentive à tout symptôme de complications. Elle a 
besoin de repos, et il serait préférable qu'elle ne reste pas 
seule. 



la stérilisation 



Fausses-couches provoquées 

De nombreuses substances déclenchent le travail lors- 
qu'elles sont injectées dans l'utérus. Les solutions à forte 
teneur en sel et l'hormone prostaglandine sont les plus 
couramment utilisées. La prostaglandine provoque égale- 
ment le début du travail lorsqu'elle est administrée par in- 
traveineuse ou en suppositoire vaginal. Ces procédures 
ne devraient être pratiquées qu'à l'hôpital. 

On administre un anesthésique local par injection cuta- 
née dans le bas du ventre de la femme. Une longue aiguille 
est introduite à travers les rjiuscles abdominaux jusque 
dans l'utérus. Une partie du liquide amiotique est retirée à 
l'aide d'une seringue et remplacée par une solution saline 
ou hormonale. 

En général, la femme avortera dans les 12 heures qui 
suivent. Souvent, de l'oxcytocine est administrée par voie 
intra-veineuse pour stimuler les contractions. Celles-ci ne 
commencent à être douloureuses qu'environ 2 heures 
avant l'expulsion du foetus. On donnera à la femme des 
sédatifs et des analgésiques au besoin. 

Lorsque le col est suffisamment dilaté, le foetus est 
expulsé de l'utérus. Dans de très rares cas, il est encore 
vivant. La loi oblige alors le personnel de l'hôpital à le trai- 
ter comme un bébé prématuré. 

La convalescence qui suit ce type d'avortement est 
semblable à la convalescence d'un accouchement com- 
pliqué. Généralement, la femme reste sous surveillance à 
l'hôpital au moins jusqu'au lendemain, et plus longtemps 
en cas de complications. On lui prescrit souvent des anti- 
biotiques et de l'ergotine. 

Les seins de la femme peuvent être sensibles et produi- 
re du lait. Un soutien-gorge adéquat, de la glace et des 
analgésiques doux constituent généralement un traite- 
ment adéquat. 

Les écoulements vaginaux se transformeront graduelle- 
ment d'écoulements sanguins à des écoulements roses 
puis blancs. S'ils redeviennent sanguinolents, s'ils sont 
nauséabonds ou s'ils s'accompagnent de fièvre, la femme 
devrait être soignée. 

Les prochaines menstruations commencent environ 6 à 
8 semaines après l'avortement. Il est possible de devenir 
enceinte avant les prochaines menstruations. La femme 
devrait s'abstenir de pénétration vaginale jusqu'à ce que 
les écoulements cessent d'être sanguinolents. Elle peut 
commencer à prendre la pilule 14 jours après l'avorte- 
ment, mais devrait attendre ses prochaines menstruations 
pour faire insérer un stérilet. L'ajustement de son dia- 
phragme devrait être vérifié avant qu'elle recommence à 
s'en servir. 

Si les saignements ont été très abondants pendant 
l'avortement, elle devrait passer un test sanguin pour 
l'anémie. 

Elle devrait prendre rendez-vous pour un examen de re- 
lance dans les 6 semaines qui suivent. 

Comme il ressemble plus à un accouchement, l'avorte- 
ment tardif peut être une expérience stressante. On peut 
s'attendre à ce qu'une certaine dépression s'en suive. 

Coût 

Au Québec, le médecin reçoit $65 de la Régie d'assu- 
rance maladie pour pratiquer un avortement. Les coûts de 
l'hospitalisation sont également défrayés par l'assurance- 
maladie. Les médecins qui travaillent dans des cliniques 
privées reçoivent également le $65 de la Régie de l'assu- 
rance-maladie, mais dans la plupart des cas, ils exigent 
quand même que la cliente paie les "frais de fonctionne- 
ment de la clinique" variant entre $150 et $350. 



La contraception irréversible s'appelle stérilisation. 
Pour les hommes, la méthode de stérilisation est la vasec- 
tomie , sectionnement ou blocage du canal déférent. Pour 
les femmes, c'est la ligature des trompes, sectionnement 
ou blocage des trompes de Fallope. 

Une grande partie de l'expérience en matière de stérili- 
sation nous vient du Tiers-Monde où la stérilisation est 
mise de l'avant comme solution à la pauvreté et à la fami- 
ne. On rejette sur les grosses familles la responsabilité du 
délabrement des conditions sociales créées par des gou- 
vernements dictatoriaux et des industries voraces. Les 
fonds tant privés que publics qui subventionnent des pro- 
grammes massifs de stérilisation sont plus souvent qu'au- 
trement d'origine occidentale. En 1978, l'Agence cana- 
dienne pour le développement international (ACDI) a al- 
loué $25 millions pour des services de stérilisation dans le 
Tiers-Monde. 

L'Inde est un exemple classique illustrant ce genre de 
politiques. Au début des années 70, on a pratiqué plus de 
200,000 vasectomies en 2 mois! En 1976, l'Inde a failli 
passer des lois exigeant la stérilisation forcée des couples 
ayant déjà 3 enfants. Des manifestants qui s'objectaient 
aux politiques de stérilisation (chantage, quotas de vasec- 
tomies par villages, etc.) ont été fusillés par des militaires. 

Dans d'autres parties du monde, les femmes ont du mal 
à avoir accès à la stérilisation. De nombreux pays, particu- 
lièrement en Amérique latine, ont des lois restrictives en 
matière de stérilisation, qui exigent que les femmes aient 
plus de 40 ans et de nombreux enfants. 

En Amérique du Nord, on a refusé des services d'avorte- 
ment à des assistées sociales qui ne voulaient pas être 
stérilisées. D'autre part, on a refusé la stérilisation à des 
femmes qui la demandaient et particulièrement à des céli- 
bataires sans enfants. 

La décision de mettre fin à son potentiel de reproduction 
est une décision personnelle. Tout ce qui empêche une 
prise de décision entièrement libre est un empiétement 
sur les droits fondamentaux de la personne. Le fait de re- 
fuser le droit à une stérilisation sûre pour des raisons poli- 
tiques ou religieuses est tout aussi inacceptable. 




Page 48 



La stérilisation masculine: la vasectomie 

Mode d'action 

Lors de la vasectomie, on sectionne le canal déférent 
qui transporte normalement le sperme à partir des testicu- 
les. La production des spermatozoïdes continue mais ils 
ne circulent plus dans le canal déférent pour se mêler au 
liquide séminal. S'il n'y a plus de spermatozoïdes dans la 
semence, la partenaire de l'homme ne peut devenir en- 
ceinte. 

Efficacité 

La vasectomie n'est pas efficace immédiatement. Il faut 
attendre plusieurs mois (ou environ 1 5 éjaculations) avant 
que toute présence de spermatozoïdes disparaisse du 
système de circulation du sperme. L'homme doit faire exa- 
miner son sperme 8 semaines après l'intervention pour y 
déceler la présence de spermatozoïdes. Lui ou sa parte- 
naire continueront à utiliser une méthode de contrôle des 
naissances jusqu'à ce que 2 tests aient prouvé qu'il n'y a 
plus de spermatozoïdes dans la semence. 

La vasectomie n'est pas efficace à 100%. Il arrive que 
les extrémités sectionnées se rejoignent et que des sper- 
matozoïdes passent de nouveau dans le sperme. Des 
chercheurs utilisent de nouvelles techniques pour bloquer 
le canal et rendre la vasectomie réversible. Ces tech- 
niques expérimentales peuvent avoir des taux d'échecs 
plus élevés que les méthodes traditionnelles. 

Conséquences sur la sexualité 

La vasectomie n'a pas de conséquences directes sur la 
sexualité de l'homme. Les spermatozoïdes ne constituent 
que 10% du liquide séminal; quand l'homme éjacule, ses 
sensations et la quantité de son sperme ne sont pas modi- 
fiées de façon sensible. Les taux d'hormones restent les 
mêmes après la vasectomie. 

Conséquences sur la santé 

Immédiatement après la chirurgie, l'homme doit s'atten- 
dre à une certaine enflure, parfois désagréable, du scro- 
tum. Il est possible qu'apparaissent des saignements et de 
l'infection. Les symptômes d'infection sont l'enflure et une 
sensation de malaise, pouvant s'accompagner de fièvre. 
Ces problèmes seront soignés efficacement par un traite- 
ment par drainage et/ou par antibiotiques. 

A l'heure actuelle, on connaît peu de conséquences à 
long terme. La production des spermatozoïdes continue; 
les spermatozoïdes sont décomposés et réabsorbés; on a 
beaucoup parlé de la formation d'anticorps contre les 
spermatozoïdes. L'organisme produit des anticorps pour 
se défendre contre la maladie et, moins souvent, contre 
ses propres tissus. Jusqu'ici, il semble que ce problème 
ne soit pas dangereux; toutefois, ces anticorps peuvent 
affecter la qualité des spermatozoïdes, diminuant ainsi les 
possibilités de réversibilité d'une vasectomie. 

Conséquences sur la fertilité future 

Si l'homme féconde une femme parce qu'il n'a pas atten- 
du assez longtemps après la vasectomie ou parce que les 
extrémités du canal déférent se sont rejointes, le bébé 
n'en sera pas affecté. 

Si un homme vasectomisé désire devenir père, il peut 
subir une intervention chirurgicale où l'on va essayer de 
réunir les extrémités du canal. Le taux de réversibilité va- 
rie selon les chirurgiens. Il n'est pas sûr que l'homme pro- 
duira encore suffisamment de spermatozoïdes de bonne 
qualité pour redevenir fertile. 




Utilisation 

Les vasectomies sont pratiquées dans des bureaux pri- 
vés, dans des cliniques et dans des cliniques externes 
d'hôpitaux. Choisissez un médecin qui a déjà pratiqué de 
nombreuses vasectomies. 

Prenez 2 jours de congé à votre travail. Demandez à 
quelqu'un de venir avec vous pour vous ramener à la mai- 
son. Le médecin devrait normalement vous donner des di- 
rectives au sujet du lavage et de la coupe ou du rasage 
des poils du pubis pour l'intervention. 

Lors de l'opération, l'homme est couché sur le dos. On 
lave ses organes génitaux avec une solution antiseptique 
et des draps stériles recouvrent ses cuisses et son abdo- 
men, n'exposant que ses organes génitaux. 

Le médecin injecte un anesthésique local dans les pa- 
rois du scrotum, au-dessus du canal, sur un côté. L'hom- 
me pourra sentir la piqûre, mais l'anesthésique fait effet 
presque immédiatement. Le médecin pratique une incision 
sur le scrotum, pour mettre le canal à nu. Il coupe le canal 
dont les extrémités sont attachées, agrafées, brûlées ou 
bouchées. Des points fondants ferment l'incision. On re- 
commence l'opération de l'autre côté. 

L'homme reste couché sur la table quelques instants. Il 
peut retourner chez lui dès qu'il se sent prêt. On devrait lui 
donner les directives post-opératoires suivantes: 

Attendez-vous à un certain inconfort dû à l'enflure et au 
bleuissement du scrotum. Utilisez un sac de glace et de 
l'aspirine les deux premiers jours. Portez un support athlé- 
tique aussi longtemps que nécessaire. Ne prenez ni bain, 
ni douche, pendant les 2 jours qui suivent l'intervention. 
Après 48 heures, des bains tièdes plusieurs fois par jour 
vous soulageront. Vous pourrez reprendre votre activité 
sexuelle après 2 ou 3 jours ou lorsque vous en aurez en- 
vie. Évitez de faire des exercices violents ou de soulever 
des choses lourdes pendant au moins une semaine. Soyez 
attentifs aux symptômes d'infection ou de saignements: 
augmentation de l'enflure, douleur accrue, fièvre, frissons. 
Si vous êtes inquiet, téléphonez à votre médecin. Conti- 
nuez à utiliser un moyen contraceptif jusqu'à ce que vous 
ayez passé 2 tests négatifs de numération des spermato- 
zoïdes. 

Lors du rendez-vous de vérification, une semaine plus 
tard, le médecin examine le scrotum pour s'assurer que la 
guérison est en bonne voie. Un rendez-vous sera fixé 8 se- 
maines après l'intervention pour faire la numération des 
spermatozoïdes. L'homme éjacule dans un contenant pro- 
pre. Son sperme est examiné au microscope pour y détec- 
ter la présence éventuelle de spermatozoïdes. Après 2 
examens négatifs et consécutifs, l'homme peut se fier à la 
vasectomie comme moyen permanent de contraception. 



Coût 

Au Québec, le médecin reçoit $55 pour pratiquer une 
vasectomie. Généralement, tous les frais sont remboursés 
par la Régie d'assurance-maladie. 



Stérilisation féminine 

Mode d'action 

Toutes les méthodes de stérilisation féminine sont ba- 
sées sur le même principe: si les trompes de Fallope sont 
bouchées, les spermatozoïdes ne peuvent atteindre l'ovu- 
le et le féconder. 

Le sectionnement et la ligature des trompes sont le prin- 
cipe de base de la stérilisation féminine; avec les tech- 
niques modernes, les trompes peuvent également être 
brûlées, agrafées ou amputées. Les différents types de 
stérilisation féminine varient par la façon d'atteindre les 
trompes: mini-laparotomie — incision de moins de 3 cm 
dans la paroi abdominale; laparoscopie — introduction 
d'un instrument ressemblant à un télescope par une très 
petite incision dans l'abdomen; colpotomie — par une inci- 
sion dans la paroi inférieure du vagin et hystéroscopie — 
introduction d'un instrument ressemblant à un télescope 
dans l'utérus en passant par le col. 

L'hystérectomie, ablation de l'utérus, rend également la 
femme stérile, mais il s'agit d'une intervention chirurgicale 
majeure qui nécessite une longue convalescence. Sauf s'il 
y a des raisons médicales graves pour enlever l'utérus, la 
stérilisation devrait être effectuée par d'autres moyens. 

De nombreuses stérilisations sont pratiquées pendant 
l'accouchement par césarienne ou dans les quelques 
jours qui suivent l'accouchement par le vagin. Certains gy- 
nécologues proposent une première fois la stérilisation à 
la femme pendant qu'elle est en travail; ce n'est pas le mo- 
ment de prendre une décision définitive et cette pratique 
est inacceptable. Sauf si la femme avait pris d'avance sa 
décision, nous lui conseillons d'attendre plusieurs mois 
après l'accouchement. 




Efficacité 

La femme doit continuer à utiliser sa méthode contra- 
ceptive jusqu'au moment de l'intervention chirurgicale. On 
devrait pratiquer un test de grossesse pour s'assurer que 
la femme n'est pas enceinte au moment de l'intervention 
chirurgicale. Certains médecins font un curetage au mo- 
ment de la stérilisation; si la femme utilisait un moyen con- 
traceptif, cette pratique est inutile et peut augmenter les 
risques de complications. 

La stérilisation féminine est immédiatement efficace. 
Lorsque la femme reprend son activité sexuelle, elle peut 
se fier à sa stérilisation comme méthode contraceptive 
permanente. 

La stérilisation n'est pas efficace à 100%. Les extrémi- 
tés coupées des trompes de Fallope peuvent se rejoindre 
et permettre la fécondation, et la femme ne s'en apercevra 
que si elle tombe enceinte. La femme stérilisée qui saute 
plus d'une menstruation devrait passer un test de gros- 
sesse. 

Conséquences sur la santé 

Chaque méthode de stérilisation comporte certains ris- 
ques de complications. L'expérience du chirurgien qui 
pratique cette méthode influence le taux de complications. 

La stérilisation est généralement pratiquée sous anes- 
thésie générale, qui comporte elle-même un léger risque 
de mortalité, surtout pour les femmes atteintes de mala- 
dies cardiaques ou pulmonaires. 

Certaines complications sont communes à toutes les 
méthodes et d'autres sont directement reliées à une mé- 
thode en particulier. Les blessures aux organes autres 
que les trompes de Fallope sont plus fréquentes avec la 
méthode de laparoscopie; il est parfois nécessaire de pra- 
tiquer une intervention chirurgicale à l'abdomen pour ré- 
parer les dommages. Le gaz utilisé pour la laparoscopie 
peut causer certains malaises après l'opération. 

Le risque d'infection est élevé lorsque la stérilisation est 
pratiquée par le vagin. 

Les saignements peuvent causer des problèmes lors de 
toute opération. 

L'infection de la vessie peut toujours survenir suite à 
toute intervention où l'on introduit un cathéter (sonde) 
dans la vessie. 

Toutes les complications précédentes surviennent pen- 
dant l'intervention ou peu de temps après. Quant à savoir 
si la stérilisation cause ou non des problèmes de santé à 
long terme, c'est plus difficile à déterminer. Le corps médi- 
cal est si satisfait de la diminution des complications chi- 
rurgicales de la stérilisation, qu'il semble peu soucieux 
d'enquêter du côté des complications éventuelles. Notons 
également que certains médecins pratiquent la stérilisa- 
tion dans leur bureau privé. La femme devrait s'informer 
très sérieusement avant de consentir à cette pratique qui 
comporte des risques accrus et exige une grande compé- 
tence de la part du médecin. 

Conséquences sur la fertilité 

Si une femme devient enceinte suite à un échec de la li- 
gature des trompes, le bébé n'en sera pas affecté. 

De nombreux médecins essaieront de réunir les extré- 
mités des trompes de Fallope pour que les femmes qui le 
désirent puissent retrouver leur fertilité après la stérilisa- 
tion. Le taux de réussite est faible. 

Utilisation 

Lorsqu'une femme désire une stérilisation, elle devrait 
subir un examen complet pour déterminer comment elle 
réagira à l'anesthésie générale et pour identifier les fac- 
teurs pouvant influencer le choix de la méthode qui lui 
conviendra le mieux. La femme qui a déjà subi une chirur- 
gie abdominale, ou qui a eu des problèmes gynécolo- 




Judith Crawley 



giques ayant pu causer une cicatrisation dans le bassin, 
n'est pas une bonne candidate pour la stérilisation par la- 
paroscopie ou par le vagin. 

Si la femme a une forte préférence pour une méthode en 
particulier, elle devrait trouver un médecin qui a l'expé- 
rience de cette méthode. Si elle préfère s'en remettre à un 
médecin en particulier, elle devrait alors lui laisser choisir 
la méthode. Le degré d'expérience du médecin dans la 
pratique d'une méthode est un facteur important pour di- 
minuer les effets secondaires. 

La femme devrait prévoir une période de quelques jours 
à une semaine de congé et trouver quelqu'un qui l'aide 
pour l'entretien de la maison. 

Avant l'intervention, on enverra la femme passer des 
tests: rayon-X des poumons, cardiogramme et tests san- 
guins. Bien que de nombreux centres gardent la femme 
pour la nuit, d'autres font des stérilisations par laparosco- 
pie en clinique externe. La femme devrait savoir d'avance 
comment procédera son hôpital. Si elle doit se présenter 
chez le médecin le matin même de l'intervention, elle de- 
vrait avoir reçu des directives au sujet des préparatifs pré- 
opératoires. 

Avant l'intervention chirurgicale, on lui donnera proba- 
blement un sédatif pour l'aider à se détendre. En salle 
d'opération, l'anesthésiste l'endormira généralement par 
une injection dans la solution de perfusion. Ensuite, il in- 
troduira un tube dans sa gorge et le rattachera à une ma- 
chine qui contrôlera sa respiration et la gardera endormie. 

Toutes les méthodes de stérilisation utilisent une tech- 
nique stérile. Lors d'une mini-laparotomie, on pratique 
une incision de moins de 3 cm dans l'abdomen. Une tige 
placée dans l'utérus à partir du vagin permet le mouve- 
ment de l'utérus de façon à ce que les trompes soient ra- 
menées face à l'incision. Chacune des trompes est cou- 
pée, attachée, brûlée ou agrafée. L'incision est refermée 
par des points de suture. 

Lors d'une laparoscopie, une petite incision est prati- 
quée juste au-dessous du nombril. Un tube est inséré 
dans l'abdomen et du dioxyde de carbone ou un gaz équi- 
valent est propulsé dans l'abdomen. Le gaz gonfle l'abdo- 
men et améliore la visibilité. On retire le tube que l'on rem- 
place par un instrument semblable à un télescope appelé 
laparoscope. Les instruments chirurgicaux peuvent être 
passés avec le laparoscope ou par une autre incision. 
Chaque trompe est amenée à la vue et brûlée, coupée ou 
agrafée. On retire les instruments et on laisse le gaz 
s'échapper. Les petites incisions exigent quelques points 
de suture. 



Pour la colpotomie, on installe la femme sur la table, les 
pieds dans les étriers et un gros spéculum dans le vagin. 
On pratique une incision au fond de son vagin, puis 
chaque trompe est amenée à vue, coupée et attachée. 
L'incision est refermée à l'aide de points fondants. 

Lors d'une hystéroscopie, on introduit dans l'utérus, par 
le canal cervical, un instrument semblable à un télescope. 
Lorsqu'on a localisé l'ouverture de la trompe, on la bloque 
par une des nombreuses méthodes possibles. L'hystéros- 
copie en est encore au stade expérimental; à date, son 
taux d'échec est élevé. 

La femme se réveille dans la salle de convalescence. Il 
se peut qu'elle souffre d'un mal à la gorge dû à l'insertion 
du tube respiratoire. Elle peut ressentir certaines douleurs 
abdominales. Si elle a subi une laparoscopie, elle peut 
avoir une douleur à l'épaule à cause du gaz. 

Les directives post-opératoires varient selon la métho- 
de. Reposez-vous à la maison au moins 2 ou 3 jours. La 
durée de la convalescence suite à une anesthésie généra- 
le varie selon les femmes. Évitez les gros travaux pendant 
au moins une semaine. Vous pourrez reprendre vos activi- 
tés sexuelles une semaine plus tard, ou lorsque vous en 
aurez envie. Suite à une stérilisation par le vagin, il faudra 
vous abstenir un peu plus longtemps de pénétration. Vous 
pouvez prendre des douches ou des bains si vous le dési- 
rez. Utilisez un analgésique léger comme l'aspirine pour 
soulager vos maux de ventre. Les points de suture dispa- 
raîtront d'eux-mêmes. Téléphonez à votre médecin si la 
douleur augmente, si vous avez de la fièvre, si votre inci- 
sion saigne, si vous perdez connaissance ou si vous avez 
mal lorsque vous urinez. Sinon, vous reviendrez à la cli- 
nique un mois plus tard pour un examen de vérification. 

Coût 

Au Québec, les gynécologues reçoivent $98 pour prati- 
quer une ligature des trompes. 




Judith Crawley 



mise a jour 



Cette nouvelle chronique fera désormais partie de tou- 
tes les publications des Presses de la santé de Montréal. 
Vous y trouverez toutes les nouvelles informations perti- 
nentes jusqu'à la prochaine révision de fond de chacun de 
nos textes. 

Dans cette édition du contrôle des naissances, nous 
profitons de cette chronique pour vous signaler quelques 
questions importantes touchant la santé et la reproduction 
et pour vous offrir une liste partielle des organisations qui 
oeuvrent dans ces domaines. 

Diethyl stilbestrol (DES): Forme d'oestrogène prescrite 
massivement pendant les années '50 et '60 aux femmes 
enceintes afin d'éviter les fausses-couches. Ce médica- 
ment a été associé à une forme rare de cancer du vagin 
chez les filles de ces femmes, ainsi qu'à d'autres problè- 
mes, entre autres la stérilité, tant chez leurs garçons que 
chez leurs filles. 
DES Action Qanada 
Suce. Snowdon C.P. 233 
Montréal H3V 3T4 

Grossesse et Accouchement: Plusieurs groupes de fem- 
mes travaillent à l'amélioration des conditions entourant la 
grossesse et surtout l'accouchement. 

Naissance/Renaissance 

C.P. 249, Suce. E 

Montréal, Que. 

H2T 3A7 

(514) 845-3368 

Contrôle des naissances et avortement: Au Québec, plu- 
sieurs CLSC jouent un rôle important dans la promotion de 
la contraception et l'accessibilité des avortements. De 
plus, vous pouvez consulter des associations provinciales 
et fédérales telles que: 

La Fédération du Québec pour le 

planning des naissances 

3826 rue St-Hubert 

Montréal, Que. 

H2L4A5 

(514) 842-9501 

L'Association canadienne pour 

le droit à l'avortement 

C.P. 935, Suce. Q 

Toronto, Ontario 

M4T 2P1 

(416) 961-1507 



Centres de santé des femmes: Cliniques autonomes 
créées par et pour des femmes, et offrant toute une gam- 
me de services cliniques et préventifs. 



Centres de santé des femmes 



de la Mauricie 
41 1 rue de la Violette 
Trois-Rivières, G9A 1V1 
(819) 378-1661 

de la Naudière 
568 St-Viateur 
Juliette, J6E 3B6 
(514) 753-5171 

de l'Outaouais 
44 rue Jeanne D'Arc 
Hull, J8Y 2H2 
(819) 778-2055 



du Quartier 
16 boul. St-Joseph E. 
Montréal, H2T 1G8 
(514) 842-8903 

de Québec 

155 boul. Charest est, 
Québec, G1K 3G6 
(418) 647-5745 

de Sherbrooke 
254 rue Bail, #2 
Sherbrooke, 
(819) 514-7885 



autres publications 

les maladies transmissibles 
sexuellement 

"Une information 
claire qui amène la 
démystification des 
M.T.S. 

... une lecture acces- 
sible,- des illustra- 
tions pertinentes et 
"parlantes". 
Un beau document!" 

Reine Lemyre 

Clinique des Jeunes 

C L.S.C. SOC, Sherbrooke 



... il est très bien do- 
cumenté et précis,- un 
outil important dans 
notre travail auprès 
des jeunes. 

Michèle Perdnault 

Clinique des Jeunes Adultes de 

Verdun 




tes Presses de fa saote 



l'assaut sexuel 




Série d'affiches #1 
L'anatomie de l'homme 
et de la femme 

Anatomie de la femme 

Anatomie de l'homme 

Prédiction des périodes de 

fertilité 

Examen gynécologique bi-manuel 

Examen au spéculum 



"...permettez nous de 
vous féliciter pour 
l'excellence de votre 
nouvelle publication inti- 
tulée Le manuel de 
l'agression sexuelle. Cet 
ouvrage contribuera gran- 
dement à nos objectifs de 
"rééducation publique." 

Râpe Cnsis Cenlei ol Edmonlon 
Edmonlon, Alberla, Canada 

"Encore un succès! Votre 
nouvelle publication est 
bien écrite et bien docu- 
mentée... Merci pour la 
dédicace, et pour le 
temps et l'énergie que 
vous consacrez à produire 
des guides aussi corn 
plets..." 

Bill Band Cenlei. Boslon, 
Massacliussells. Etals Unis 



Série d'affiches #2 
Les méthodes de 
contrôle des naissance 

Condom/mousse 

Diaphragme 

Pilule/DIU 

Avortement 

Vasectomie/ligature des 

trompes 



Matériel visuel idéal sur l'anatomie, la sexualité, le contrôle des 
naissances et la reproduction. Chaque série comprend 5 affiches 
(16"x24") imprimées à l'encre brune sur papier blanc. Esthétiques 
et non sexistes, elles sont également d'une grande précision scienti 
fique. Chaque série est offerte au coût de $15, frais d'expédition et 
de manipulation compris. 

Faites connaître nos publications à votre médecin, aux profes 
sionnel-les de la santé, aux groupes d'auto santé, etc. Nos ressour 
ces pourraient s'avérer utiles dans votre milieu. 



Lectures complémentaires 

Notre corps, nous-mêmes. Le Collectif de Boston 
pour la santé des femmes, éd. Albin Michel, Paris, 
1977. 

Essai sur la santé des femmes, M DeKoninck, F. 

Saillant, L. Dunnigan, Conseil du Statut de la Fem- 
me, Québec 1981 . 

Manuel-guide en planification des naissances, M. 

Guay et collaborateurs, Ministère des Affaires So- 
ciales, Québec 1 982. 

Mon corps, ma santé, le guide gynécologique de la 
femme avertie, F. Stewart, F. Guest, G. Stewart, R. 
Hatcher, Éditions Médicales Beaudry Inc., 1981. 



Dossier Hormones, de la contraception à la méno- 
pause, B. & G. Seaman, Éditions de l'Impatient, 
1982. 

A New View of a woman's body, Fédération of Fe- 
minist Women's Health Centers, Simon & Schuster, 
1981. 

Nouvelles, Bulletin de la Fédération pour le plan- 
ning des naissances du Canada. 

Healthsharing, Magazine féministe trimestriel pu- 
blié en Ontario. 

Population Reports, George Washington University 
Médical Center (disponible en français). 

A 



toi 

L'histoire des Presses de la santé de Mo^éal 

te 



«4- 



En 1968, alors qu'au Canada il 
était encore illégal de véhiculer de 
l'information sur le contrôle des 
naissances, un groupe d'étu- 
diant-e-s montréalais-e-s publiait 
le Birth Control Handbook, dont 
l'adaptation québécoise fut ensui- 
te intitulée Le petit manuel de la 
contraception. Quelques années 
plus tard, cliniques, centres com- 
munautaires, hôpitaux, groupes de 
femmes, collèges et universités en 
diffusaient environ 1,000,000 
exemplaires par année dans tou> 
le Canada et les États-Unis. 

Issues de ce groupe, les Pres- 
ses de la santé furent fondées offi- 
ciellement en 1972. Nous avons 
rapidement élargi le champ de nos 
intérêts en collaborant avec divers 
mouvements sociaux (garderies; 
lutte pour lavortement et contre le 
vioi; santé, etc.), et en ajoutant a la 
liste de nos publications le VD 
Handbook / Les maladies trans- 
•missibles sexuellement ainsi que 
deux séries d'affiches: Anatomie 
de l'homme et de la femme et Les 
méthodes de contrôle des nais- 
sances. 

En 1 980, nous avons révisé et 
réédité Le contrôle des naissan- 
ces et publié L'assaut sexuel. 

L'année 1983 marque à la fois 
notre 15ième anniversaire d'exis- 
tence et la publication de A book 
about sexually transmitted disea- 
ses. Les années ont passé mais 
notre objectif reste toujours le 
même: distribuer une information 
précise et récente sur la santé et 
la sexualité humaine. 



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MOMTR A 







Lynn Gariépy